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Gourcuff : « Ça pourrait avoir de la gueule »

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Actuellement 3e du championnat, Lorient s’est relevé après une saison dernière compliquée (17e). Christian Gourcuff, l’entraîneur des Merlus, détaille les raisons de ce succès avant d’affronter Nice au Moustoir (20h) pour la 6e journée de Ligue 1.

Christian, comment s’est relevé Lorient après une saison difficile ?

On est reparti avec un groupe beaucoup plus concerné, c’est évident. Il fallait déjà retrouver nos joueurs-cadres blessés la saison dernière et être très vigilants dans la préparation par rapport à ça. Et ensuite, dans le recrutement, tenter d’apporter une plus-value au collectif. Je pense que dans ces domaines-là, on est en passe de réussir parce que notre recrutement s’avère judicieux.

Sans parler du retour de certains blessés, notamment face à Nice…

Le retour de blessés comme Julien Quercia va donner un plus par rapport à l’année dernière. On va avoir un groupe compétitif même si nous avons à déplorer la blessure de Bruno Ecuele-Manga, qui va beaucoup nous manquer sur la phase aller. Il me semble que nous avons un groupe consistant pour faire quelque chose d’intéressant.

Quelles sont les spécificités du club lorientais ?

C’est un club qui a une identité parce qu’il s’appuie sur une histoire et des valeurs ancrées en termes de jeu, de relations humaines. Ce sont des spécificités, des options et des idées qui existent depuis très longtemps et qui se sont renforcées grâce à leur stabilité mais aussi celle des hommes qui les prônent. C’est un club qui a très peu bougé au niveau du staff, ce qui permet également d’ancrer ces convictions.

Et d’avoir des ambitions ?

A Lorient, on ne se prend pas pour ce que l’on n’est pas et on reste humbles, ce qui ne nous empêche pas d’avoir des ambitions. On a des perspectives intéressantes avec le centre d’entraînement, qui nous permettra de franchir un palier en termes d’infrastructures. La population de Lorient se reconnaît très bien dans ce club-là qui a su garder des valeurs qui ne sont plus vraiment communes dans le foot professionnel actuellement.

Votre club est-il une anomalie dans le football moderne ?

Certainement, oui. C’est un fonctionnement atypique avec des valeurs peu courantes. Mais après, c’est comme cela que le club existe, a su surmonter les épreuves, a su exister au fil des ans et des décennies. Evidemment, tourner le dos à ses valeurs serait signer l’arrêt de mort de ce club. J’ai un petit peu l’image du FC Nantes parce qu’on a quand même une sensibilité très proche de ce qu’était ce club il y a quelques décennies.

« Il faut savoir gérer le succès »

Avez-vous l’impression d’être un privilégié, aujourd’hui ?

Complètement, je ne fais peut-être pas tout à fait le même métier que beaucoup de mes collègues donc je suis privilégié dans mon travail. C’est aussi la récompense de l’obstination et de pas mal d’années de travail derrière. Ce n’est pas quelque chose qui est tombé du ciel mais actuellement, je suis dans une situation de privilégié dans un monde où les techniciens sont de passage et ont un rôle très éphémère dans leur club.

Que pouvez-vous envisager cette saison ?

J’ai beaucoup d’espoir même si tout va dépendre maintenant de la motivation de chacun et son implication dans le collectif. La capacité à gérer le succès est aussi une donnée importante du haut niveau et de la compétition, et il va falloir rester collectif dans ces moments-là. Dans le monde actuel, c’est difficile parce qu’il y a beaucoup d’individualisme de tous les côtés. Ce sont des sollicitations où l’aspect individuel prend le dessus. Je pense que la grosse inconnue est celle-là. Sinon, je crois que l’on a un groupe qui peut surprendre à condition de ne pas avoir trop de pépins. Ce groupe-là, renforcé par Bruno Ecuele-Manga, qui reviendra après la trêve, ça pourrait avoir de la gueule.

Propos recueillis par Pierre-Yves Leroux