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Kombouaré : « Je ne l’accepterai jamais ! »

Antoine Kombouaré

Antoine Kombouaré - -

Invité exceptionnel de Luis Attaque, l’ancien entraineur du PSG, démis de ses fonctions le mois dernier alors que Paris venait d’être sacré champion d’automne, avoue que cette demi-saison a été difficile à vivre, et qu’il n’oubliera jamais la manière dont il a été poussé vers la sortie.

L’acharnement médiatique

« C’était une épreuve très, très difficile qui a duré près de 7 mois. Dès que les Qataris ont racheté le club début juin, il était question de mon avenir. Forcément, être en première page des journaux, c’est très compliqué. On a pu s’apercevoir que je suis resté très costaud, très digne, et surtout concentré sur mon travail, à savoir emmener le PSG le plus haut possible.
J’avais envie de prouver à tous que j’étais capable de rester calme dans la tourmente. J’ai su conserver ma ligne de conduite. Il fallait que je montre aux joueurs que même avec la pression, on doit obtenir des résultats. L’intérêt du club passe avant tout. »

Le licenciement

« Forcément, je ne l’ai pas bien vécu. Quand on est 1er du championnat, on a envie de continuer l’aventure, d’aller au bout. C’était peut-être la seule occasion pour moi d‘être champion de France en tant qu’entraineur avec mon club, le PSG, celui avec lequel j’ai été champion en tant que joueur (saison 1993-94, Ndlr). Mais je respecte la décision du patron technique, Leonardo, qui m’a clairement dit : " Antoine, tu t’arrêtes ". Il m’a annoncé sa décision sans sentiment. C’était dur, mais c’est comme ça, professionnel. Il m’avait prévenu à l’avance que des entraîneurs allaient être contactés au vu de la nouvelle dimension que prenait le PSG. Après, on a réglé ça autour d’une table, en une heure, puis je suis passé à autre chose. C’est du passé, j’ai tourné la page. Ce qui compte pour moi, c’est vite me reconstruire, me ressourcer, et repartir de l’avant. Mais je ne l’accepterai jamais, jusqu’à la fin de mes jours, car j’étais champion d’automne ! »

Ses relations avec Leonardo

« Leonardo disait des choses à la presse. Mais je me foutais de ses propos. Pour moi, je savais que la fin était proche. Il fallait donc travailler pour que ma sortie se fasse de la meilleure des façons possibles. Ça a été parfois tendu. Mais moi, je dis les choses telles qu’elles sont, après c’est fini. Les médias n’ont jamais pu voir qu’il y avait eu une embrouille entre moi et Leonardo. Les joueurs non plus. En tout cas, il n’a jamais tenté de décider à ma place. J’étais clair avec lui. Qu’il me vire, ok. Mais pour mes décisions, mes choix et mes conneries. Chacun à sa place. »

Ancelotti

« C’est un grand monsieur du foot. Il fait partie des cinq plus grands entraineurs. Son CV parle pour lui. J’ai vu au Milan AC ou à Chelsea qu’il dégageait beaucoup de calme. Il est serein. C’est bien pour l’équipe, et il va faire progresser les joueurs. »

Pastore

« C’est un garçon qui est doué, qui a un talent fantastique. C’est une peu le reproche qu’on fait parfois à Jérémy Menez. Ils sont tellement doués que ce n’est pas possible de les voir pendant 90 minutes. Ils n’ont pas le tempérament d’un Matuidi ou d’un Sissokho. De temps en temps, on va les voir faire des éclairs de génie. Je n’ai pas de doute sur le fait que Pastore va réussir, mais il faut qu’il se mette au travail. Qu’il apprenne à se faire mal et à briller sur la durée. A propos de ses déclarations dans la presse italienne, je n’étais pas content. Je lui ai expliqué qu’il y avait des choses à ne pas dire. L’autre jour, je n’étais pas d’accord parce qu’on m’a dit : "Antoine, tu vas gérer des stars ". La seule star que j’ai gérée, c’est Claude Makélélé, il avait tout gagné à part la Coupe du monde.»

Beckham

« Dès le mois de novembre, Leonardo m’avait parlé de lui. J’étais favorable à sa venue. Ça aurait été fantastique. Au niveau de la notoriété, on aurait gagné cinq ans ! Après, je ne lui garantissais pas une place de titulaire. S’il venait et que Clément Chantôme était meilleur, j’aurais fait jouer Chantôme. »

Le mercato

« Je pense que d’ici au 31 janvier, il y aura un grand attaquant. Pour ce qui est de Tevez, il va venir. Peut-être pas en janvier, mais il viendra. Les moyens des Qataris sont sans limite ! »

Son avenir

« Dans l’immédiat, je vais partir en vacances. J’ai reçu des propositions à l’étranger mais j’y ai coupé court. J’ai l’idée de retrouver un club ambitieux pour le mois de juin. J’ai envie de gagner des titres. Mais en France, c’est limité. Si ce n’est pas possible, j’irai à l’étranger. L’équipe de France ? Je ne suis pas candidat, car j’ai envie d’entrainer un club, d’être avec les joueurs au quotidien. »