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Gignac : «Le titre, j’y pense mais je ne vais pas le crier sur tous les toits… »

André-Pierre Gignac

André-Pierre Gignac - DR

Alors que le leader marseillais se déplace à Monaco ce dimanche (21h00), André-Pierre Gignac est revenu lors du point presse sur le bon début de saison de son équipe, sur sa bonne période. L’international français a été clair sur le duel avec le PSG.

André-Pierre, comment appréhendez-vous le déplacement à Monaco ce dimanche ?

Ça va être un match compliqué à Monaco. Ils ont quelques absents, mais ça ne change rien ! C'est une belle équipe. Il faut qu'on réussisse à affirmer notre rôle de leader. Ça nous a manqué face à Lyon et Paris. Nous avons mené le championnat depuis le tout début. Il faut assumer cette position. Ça va être difficile mais on se bat.

Craignez-vous un coup de moins bien physique, dans votre duel avec le PSG ?

Eux, leur objectif, c’est le championnat plus la Ligue des champions. Leur défaite face au Barça ne va pas leur mettre un coup au moral, je ne pense pas. Mais ils pourraient avoir un coût physique avec la C1, comme on pourrait l’avoir, Lyon et Monaco aussi. Il y en a toujours un dans une saison. Nous, sur un match, on court entre 10 et 20 km de plus que notre adversaire. On ne peut pas rester sur un niveau physique qui est très haut tout le temps. Mais il va falloir gagner les matches malgré cela, ce sera très important.

Si Paris va loin en Ligue des champions et se fatigue, cela vous arrangerait-il ?

Ils ont souvent de la chance au tirage (rires). S’ils vont jusqu’en en demi-finales et se fatiguent, ça me convient. Ils peuvent gagner mais je ne le dirai jamais. Je suis marseillais. À jamais les premiers !

Avez-vous l’impression d’avoir pris une autre dimension dans l’équipe ?

La crédibilité, je la gagne en étant bon, en marquant des buts. J’ai un peu plus d’expérience que les jeunes, qui ont dû s’adapter. Mais ce statut-là, je l’ai parce que je suis à l’aise sur le terrain. Si tu es nul, tu ne peux pas tirer les autres vers le haut. Il faut que je continue à être un exemple pour eux. C’est un rôle que j’aime. 

Comment expliquez-vous vos progrès de la tête, est-ce la marque de Bielsa ?

On va dire que je suis un lèche botte ! Mais sur ce point-là, je pense que le mérite lui revient. On ne va pas s’en cacher. Quand on travaille deux trois fois par semaines le jeu de tête défensif et offensif, ça joue. On travaille avec des mannequins, il faut sauter par-dessus, mettre un coup de tête dedans. On travaille aussi le placement. Gianelli (Imbula), Ben (Mendy), eux aussi ont progressé. Quand on les voit aussi bon dans le jeu aérien, on ne peut que s’en féliciter, et on ne peut que le (Bielsa) féliciter.

Que pensez-vous du bon début de saison de Dimitri Payet ?

C’est un régal, il fait jouer l’équipe, à droite, à gauche, transversale, passe au sol. Il a toute la panoplie du numéro 10 moderne, qui sait marquer, sait passer. Je le veux comme ça toute la saison. Ça me faciliterait les choses et aux autres aussi.

On vous a vu particulièrement frustré après votre prestation face à Lorient (1-1) ?

J’ai trop bien habitué les gens. Ça arrive d’avoir des matches sans, mais les occasions, je me les suis procurées. Ça ne m’inquiète pas si je vais les chercher. Ça m’inquièterait si je ne m’en étais pas procuré. Je m’en suis voulu trois quatre jours après. Je pense qu’il y en a une ou deux que je dois mettre au fond. C’est à moi de finir les actions, je pense que les stats sont plus importantes que les prestations pour un attaquant.

Est-ce que votre duel avec Alexandre Lacazette (13 buts, contre 12 pour Gignac) en tête du classement des buteurs est l’une de vos préoccupations ?

Le grand (Ibrahimovic), il va revenir (rires) ! Je n’ai pas trop espoir sur la fin de saison. Ce n’est pas un objectif d’être meilleur buteur, l’important c’est que mes buts rapportent des points à mon équipe. Dès qu’il va revenir, ce sera mort. Après, bien sûr que c’est motivant.

Pensez-vous que le fait d'être en fin de contrat peut perturber votre fin de saison ?

Je ne pense pas. J’ai eu des périodes plus compliquées ici. Le plus important c’est que je sois dans mon objectif à la fin de saison. Le mien et celui du club, surtout celui du club. Je ne pense pas que ça me perturbe, j’en suis même certain. Sauf si... (Silence. Il pense à une éventuelle blessure et touche du bois, NDLR). Mais bon, j'en ai eu pendant cinq ans, j'en ai marre de ça, j'espère que j'en n'aurai plus! 

Pensez-vous au titre, un mot que votre entraîneur semble avoir du mal à prononcer ?

Je ne vais pas prononcer le mot, alors... (Long silence). Soyons prudent, ne nous enflammons pas. Mais après la demi-saison qu’on vient de faire, il faut qu’on parte sur les mêmes bases sur la seconde partie. Il reste deux matches compliqués. On fera le bilan à la trêve. On verra le nombre de points qu’il faut pour être tout en haut. J’y pense forcément, mais je ne vais pas le crier sur tous les toits. On a un concurrent féroce. Je veux juste qu’on prenne le même nombre de points en seconde partie de saison, que lors de la première, ou plus. 

Gignac refuse de parler de son avenir

Avant-même le début de point-presse, « APG » a évacué les questions sur son avenir : « Si vous pouvez arrêter de m’embêter sur des questions sur mon avenir. C’est une conférence d’avant-match. Faisons l’avant-match ! ».

la rédaction avec F.G.