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Janot : « Je suis vert de cœur »

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A la veille de recevoir Nice lors de la 15e journée de Ligue 1, Jérémie Janot souligne la détermination de toute l’équipe pour sauver le club, actuellement 18e du classement.

18e et premier relégable, l’AS Saint-Etienne reste sur une série de six défaites, dont trois à Geoffroy-Guichard.

Jérémie Janot, la réception de l’OGC Nice samedi (19h) est-elle déjà un tournant décisif dans la saison ?
C’est un match extrêmement important car on a besoin de prendre des points. Mais demain, il ne faudra pas calculer ! On est en retard sur notre prévisionnel, et on a de nombreux absents. On va donc tout faire pour jouer un match de coupe face à une équipe en pleine bourre actuellement et un entraîneur qui nous connaît bien (Frédéric Antonetti a entraîné Saint-Etienne entre 2001 et 2004, ndlr). Ça va être difficile, mais on va relever le challenge.

Frédéric Antonetti ne vous fera pas de cadeau. Vous le savez…
Quand on est dans une période noire comme on l’est en ce moment, s’il y a une équipe à éviter c’est bien Nice. Malheureusement, on tombe sur eux demain. C’est une équipe difficile à battre, et toujours très difficile à jouer. Ils ont un entraîneur qui a un sens tactique capable de poser des problèmes à n’importe quelle équipe. Ça sera vraiment compliqué, mais ce qui est sûr c’est que ce sera compliqué jusqu’à la fin de la saison. Alors demain, on en aura un aperçu et à nous de relever la tête.

Personnellement, entre la fin de la saison dernière et cette saison, vous êtes passé du statut de gardien titulaire à celui de n°2 ? Cela n’a pas dû être facile à admettre…
Dans la vie, on a toujours ce qu’on mérite, même si là c’est intervenu sur une blessure (lors de la 22e journée, ndlr). L’équipe tournait, il y avait une dynamique… Pas de problème, je le méritais sûrement. Je regrette juste que l’on ne m’ait pas redonné ma chance. Ça ne s’y prêtait peut-être pas… Je n’en veux à personne. Moi, je continue à travailler. Quand les autres joueurs sont de repos, je multiplie les séances. Je n’ai rien lâché, et aujourd’hui c’est ça dont je suis le plus fier. Mais on s’en fout de tout ça ! Au-delà des petits détails personnels, le plus important est de sauver les Verts. Je suis dans cette optique là aujourd’hui. J’ai un projet à long terme avec le club, en encadrant le staff technique plus tard, alors j’aimerais que ce soit au plus haut niveau possible.

Comment expliquer dans ce cas votre "pétage de plombs" ? (plus d’infos ici) Considériez-vous être victime d’une injustice ?
Oui, je n’ai rien à cacher. Après neuf mois de frustration et de travail, je ne voyais toujours pas le bout du tunnel. Je considérais que j’avais fait une bonne prestation à Marseille qui, au-delà des trois buts encaissés (défaite 3 à 1), aurait pu me permettre de me voir un peu plus et de me juger sur la durée… Et quand j’ai appris à 18h que je ne jouais pas le match de Coupe d’Europe (contre Rosenborg), à Geoffroy-Guichard en plus, cela a fait sauter la soupape. C’est la première fois que ça m’arrive, mais je ne pouvais pas me contrôler. C’était plus fort que moi. Je m’en suis excusé plus tard avec Roland (Romeyer, co-président de Saint-Etienne), et j’en ai aussi discuté avec le coach de l’époque. Beaucoup m’ont donné raison sur le fond, mais pas sur la forme. Et je suis d’accord avec eux.

Le coach de l’époque ? Vous refusez-vous à citer le nom de Laurent Roussey ?
Non, simplement je n’aime pas tirer sur l’ambulance. On s’est expliqué et il sait très bien ce que j’en pense. Le passé, c’est le passé. Je n’ai aucune rancœur contre personne. J’essaye d’avancer dans la vie, alors si on regarde tout le temps derrière soi, on ne peut pas se concentrer sur le présent et l’avenir.

Aujourd’hui, les pro et les contre Laurent Roussey sont-ils tous mobilisés autour du nouvel entraîneur Alain Perrin ?
Il y a une remise en question totale. Tous les compteurs ont été remis à zéro et tout le monde se sent concerné. En début de semaine, chacun sait qu’il a une chance de jouer le week-end. Il n’y a aucun passe-droit et chacun n’est jugé que sur ses propres performances.

Sachez en tout cas que tous les supporters stéphanois qui appellent Larqué Foot demandent votre retour. Vous rendez-vous compte de la responsabilité que vous avez ?
J’évole à un poste qui a déjà beaucoup de responsabilités. On fait ce métier pour avoir ce genre de sensations, et je suis prêt à assumer. Je suis vert de cœur, j’ai le sang vert. Si pour jouer, il faut assumer de lourdes responsabilités. Je le ferai. Je ne me suis jamais caché. Quand je n’ai pas été bon, j’étais le premier à le dire. Mais j’ai confiance, et je ferai tout pour l’insuffler à mes partenaires.

18e et relégable avec la pression du résultat, une équipe décimée, et un nouvel entraîneur… Vous sentez-vous prêt à relever le défi de maintenir les Verts en Ligue 1 ?
Oui. D’abord, il faut bien dire qu’on a un effectif de qualité quand on est au complet. Et puis il ne suffit pas de pleurer sur notre sort, il faut réagir en tant qu’homme. De plus, on a un public à reconquérir, des gens qui se saignent pour nous, alors à nous de nous saigner pour eux ! Il faut absolument renverser la tendance. On aura beau pleurer, la seule chose qui compte est de maintenir les Verts en Ligue 1. C’est ce que le coach et nous autres « anciens » essayons de faire comprendre à tout le monde. Et le groupe est réceptif, tout le monde travaille bien, et je suis sûr que les supporters seront derrière nous demain, car pour nous tous, il y a qu’une seule chose qui compte : c’est Saint-Etienne !

La rédaction - Larqué Foot