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Labrune au pied du mur

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Habitué à exercer le pouvoir dans l’ombre, Vincent Labrune, le nouveau président de l’OM, doit désormais faire ses preuves dans le contexte explosif du club phocéen. Le plus dur commence ?

« Vincent Labrune incarne bien la devise de l’OM, il va droit au but. » Le compliment est signé Christophe Bouchet, président marseillais de 2002 à novembre 2004. Nommé jeudi à la présidence du club phocéen, le nouveau boss olympien ne bascule pas dans un nouveau monde. L’OM, Vincent Labrune maîtrise sur le bout des doigts. Depuis qu’il a intégré le conseil de surveillance en janvier 2008, celui qui fut très proche de Robert Louis-Dreyfus a eu le temps d’en comprendre toutes les ficelles. Avant de les tirer, en sous-marin. Homme d’influence, il s’est « offert » la tête des deux derniers patrons olympiens. Celle de Pape Diouf en 2009. Puis de Jean-Claude Dassier il y a quatre jours.

Le voilà en première ligne. « Il s’agit d’une normalisation des choses, observe Christophe Bouchet. Le pouvoir était simplement décalé. » Selon un ancien dirigeant phocéen, cette prise de fonctions résulte davantage de la volonté de MLD que de l’ambition personnelle de Vincent Labrune. L’homme de l’ombre n’est pas subitement attiré par la lumière.
A Marseille, il devra pourtant composer avec un contexte toujours explosif. « Il va être face à ses responsabilités, note Basile Boli, l’ancien défenseur de l’OM. C’est peut-être trop facile d’être derrière. Il va apprendre ce qu’est être dirigeant. »

Boli : « Il va apprendre ce qu’est être dirigeant »

Pression des groupes de supporters omniprésents et exigeants, pression des médias, des résultats sportifs et financiers, gestions des tensions internes : l’exercice du pouvoir à Marseille nécessite des épaules extra-larges. Ancien patron du club phocéen, Christophe Bouchet sait de quoi il parle. L’homme connaît très bien Vincent Labrune. Il n’est pas inquiet : « Vincent ne se noie pas dans les détails, qu’ils soient médiatiques, sportifs ou locaux, remarque-t-il. Il est particulièrement pragmatique et intelligent. Il a une grande capacité à dégager l’essentiel de l’accessoire. Il avait une feuille de route dans sa tête et s’est demandé : « Que dois-je faire maintenant ? Ma priorité, c’est de garder Didier Deschamps. » Cela imposait quelques changements. Il les a faits. C’est une grande qualité, mais ça a quelques limites. »

Vincent Labrune, 40 ans, a encore tout à prouver. En sous-entendant qu’il ne s’installerait pas au quotidien à Marseille, il ne gagnera pas des points auprès des supporters : « Quand on est à la tête d’un club comme l’OM, il faut faire preuve de douceur, faire de la politique locale au moment de reprendre les choses en mains, poursuit Bouchet. Mais Vincent est quelqu’un de volontariste. » Une qualité indispensable s’il veut stabiliser les finances de son club et faire aussi bien que son prédécesseur sur le plan sportif. Bilan que MLD avait qualifié de « largement satisfaisant » - à la différence du bilan financier, ce que Dassier conteste de façon véhémente. A Labrune d’assumer à présent…