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La formation nantaise a la jaunisse

Reynald Pedros, l'un des symboles de la formation à la nantaise.

Reynald Pedros, l'un des symboles de la formation à la nantaise. - -

Sauf énorme surprise, les contrats des entraîneurs du centre de formation du FC Nantes ne seront pas renouvelés pour l’an prochain. La fin d’une époque à la Jonelière.

Lundi prochain, une page de l’histoire du FC Nantes devrait se tourner. Sans pour autant savoir si cela sortira le club nantais du marasme dans lequel il est englué depuis son dernier sacre en 2001. En fin de contrat le 30 juin prochain, les formateurs nantais doivent rencontrer leurs dirigeants pour discuter d’une éventuelle prolongation. Laurent Guyot, le directeur du centre de formation, lui, n’a été convoqué qu’à la mi-mai. Sauf énorme surprise, le staff dirigé par Guyot ne devrait pas être reconduit dans ses fonctions. Le président Waldemar Kita et Christian Larièpe, responsable du recrutement, ont bel et bien l’intention de faire table rase du passé. Interrogé sur la compétence et le souhait de conserver ou non ces travailleurs de l’ombre, le long silence de Larièpe en dit long sur ses intentions. Dès son intronisation en août 2007, Waldemar Kita avait déjà tiré les premières cartouches : « Personne au club n’est aujourd’hui capable de prendre en main la formation », avait lancé le président nantais. Deux mois plus tard, Christian Larièpe débarque à Nantes. Depuis, ce dernier veut imposer ses méthodes et ses hommes. L’arrivée d’Elie Baup, avec qui il a collaboré à Saint-Etienne, en est le parfait exemple. Mais l’homme a également brusqué les habitudes et provoqué les susceptibilités. Au point que les relations se sont rapidement dégradées. C’est un secret de polichinelle, Laurent Guyot et Waldemar Kita ne s’adressent plus la parole depuis plus d’un an. « Les seules relations que j’ai avec lui, c’est par presse interposée », confirme le directeur du centre de formation. « Kita veut la tête de Guyot parce que c’est l’un des seuls à lui avoir résisté », renchérit une source interne au club. On ne voit donc pas comment les deux parties pourraient poursuivre leur collaboration. Leurs visions et leurs caractères divergent à l’extrême. D’autant qu’une lassitude s’est aussi installée du côté des formateurs nantais, dont le travail est constamment critiqué. Christian Larièpe fixe les règles du jeu : « On va proposer aux gens en place un plan de formation, explique-t-il. S’ils veulent partager avec volonté et détermination notre projet, ils sont les bienvenus. Mais voudront-ils y adhérer ? Un club de football, c’est une ambiance de travail. Je choisirai les hommes qui ont envie de travailler avec moi. Aujourd’hui, s’il transparaît qu’il y a une mauvaise ambiance entre moi et l’aspect technique du club, ça veut dire qu’il y a des gens qui n’ont pas envie de travailler avec moi. »

Une chose est sûre, cet épisode va marquer la fin d’une époque au FCN. Celle où les formateurs nantais étaient issus du sérail. Héritiers et garants d’une formation instaurée par Arribas, perpétuée par les Suaudeau et autre Denoueix… Pourtant, Christian Larièpe se veut respectueux des valeurs nantaises : « Ne pas repartir sur les bases et les valeurs qui ont fait la force du FC Nantes serait franchement suicidaire et pas très intelligent. » Voire. Les gardiens de la culture et de l’identité nantaise ne semblent pas convaincus. « On est à un vrai tournant et je ne suis pas certain qu’on prenne le bon chemin », s’alarme un historique du club. Seul l’avenir nous le dira. Le présent est, lui, déjà morose.

La rédaction - Antoine Simmoneau