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Garde : « Ce sera difficile de tenir ce rythme »

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Invaincu en 2014, l’OL est revenu à la 5e place de L1 après son succès contre Evian (3-0). Encore engagés dans quatre compétitions, les Lyonnais se préparent à une belle fin de saison mais ce calendrier chargé inquiète un peu leur entraîneur Rémi Garde.

Rémi, l'OL est invaincu depuis le début de l'année et reste sur six succès consécutifs, toutes compétitions confondues. Comment expliquez-vous cette métamorphose ?

Le changement de système a été un élément important mais je pense qu’on a beaucoup souffert en début de saison pour plusieurs raisons. Il n’y avait pas sérénité dans le club, ni dans l’équipe, et il a fallu beaucoup travailler dans les têtes des joueurs pour retrouver de la confiance, de la cohésion. Après, la manière dont on fait jouer l’équipe est aussi importante. Aujourd’hui, les joueurs se retrouvent dans l’animation proposée.

Sans ce mauvais début de saison, Lyon serait plus près des premières places...

Oui, mais au-delà du début de saison, on a tardé à être récompensés de nos bons matches. On n’a plus perdu depuis cette défaite 4-0 à Paris (le 1er décembre) mais, depuis, on a quand même laissé échapper des points à domicile contre Toulouse (1-1) ou Marseille (2-2), et même à Lorient (2-2), où on se fait égaliser à la dernière minute. On peut regretter ces points-là mais, en début de saison, on n’avait pas le niveau de jeu qui est le nôtre maintenant.

Croyez-vous encore à la troisième place ?

Chaque chose en son temps. Il reste 16 journées de Ligue 1 et ce sera difficile jusqu’au bout. On essaie d’y aller étape par étape. Bien sûr qu’on est ambitieux mais on est aussi réaliste. On a un mois de février très chargé avec huit matches. On sait que ce sera difficile de tenir ce rythme. Mais on est aussi conscient qu’on a trouvé un équilibre et une forme de confiance. A nous de tout faire pour la maintenir le plus longtemps possible. En début de saison, il y a eu des absents, des suspendus et les joueurs qui étaient sur le terrain n’étaient peut-être pas tous au même niveau physique et mental. Là, on est dans une période où plusieurs joueurs ne sont pas loin de leur meilleur niveau, et chacun en même temps. Forcément, ça tire le collectif vers le haut.

Quels sont vos rapports avec Yoann Gourcuff, qui a déclaré le 20 décembre qu'il n'avait pas toujours senti la confiance du club ?

On est dans un milieu professionnel et je n’ai pas de commentaire à faire sur des déclarations publiques qui peuvent être faites. C’est la vie d’un groupe. Je retiens plutôt le mérite du joueur, comme d’autres personnes, d’avoir su renverser cette situation. Je ne suis pas sûr que j’étais le seul visé par ses propos. Tout le monde a agi en bonne intelligence pour trouver les solutions dans l’intérêt de l’équipe. Il faut parfois dépasser ses egos pour œuvrer à la réussite collective.

Vous avez également dû recadrer certains jeunes, comme Benzia ou Bahlouli...

Bien sûr que c’est du travail mais je me méfie de l’ampleur que prennent certaines décisions. Ça ne mérite pas une telle médiatisation. On ne peut pas dire que les jeunes avaient tous les défauts du monde et qu’ils n’en ont plus aujourd’hui, ce serait trop simpliste. En début de saison, j’ai dû faire appel à eux massivement sur des matches à fort enjeu. C’était sans doute trop leur en demander.

« Mon avenir n'est pas réglé »

Vous êtes en fin de contrat à la fin de la saison. Votre avenir est-il réglé ?

Non, il n’est pas réglé. Pour l’instant, je suis concentré uniquement sur la compétition, avec le championnat, la Coupe de France, la Coupe de la Ligue et la Ligue Europa. Ça fait déjà beaucoup de sujets à s’occuper. On verra. Ce n’est pas le moment de parler de ça.

Avez-vous l'assurance que Clément Grenier, qui fait l'objet d'une offensive de Newcastle, va bien rester à Lyon jusqu'à la fin de la saison ?

Je n’en ai pas parlé avec mon président mais je pense que le cas de Clément sera le même que celui de Max (Maxime Gonalons, retenu à l’OL malgré une offre de 17 M€ formulée par Naples, ndlr).

En parlant de Gonalons, avez-vous mis votre démission dans la balance pour qu'il reste cet hiver ?

Non, absolument pas. J’ai donné mon avis d’entraineur, avec les possibilités d’avenir pour l’équipe, avec ou sans Maxime. Et le président a définitivement tranché parce que c’est évidemment lui qui a toujours le dernier mot.

Un autre de vos éléments en forme est Alexandre Lacazette, qui a inscrit un doublé contre Evian. Peut-il prétendre à la Coupe du monde ?

S’il continue comme ça, oui. C’est un garçon en pleine forme, qui a fait beaucoup de progrès et est très à l’écoute. Il a longtemps accepté, sans broncher, d’évoluer à un poste sur le côté qui n’était pas le sien mais qui lui a permis de développer des capacités de répétition des efforts. Aujourd’hui, il en récolte les fruits.

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Luis Attaque