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Jouer sous infiltration, ça cache quoi ?

Les infiltrations sont autorisées, mais pas sans risques.

Les infiltrations sont autorisées, mais pas sans risques. - AFP

Comme de nombreux autres sportifs à travers la planète, Zlatan Ibrahimovic joue parfois sous infiltration. Une pratique dont ne raffole par le staff médical de la sélection suédoise, qui s’efforce de soigner sa star actuellement touchée au talon. Mais pourquoi tant de réticences ? Quels sont les risques ? Eléments de réponse.

« Si vous saviez le nombre de joueurs qui jouent sous infiltration… » Quatre jours après la sortie de Laurent Blanc en conférence de presse sur les infiltrations que subissent les footballeurs et notamment ceux du PSG en cas de douleurs persistantes, et en particulier Zlatan Ibrahimovic quand la situation l’exige, Leif Swärd, médecin de la sélection suédoise, a déclaré de son côté qu’il était hors de question que sa vedette, qui souffre actuellement d’une douleur à un talon (talalgie), soit infiltrée en vue du match Suède-Russie, qualificatif jeudi pour l’Euro 2016.

Pourquoi le staff médical d’une équipe valide les infiltrations, et pas un autre ? Les sports ont-ils la « piquouse » facile ? Quels sont les dangers ? RMC Sport fait le point sur cette pratique qui divise le sport pro.

C’est quoi le problème ?

Actuellement avec sa sélection nationale, Zlatan Ibrahimovic, qui souffre depuis trois semaines d’une douleur au talon, n’a pas obtenu le feu vert du staff médical de la Suède pour jouer sous infiltration, comme cela peut lui arriver parfois avec le Paris Saint-Germain. Et devrait donc manquer le rendez-vous de jeudi face à la Russie, en éliminatoires à l’Euro 2016. La pratique est pourtant tout à fait légale, mais n’est pas sans risques. D’où deux écoles qui s’affrontent : celle qui use (et parfois abuse) des infiltrations, et celle qui y est radicalement opposée.

Pourquoi des infiltrations ?

Parce que ce sont des compétiteurs qui ne reculent parfois devant rien, à commencer par la douleur, certains sportifs n’hésitent pas à jouer leur va-tout quand ils sont amoindris (tendinite, lombalgie, pubalgie) dans l’intérêt supérieur d’un match couperet, décisif ou qualificatif. Alors que la raison voudrait qu’ils soient mis au repos, ces « bêtes de compétition » acceptent le principe d’une infiltration à base d’anti-inflammatoire à la cortisone ou un de ses dérivés, d’anesthésique local ou d’un dérivé d’acide hyaluronique (selon la pathologie observée et le degré de douleur) qui va calmer voire faire disparaître la douleur le temps de l’effort.

Quels sont les risques ?

Les dommages d’une telle pratique à répétition et tout au long d'une carrière ne sont pas sans risques pour l’organisme. Comme l’infiltration a pour effet ou vertu de masquer la douleur dans les tendons, muscles ou ligaments, le sportif peut tirer sur la machine et repousser ses limites sans le moindre signal d’alerte. En résumé, l’infiltration calme le mal mais ne traite pas la cause. Un « one shot » qui se paie parfois cash puisqu’il est très courant que la blessure s’aggrave durant l’effort ou cause de sérieux dommages, pouvant allant jusqu’à la fragilisation des tissus lésés, la rupture des tendons, la déchirure musculaire ou encore le claquage.

La Palme d’or au cyclisme

Décrié à juste titre durant de trop nombreuses années pour ses pratiques dopantes généralisées, le cyclisme est devenu depuis le sport le plus exemplaire en matière de lutte contre le dopage. Quitte à prendre des mesures radicales, histoire d’éviter toute dérive. L’administration de corticoïdes par voie générale, notamment sous forme d’injections intramusculaires ou intraveineuses, est ainsi formellement interdite. En revanche, l’administration locale est autorisée, mais de manière très encadrée : c’est-à-dire avec l’aval du médecin de l’équipe concernée qui en informe le médecin fédéral, jamais avant les compétitions et surtout, assortie d’un arrêt de travail de 5 jours. Dans certains clubs de foot, on est en revanche parfois beaucoup moins pointilleux sur le protocole et les risques encourus.

GM