RMC Sport

La recette gagnante de l’OM

Gignac et Fanni à l'entraînement

Gignac et Fanni à l'entraînement - -

Christophe Manouvrier, préparateur physique du club phocéen, est revenu au chevet de l’équipe première après deux saisons au service du centre formation. Partie prenante dans le titre de champion 2010, il détaille les raisons du début de saison canon de l’OM.

Travail. Ce mot résume parfaitement l’état d’esprit en vigueur cette saison au centre d’entraînement Robert-Louis Dreyfus. « Sans travail il n’y a rien et personne ne doit tricher, explique Christophe Manouvrier, préparateur physique du club olympien. C’est le coach qui donne le tempo du vestiaire. Et pour nous, ça a été clair, tout le monde doit être super pro, cohérent, précis. »

Lui qui gérait déjà la condition physique des Provençaux l’année du titre de champion de France (2010), avant de s’occuper ces deux dernières saisons du centre de formation, retrouve un staff de l’équipe fanion soudé et déterminé. « On a formé une cellule médico-préparatrice (en compagnie du Dr Baudot, ndlr) au service du coach qui fait ses choix seul. Avec Baup ça se passe super bien, il y a beaucoup d’échanges. Le but est d’individualiser le travail pour chaque joueur en fonction de son état de forme pour le rendre performant. Tous les jours on en discute en réunion, on voit l’évolution des joueurs. »

« Ils se sont mis le cul par terre »

Malgré les doutes légitimes des observateurs sur la capacité du club à tenir la distance avec un effectif réduit, Manouvrier ne s’inquiète pas outre mesure : « On a des joueurs sérieux qui s’investissent et qui ont compris le projet athlétique, mais aussi celui du coach. » Le cas André-Pierre Gignac incarne à merveille ce vent nouveau. L’éternel blessé, raillé pour son surpoids supposé, paraît affûté et empile les buts. « Dédé est arrivé dans de super dispositions. A partir de là, 80% du travail est fait et pour moi c’est du velours, juge l’ancien préparateur amiénois. Il n’y a pas eu de régime de faveur ou approprié à André-Pierre Gignac. Il a pris le train en marche et il s’est même mis devant puisque c’était l’une des locomotives pendant le stage. »

Au rang des bons élèves, le Martégal, ancien de la maison marseillaise, est rejoint par le dernier arrivé, Joey Barton. « Il a eu 10 semaines de vacances donc il a un travail à faire, il sait d’où il part. Mais il s’est préparé seul dans son petit coin donc il n’est pas arrivé sans avoir rien fait. C’est un gros bosseur, il a une très bonne mentalité, vante Manouvrier. On n’a pas besoin de le pousser, au contraire. » Derrière ces deux hommes, tout le groupe marseillais s’est mis au diapason. « Contre Rennes, les joueurs ont été au bout d’eux-mêmes. A la fin, ils se sont vraiment arrachés et se sont mis ‘le cul par terre’. »

Si l’OM est invaincu depuis le début de saison et semble escorté par des anges bienveillants, le préparateur physique s’attend à des cieux moins cléments : « C’est le jour où on va enchaîner une ou deux défaites que l’on va voir si on est solide ou pas. » Pas question de titre ou de podium. Depuis juillet à Marseille, travail se conjugue avec humilité.

Jérôme Carrère avec Florent Germain