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Grenoble, les nerfs à vif

Les partenaires de l'attaquant serbe sont en danger.

Les partenaires de l'attaquant serbe sont en danger. - -

C’est une équipe de Grenoble au bord du gouffre qui se rend ce soir à Lorient pour les seizièmes de finale de la Coupe de la Ligue (20h45). Lanterne rouge en championnat, l’équipe iséroise qui a touché le fond face à Rennes (0-4) a crevé l’abcès.

Grenoble, dimanche matin. Pour la première fois dans l’histoire du club, le décrassage se déroule à huis clos, au Stade des Alpes. Les Grenoblois ne se contentent pas d’un traditionnel footing. Ils ont aussi des choses à se dire. L’atmosphère est très tendue. Quelques heures après un match cauchemardesque face à Rennes (0-4), plusieurs stadiers sont présents afin d’éviter de nouveaux dérapages.
Le bilan sportif est catastrophique : six matches, six défaites. Le club est également sous la menace de graves sanctions après les incidents de samedi soir impliquant de pseudo supporters. Des jets de fumigènes et une bombe agricole avaient contraints l’arbitre à interrompre la rencontre à deux reprises. Hier, le GF38 a déposé plainte contre les fauteurs de troubles.

Les dirigeants se sont ensuite occupés des joueurs ! Juste avant le décrassage, Pierre Wantiez, le directeur général délégué, et Mécha Bazdarevic, l’entraîneur, haussent le ton. Face au club breton, l’entraîneur isérois a eu « honte ». « On est mauvais, on est la risée du football français », souffle Wantiez. L’état d’esprit de certains joueurs est en cause. Sans citer de noms, le directeur général évoque « le comportement de petits merdeux. » Sorti à la 37e minute, le jeune prodige Sofiane Feghouli est visé. « C’est un enfant du club, l’étendard de notre centre de formation. Le talent gâché est encore plus irritant », soupire le dirigeant grenoblois.

Wantiez : « Soit on pleure, soit on se bagarre »

Quelques joueurs prennent la parole. Parmi eux, le capitaine, Laurent Batlles. L’ancien Toulousain verra aussi certains de ses équipiers en tête à tête. « J’avais des choses à dire, explique-t-il. Tout cela restera à l’intérieur du groupe. Tout le monde a exprimé ce qu’il ressentait. Mais on peut discuter pendant des heures, l’essentiel, ce sont les résultats. Il faut enrayer la spirale de la défaite. Aujourd’hui, on ne veut pas pratiquer un beau football, on veut des points. Faire des réunions tous les jours ne sert à rien... »

Les Grenoblois se sont fixé un objectif, obtenir quinze points avant la trêve, « même si ce ne sera pas facile », lâche Batlles. « La discussion a été positive, poursuit Danijel Ljuboja, qui a lui aussi parlé devant le groupe. La situation ne peut pas être pire. On va se battre. » Dans la difficulté, les Isérois veulent y croire : « Soit on pleure, soit on se bagarre, tranche Wantiez. On va se bagarrer. » Le combat commence dès ce soir au Moustoir, en 16e de finale de la Coupe de la Ligue.

La rédaction