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Kombouaré : « Ménez a une attitude de petit con… »

Antoine Kombouaré

Antoine Kombouaré - -

EXCLU RMC SPORT. Invité de Luis Attaque sur RMC ce mardi après-midi, Antoine Kombouaré a fait le tour de son actualité après avoir été évincé du club saoudien d’Al-Hilal. Sans oublier d’évoquer la situation de son ancien club, le PSG. Avec des mots durs mais justes.

Antoine, quelques jours après avoir été évincé du club saoudien d'Al-Hilal, auriez-vous envie de reprendre place au plus vite sur un banc de L1 ?

Comme je viens de rentrer, j’ai surtout envie de partir en vacances. Je verrai pour la saison prochaine. Je ne ferme aucune porte, ça va dépendre des opportunités. En Arabie Saoudite, j’ai suivi le championnat et son actualité quand je pouvais. J’ai suivi mes anciens clubs, Nantes, Strasbourg, Valenciennes et le PSG. Entraîner à Nantes si le club remonte ? Mon ami (Michel Der Zakarian, ndlr) est là-bas. Il fait du très bon travail et je ne vais pas faire aux autres ce que j’ai vécu au PSG, même si Nantes est le club qui a fait ce que je suis et que j’y habite toujours. Maintenant, entraîner en France, oui, pourquoi pas. J’ai la chance de ne pas avoir mes enfants avec moi. Avec mon épouse, nous sommes autonomes donc je peux aller où je veux. A un moment, c’était chaud avec des clubs en Angleterre, des bons clubs. J’étais sur la short-list mais il faut conclure.

Vous qui avez connu les deux, quelle est la différence entre le PSG sans et avec QSI ?

Les moyens, colossaux. Car derrière, il en découle une politique de recrutement différente, des grands joueurs comme Beckham et Ibrahimovic. Et cela change l’aspect médiatique. Nous avions Giuly, Makelele, Coupet, de grands joueurs, mais avec ceux-là, en termes d’image, c’est colossal. L’impact est sur le plan planétaire. En Arabie Saoudite, tout le monde parlait du PSG. Et tant que le club s’entraîne au Camp des Loges et joue au Parc, il n’y a pas de risque de perdre son identité. Les racines sont là. Mais si tu changes tout ça…

En voulez-vous à Leonardo de vous avoir écarté au profit de Carlo Ancelotti ?

Pas du tout ! Leonardo est arrivé au club mais Ancelotti n’était pas prêt pour venir. J’ai fait six mois pour laisser la place à quelqu’un d’autre derrière. C’était le projet et je n’en faisais pas partie. Mais ça, je l’ai compris dès le début. Quand tu sais où tu vas, il n’y a pas de souci. J’aurais été déçu s’il m’avait dit qu’il allait me faire signer trois ou quatre ans avant de me dégager. Ce n’était pas le cas. J’ai fait le boulot et au bout de six mois, on m’a dit : ‘‘Tu laisses ta place’’. En termes d’image et d’impact, c’est un choix et je le respecte. Je savais où j’allais. J’aurais quand même voulu continuer. J’ai la frustration de ne pas être allé au bout mais il n’y a pas de déception. Je connaissais les règles.

Avez-vous compris le départ de Nene du PSG, vous qui l’avez entraîné ?

Pour moi, Nene, c’était le meilleur joueur du club, l’un des meilleurs du championnat de France. J’ai suivi les matches et pour moi, derrière Ibrahimovic, le meilleur, c’était Nene. Il n’est pas toujours facile à gérer, je l’ai vécu et j’ai même dû le remettre à sa place, car de temps en temps, il est con. Il n’accepte pas d’être sur le banc. Il fallait qu’il l’accepte et il ne l’a pas fait. Après, c’est une décision du club de dire qu’il ne compte pas sur lui, et une décision de Nene de faire une bonne affaire financière au Qatar quand il a vu qu’on ne comptait pas sur lui à Paris.

Que pensez-vous de l’attitude d’un Jérémy Ménez, qui a dû mal à accepter son statut de remplaçant en ce moment ?

Jérémy, il faut qu’il apprenne. Avec moi, il était un titulaire indiscutable. Après, il ne comprend pas que dans le foot moderne et surtout dans les très grands clubs, il faut accepter la concurrence. De grands joueurs comme Lucas ou Lavezzi arrivent, des concurrents directs. Si les autres ne changement pas leur comportement, ils se retrouvent en situation d’échec comme Jérémy. C’est triste car c’est un grand joueur qui peut apporter à l’équipe. Il y a un choix des dirigeants de renforcer l’équipe. Je ne sais pas s’il m’écoute mais j’ai envie de lui dire : ‘‘Profite d’avoir des grands joueurs comme Beckham à tes côtés et apprends de son exemplarité, de son professionnalisme’’. Beckham, lui, va accepter d’être sur le banc. Et quand il va jouer, il va donner le meilleur. Si Ménez est capable de passer ce cap-là, ça va être un très grand joueur. Mais ce qui va le freiner, c’est son comportement qui n’est pas bon. Sur l’aspect mental, c’est propre à beaucoup de joueurs français. Je suis surpris car il a joué à l’AS Rome, il a connu cette concurrence. En revenant ici, je pensais qu’il allait se servir de cette expérience et que ça allait le faire grandir. Mais je me rends compte que Jérémy a une attitude de petit con, et je le dis avec beaucoup d’affection car je l’ai fait venir à Paris. J’ai envie de lui dire de se battre pour sa place, même s’il considère ça comme une injustice, et de ne pas montrer qu’il est faible. C’est un moment difficile à passer mais s’il en sort, il sera un immense joueur. Le meilleur exemple, c’est Mamadou Sakho. Il a vécu un moment difficile mais il est revenu à 100%.

Vous étiez entraîneur du PSG lorsque le club avait tenté pour la première fois de recruter David Beckham. Comment cela s’était-il passé à l’époque ?

C’est une idée qui vient du prince, je pense. C’est une question d’image et d’impact. Je n’étais pas opposé à sa venue, au contraire. Quand tu as la chance d’avoir un Beckham, en termes de mentalité professionnelle, c’est fantastique. Je ne sais pas pourquoi cela n’a pas marché à l’époque mais j’étais favorable à ce transfert. Et après, quand au Qatar on te dit qu’il faut qu’il vienne, eh bien tu dis oui. Il peut apporter sportivement, c’est toujours un grand joueur. Il ne va plus enchaîner les matches comme avant mais il peut toujours aider l’équipe à gagner sur un coup de patte. Et il est exemplaire pour le vestiaire.

Comment vit-on un PSG-OM en tant qu’entraîneur ?

A Paris, c’est un match important, mais ça reste trois points. A Marseille, c’est différent. Pour eux, c’est plus qu’un match. Pour les Parisiens, il faut sortir un gros match dimanche mais ils passeront vite à autre chose. Ils ont la Ligue des champions derrière. Les Marseillais, dès le début de saison, ils regardent les dates de ces deux matches. Nous, à Paris, on s’en foutait un peu. Et pour un entraîneur, c’est trois points, rien de plus. Ces matches sont surtout importants pour nos supporters, on veut les gagner pour leur faire plaisir.

La défaite à Sochaux peut-elle faire mal à Paris dans l’optique du match face à Marseille ?

La meilleure chose qui soit arrivée au PSG, c’est de perdre à Sochaux. Ils ont pris une bonne claque, ils se sont fait bouger dans tous les sens. Là, l’entraîneur n’a pas besoin de parler. A la place des Marseillais, je serais inquiet. En termes de motivation et de réaction, ça peut faire du bien au PSG.

Jusqu’où voyez-vous le PSG aller en Ligue des champions ?

C’est facile de dire ça aujourd’hui mais j’avais vu le PSG aller dans le dernier carré. Ils en ont les moyens. Ils manquent peut-être un peu d’expérience pour la gagner mais pour atteindre le dernier carré, ça peut le faire. Et ce serait fantastique. Le PSG a sa place.