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Labrune : « Si Gignac préfère partir, on le laissera »

Vincent Labrune

Vincent Labrune - -

Invité de Luis Attaque sur RMC ce jeudi, le président de l’OM a fait un point complet sur l’actualité de son club. Le mercato, le PSG, les travaux au Vélodrome, les relations Deschamps-Anigo… et André-Pierre Gignac, « pas opérationnel » pour le moment, mais qui possède un bon de sortie immédiat.

Objectif de la fin de saison ?
« Après neuf journées, on n’avait que neuf points. Sur les dix dernières journées, on est premiers du championnat. Il faudra qu’on maintienne la même cadence pour finir dans les trois premiers. Pour rattraper le PSG, ça ne dépend pas de nous. C’est une course à handicap qui commence. On a neuf points de retard sur eux. Le titre, ça va être très dur. Si on ne finit pas sur le podium, ça sera financièrement compliqué. »

Le clash Deschamps-Anigo
« Ça fait deux ans et demi que Didier est au club. On se parle très régulièrement. Pareil avec José. Je ne tombe pas de mon arbre. La situation, je la connais. Je la gère en coulisses. Ça a pété parce qu’on était dans une situation sportive critique. Ce n’est pas agréable. Mais on est des grands garçons. On discute et on avance. Ce sont des gens responsables. Didier a la gagne et la victoire en lui. Et José, c’est son club. A un moment, l’intérêt général a primé les intérêts personnels. C’est ce qui m’importe. »

Quelles recrues pour le mercato ?
« On cherche surtout un avant-centre. La CAN, on l’a anticipée depuis le mois de mai. Aujourd’hui, notre vrai problème, c’est la blessure d’André-Pierre (Gignac). S’il n’était pas blessé, on aurait cet attaquant. On cherche un avant-centre susceptible de renforcer notre effectif. On veut faire un prêt. Mais le marché est très réduit en hiver. Il faut être malin. On a encore un peu de temps. Giovanni Dos Santos (Tottenham) n’a pas le profil. Pavlyuchenko (Tottenham), à son niveau de rémunération, on ne peut pas le faire. Un retour de Niang ou Cissé, c’est totalement inenvisageable. On n’a pas les moyens de payer un transfert. C’est très compliqué. »

Vers un départ de Gignac ?
« On ne veut pas se séparer d’André-Pierre Gignac. Il n’a pas de chance, il est blessé. On a des impératifs importants au mois de janvier. On joue Lille, Rennes et Lyon. Aujourd’hui, André-Pierre n’est pas opérationnel. La balle est dans son camp. S’il considère que l’OM est le club où il est le plus à même de s’épanouir, il restera. S’il préfère partir, on le laissera. A l’heure actuelle, on n’a reçu aucune offre de Fulham. »

Quid de Lucho ?
« Il nous a fait part de sa volonté de quitter le club l’été dernier. Ses agents ont prospecté. Ils ont fait le tour de l’Europe. Ils n’ont pas trouvé de club qui pouvait lui assurer la même rémunération que l’OM. Je ne vois pas comment la situation pourrait changer cinq mois après. On est ouvert à tout. S’il veut rester, il reste. S’il souhaite partir, il pourra quitter le club. »

Les finances dans le rouge
« On est dans une situation financière très complexe. On a beaucoup investi lors des étés 2009 et 2010. En contrepartie, on a vendu très peu de joueurs. On a perdu 15 millions d’euros au 30 juin 2011. On perdra au moins autant en fin de saison. L’activité économique d’un club de football, c’est essentiellement de l’achat et de la vente de joueurs. Si on achète sans vendre, l’écart s’accumule et on perd sur la durée. On a vécu dix ans sur les plus-values de Drogba, Ribéry et Nasri. Si on ne vend pas de joueurs, on ne peut pas s’en sortir. »

La concurrence du PSG
« L’argent ne fait pas tout. Mais ça fait beaucoup. Dans le sport professionnel, si les clubs sont bien gérés, le classement final correspond quasiment aux budgets. J’ai l’impression que les Qataris ne font pas n’importe quoi. Leonardo et Ancelotti sont des gens compétents. S’ils affectent bien leurs ressources, ça va être compliqué. Sur un match ou deux matches, tout est possible. Sur un championnat, c’est plus compliqué. Mais ça nous motive. On a d’autres valeurs à l’OM. Nos joueurs sont des combattants. Ils sont soudés. A partir de là, on verra ce qu’on peut faire. »

La rénovation du Vélodrome
« C’est un très gros problème. La dernière fois que le stade a été en travaux, on a été relégué (au milieu des années 90, ndlr). C’est une catastrophe. On a l’impression d’être à l’extérieur à tous les matches. On va perdre 30 millions d’euros de recettes sur la billetterie cette saison. Et on n’a rien en face pour compenser. Le stade n’est pas à nous (il appartient à la municipalité, ndlr). Ça va être un magnifique outil. Mais à l’heure actuelle, c’est un cadeau empoisonné pour l’OM. »

MLD pas encore partie
« L’OM a une chance incroyable, car c’est le seul actionnaire qui a les moyens d’injecter régulièrement de l’argent dans les caisses du club. Elle a pris la décision de rester. Ça l’honore. C’était la passion de son mari. Elle met une vingtaine de millions par an pour assurer la pérennité du club. Après, c’est à nous, les dirigeants, d’être bons pour maximiser nos ventes et nos achats. Elle restera le temps qu’il faut pour que l’avenir soit assuré. Moi, je resterai avec elle. Il n’y a pas de date de sortie pour l’instant. »

L’Inter Milan, un tirage abordable
« Quand on arrive en 8e de finale, il n’y a potentiellement que des mauvais tirages. Alors, l’Inter Milan, je suis plutôt content. Parmi les qualifiés, c’est la seule équipe qu’on ait déjà éliminée (en Coupe de l’UEFA en 2004, ndlr). Si on passe, ça sera un exploit. On va se nourrir de l’expérience de l’an passé. On n’est pas passé loin contre Manchester United. »