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La méthode Ancelotti, mode d’emploi

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Convivialité et rigueur, voilà un bref condensé de ce qui fait la réussite du probable futur entraîneur du PSG. De Milan à Chelsea, Carlo Ancelotti a toujours réussi à imposer sa patte. Avec génie. Et à Paris ?

La venue de Carlo Ancelotti dans la capitale est de plus en plus proche. A 52 ans, le technicien italien devrait prendre la succession d’Antoine Kombouaré dans les prochains jours. Tout oppose le Kanak à l’ancien coach de Chelsea et de l’AC Milan. Au-delà de leurs palmarès, incomparables, les deux hommes n’adoptent pas la même méthode. Avec Ancelotti, Paris va passer du feu à la glace. D’un tempérament plutôt froid, en apparence, l’Italien cultive la discrétion, mais attache en même temps une extrême importance à la chaleur humaine. En interne, donc, un des nombreux secrets de sa réussite : « Carlo aime travailler dans un esprit familial, observe Christophe Lollichon, l’entraîneur des gardiens de Chelsea qui a travaillé avec Ancelotti de 2009 à 2011. Il aime sentir des gens heureux autour de lui. Il va donc répandre de la bonne humeur. » Nene ou Pastore sont prévenus : il ne sera pas question d’afficher trop souvent leurs sauts d’humeur : « Si des personnes s’isolent par des bouderies ou un désaccord, Carlo ira dialoguer, poursuit Lollichon. Mais il ne va pas non plus perdre son temps avec ceux qui pourraient se mettre en marge. » A bon entendeur…
Pour gérer au mieux les ego, Ancelotti sait s’entourer. A Paris, il devrait être accompagné de son fidèle adjoint, Bruno Demichelis : « C’est un psychologue de formation, une personne d’une intelligence rare, souligne Lollichon. Il conseille beaucoup Carlo sur le management humain. Cette paire est très efficace pour bien comprendre les joueurs individuellement. Ce qui fait la force de Carlo, ce sont les gens qui sont autour de lui. »

« Ancelotti ne s’isole pas dans sa tour »

C’est donc en équipe que l’Italien a bâti sa légende et remporté, entre autres, deux Ligues des champions (2003 et 2007 avec Milan). « De par son expérience, poursuit Lollichon, il juge très rapidement une situation concernant ses joueurs mais aussi son staff. Sa méthode est faite de confiance et de dialogue. Carlo ne s’isole pas dans sa tour. Il communique beaucoup. Il accorde facilement sa confiance. En tant qu’entraîneur des gardiens, par exemple, j’avais carte blanche. Il est très agréable de travailler avec lui car les portes sont ouvertes. Et les décisions sont collégiales. »
Ce qui ressemblerait presque à « Carlo au pays des Bisounours » n’exclut pas, pour autant, de sa part, une très haute rigueur, notamment sur plan tactique. « Il est très exigeant sur la récupération du ballon, il veut un groupe très compact. Son maître, c’est Arrigo Sacchi (coach du légendaire Milan AC à la fin des années 80, ndlr). Une fois le ballon récupéré, il donne beaucoup de liberté dans son utilisation. Mais quand ses joueurs n’en ont plus la possession, il tient à ce qu‘ils soient en position pour le récupérer. Et que tout le monde soit concerné. Ceux qui pourraient déroger à ces principes pourraient se mettre en danger. » Les Parisiens vont très vite le découvrir.