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La Ligue 1 rouvre ses portes

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Le championnat de L1 2008-2009 va bientôt débuter. Lyon sera-t-il champion une huitième fois de suite ? Le PSG frôlera-t-il une saison de plus la zone de relégation ? Esquisses de réponses..

Enfin. Après nous avoir fait salivé (pour certains) en se montrant particulièrement actif sur le marché des transferts, le championnat de France de Ligue 1 va enfin pouvoir reprendre ses droits. Mais qui a finalement effectué le meilleur recrutement durant cette intersaison ? Qui sera en mesure d’aller contester l’hégémonie du septuple roi rhodanien ? Voici un petit condensé de la tendance générale qui entoure ce début d’exercice 2008-2009.

Lyon, un leader en péril

La tête à la Ligue des Champions et seulement à moitié en championnat ? La question mérite d’être posée, en effet, lorsque l’on s’attarde sur les propos tenus depuis quelques semaines dans les rangs rhodaniens. Alain Perrin remercié, Jean-Michel Aulas a confié les clés de la Ferrari tricolore à Claude Puel et ce, dans l’optique de franchir encore un palier en Coupe d’Europe. Le recrutement lyonnais (Mensah, Pjanic, Lloris, Piquionne, Makoun, Ederson) ne manque pas de talent mais se révèle particulièrement jeune et en-deçà de celui réalisé par les autres ténors européens.

Du coup, Lyon s’expose à de grands dangers, ce que Claude Puel reconnaît lui-même. « Ça sera encore plus compliqué. Lyon n’est pas seul. Il faudra être prêt. Il ne faudra pas penser que Lyon a ce temps d’avance. Il va falloir se remettre en question, c’est évident. Pour moi, ce championnat démarrera avec de nouvelles données. Je vois bien quatre-cinq prétendants légitimes au titre cette saison ».

Bordeaux et Marseille, candidats légitimes

Justement, ces prétendants, quels sont-ils ? La logique impose d’entrée le nom de Bordeaux, dauphin méritant de l’OL la saison passée et seule équipe, malgré ses deux défaites face aux Gones, à avoir su (et pu) pousser Lyon dans ses derniers retranchements. Le recrutement girondin a été judicieusement mené (Placente, Gourcuff, Gouffran). Moins onéreux que celui d’autres compagnons de l’élite, le marché estival des Bordelais a été réalisé en parfaite harmonie entre les dirigeants (Jean-Louis Triaud) et l’entraîneur en place (Laurent Blanc). Etiqueté favori, le club au scapulaire savoure. Avec humilité. Laurent Blanc : « Cela fait plaisir. S'ils nous classent dans cette catégorie là, c'est qu'on l'a certainement mérité et pour l'avoir mérité c'est que l'on a fait une bonne saison 2007-2008. Il faudra faire en sorte qu'on donne raison à ces gens qui nous classent dans ce wagon très, très haut, du championnat. Notre problème, je le répète, est que si on pense que la saison dernière va nous donner des droits, on se met le doigt dans l'oeil et on va avoir de grosses désillusions ».

Bordeaux donc… mais aussi Marseille, véritable mécanique huilée, disciplinée et offensive sous la houlette ces derniers mois du technicien belge Eric Gerets. « On a une bonne équipe. Si cette équipe veut jouer collectif, en équipe, on sera drôlement dangereux. Malheureusement, nous ne sommes pas seuls. J’espère qu’on sera dans la lutte jusqu’à la dernière journée. Il y aura Bordeaux, Lyon évidemment, et une ou deux équipes comme Saint-Etienne et le PSG qui peuvent jouer les trouble-fêtes ». Djibril Cissé en pleine forme, l’OM a tous les voyants au vert dans ce début de championnat, malgré une défense new-look (Erbate-Hilton). Les arrivées de Koné et de Ben Arfa ont densifié un secteur offensif orphelin de Nasri (Arsenal) mais également de Valbuena, blessé en ce début de saison et opéré récemment d’une pubalgie. De belles promesses d’avenir, à condition que certains ego ne fassent pas la loi au sein du vestiaire olympien.

Saint-Etienne, Paris-SG en embuscade

Derrière, le discours est moins ambitieux. Du moins pour le moment. En même temps, on ne peut pas vraiment reprocher cette attitude aux outsiders concernés. Que ce soit Saint-Etienne, qui retrouve l’Europe après 26 ans d’absence ou Paris, qui souhaite chasser au plus vite les vieux démons qui le hantent depuis deux ans, le mot d’ordre est simple : rester humble. « On espère faire aussi bien. Le minimum pour nous serait la cinquième place et puis, qui sait, d’aller plus haut. Je pense que c’est dans nos cordes. L’objectif premier sera de briller en Coupe de l’UEFA et de réaliser un coup en Coupes. St-Etienne attend un trophée depuis un petit moment maintenant ». On le sait, en sport, il n’y a pas de vérité établie. Mais le groupe dirigé par Laurent Roussey a su se renforcer à moindre frais avec des joueurs confirmés de Ligue 1 (Sauget, Matsui, Monsoreau…). L’effectif est là. Charge désormais à la mayonnaise de prendre.

Et Paris dans tout ça ? Le club de la capitale a recruté des grands noms, événement rare ces dernières années. Makelele, Giuly, Sessegnon, Hoarau, Kezman… la liste des joueurs accrochés par le staff francilien est éloquent. Suffisant pour jouer enfin autre chose que le maintien ? « On ne vit pas avec le passé. On a envie de gagner des matches. Je crois que cette année va être serrée. Les grosses écuries se sont bien renforcées. Paris ne peut-être pas s’immiscer dans ce trio de tête mais le club n’en sera pas loin je pense. Le groupe a d’énormes qualités. Si tout le monde tire dans le même sens, il n’y aura pas de problème en terme de résultats », évoque ainsi un Ludovic Giuly tout heureux de retrouver la France et la Ligue 1. Le public du Parc des Princes, qui s’est repris à rêver ces derniers jours, n’en demande pas moins.

Et les autres ?

Mais dans ce listing des forces en présence, il y a encore plein d’autres paramètres à prendre en compte. La lutte pour le maintien (Grenoble, Le Havre ???), par exemple, qui devrait probablement, tendance oblige ces dernières saisons, concerner un possible habituel pensionnaire de l’élite. Il y a les coups possibles, les surprises probables, les révélations attendues. Nancy, toujours aussi pragmatique dans son recrutement, a su faire oublier les partis (Kim, Puygrenier) avec des joueurs ciblés depuis un bon moment déjà (Féret, Sami, Ouaddou...). Nantes et son recrutement XXL (Klasnic, Abdoun…), Lille et son milieu renforcé (Balmont, Cabaye, Mavuba) devraient également, si leur valeur sur le papier se confirme sur le pré, avoir leur mot à dire. En revanche, la saison s’annonce compliquée pour Le Mans, saignée de ses éléments les plus importants (Sessegnon, Romaric, Calvé, Yebda, De Melo…) et Monaco, au recrutement obscur et énigmatique (Adu, Gosso). Une chose est sûre, cependant, à quelques heures de l’ouverture officielle de la L1 2008-2009 : si certaines tendances se dessinent, il faudra néanmoins attendre la 10e journée pour commencer à dresser un premier bilan de la saison. D’ici là, place au suspense.

La r�daction - Alix Dulac