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Gignac : « Je paye le prix de mon transfert, de mon salaire… »

André-Pierre Gignac

André-Pierre Gignac - -

Rare face aux micros, André-Pierre Gignac était en conférence de presse ce vendredi. De bon humeur et détendu, il a répondu à toutes les questions des journalistes avec lesquels il entretient pourtant des rapports parfois tendus.

André-Pierre Gignac, vous avez été élu prix citron, un prix qui « récompense » le joueur marseillais qui joue le moins le jeu des médias. Votre réaction ?

J’ai préparé de la citronnade pour vous les journalistes (éclat de rires général). Je l’ai reçu avec beaucoup de fierté. J’aimerais bien l’avoir tous les ans. Je ne parle pas beaucoup. Il faut se faire rare (rires). Quand je vois l’avant et l’après-trêve internationale (les matches contre la Biélorussie et la Géorgie en septembre)… Vous m’avez un peu touché. J’étais le gars qui devait être en équipe de France et qui potentiellement devait jouer à la place de Karim Benzema et deux semaines après, après le match contre Arsenal, j’étais presque un moins que rien. C’est toujours difficile à accepter mais vous faites votre boulot. Je paye le prix de mon transfert, de mon salaire… C’est comme ça dans tous les clubs. Je n’ai pas à me plaindre.

Quel bilan tirez-vous de cette première partie de saison ?

J’ai marqué sept buts en championnat, un but récemment en Coupe de la Ligue. J’ai été blessé trois semaines. On sait qu’il faut autant de temps pour revenir. En plus, c’était au pied droit qui est important pour moi. J’ai eu un passage difficile durant lequel je n’ai pas beaucoup joué. C’est une demi-saison encourageante. J’ai envie d’être décisif dimanche (contre Bordeaux) pour que mon club retrouve sa 4e place.

On a entendu beaucoup de choses au sujet de vos rapports avec Elie Baup...

Oui, tout et n’importe quoi. Le meilleur exemple, c’est après mon but contre Ajaccio (il avait mis une claque sur le bonnet de son coach, ndlr). Ça a été mal interprété mais ceux qui me connaissent savent que c’était un geste affectif. L’an passé, je lui ai mis pas mal de petites claques et « d’enlevages de bonnet » (sic). Quand Morgan Amalfitano m’a fait une passe décisive la saison passée, je lui ai mis une gifle. Thauvin a marqué le 3e but à Ajaccio et je lui ai mis une tarte, Mendy aussi contre Toulouse…. C’est affectueux. C’est ma nature, c’est pas méchant. Elie Baup a eu des choix à faire pendant un moment où je n’étais certainement pas au top. Mais quand il faisait appel à moi, je n’ai pas lâché. Même quand je jouais sept ou huit minutes. Malheureusement, quand le président (Vincent Labrune) prend une décision (celle de limoger Elie Baup), on n’a pas à la commenter. Ça a été un peu brutal mais c’est sa décision.

Vous sentez-vous bien dans cette équipe ?

Bien sûr ! J’ai eu le temps de m’adapter en quatre saisons (rires). J’essaie d’apporter mon expérience. On a beaucoup de jeunes de talent. Mais le talent ne remplace pas l’expérience. « Ben » (Benjamin Mendy) a vécu un match compliqué à Lyon (2-2). J’ai dit ce que j’avais à lui dire. Il a fait un bon match contre Toulouse. Il a été le meilleur. J’ai fait la même chose mais dans l’autre sens, je l’ai encensé mais en lui disant qu’il doit garder les pieds sur terre car ça va très vite.

José Anigo va peut-être rester en poste jusqu'à la fin de la saison. Votre avis ?

C’est une bonne chose. Trois entraîneurs dans une saison, ça ne serait pas la meilleure chose pour nous. Le changement et les chamboulements, ce n’est pas le top.

Votre rôle a-t-il changé avec José Anigo ?

Mon rôle n’a pas changé. Il me demande d’être un petit peu plus « taulier ». J’essaye de m’efforcer de l’être. Si je veux être écouté, il faut que je sois bon sur le terrain et que je sois irréprochable dans le vestiaire avec les jeunes et mes autres coéquipiers. C’est vrai que je prends ce rôle très à cœur. Ça fait pas mal de temps que je suis ici, j’ai 28 ans. J’ai pas mal d’expérience en championnat de France, au haut niveau. Je me dois de les guider, de les aider.

Vous touchez plus de ballons ces derniers temps...

Ce système de jeu qu’on a mis en place face à Toulouse me convient bien, parce que je suis formé à l’école (Christian) Gourcuff. Depuis mes 17 ans, le 4-4-2, je le connais par cœur, que ce soit en losange ou à plat. Ça me permet de me balader un peu plus sur le front de l’attaque. Et qu’on arrête de me casser les pieds avec cet axe, parce que ça commence à me casser les pieds sérieusement ! Je suis un attaquant axial. Mes qualités, c’est de faire les appels sur les côtés, de rentrer sur mon pied droit. Si vous regardez bien, la plupart de mes buts, je les marque dans l’axe. Parfois, je trouve ce débat un peu embêtant. Mais c’est comme ça.

Votre contrat se termine en juin 2015. Y a-t-il des discussions en cours ?

On en discutera avec le président (Vincent Labrune). Je l’ai vu cet été. J’ai réaffirmé mon amour pour l’OM et ma fierté de continuer ici. Donc on verra au mois de juin pour décider d’un avenir à l’OM ou d’un départ. Ça ne m’embête pas plus que ça d’être à un an et demi de la fin de mon contrat, en vérité.

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Propos recueillis par Florent Germain à Marseille