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Lama – Porato : « OM-PSG, c’est LE match du championnat »

Stéphane Porato et Bernard Lama

Stéphane Porato et Bernard Lama - -

A cinq jours d’OM-PSG, Bernard Lama et Stéphane Porato étaient les invités de Luis Attaque. L’ancien gardien parisien et son homologue marseillais se sont remémoré leurs meilleurs souvenirs de ces chocs à l’atmosphère si particulière.

Messieurs, quels sont vos souvenirs des chocs entre l’OM et le PSG ?

Lama : Après coup, on va dire que ce sont de bons souvenirs. Cela n’était pas forcément de grands matchs. Au début des années 90, le PSG est venu concurrencer Marseille, donc on a eu des matchs épiques et qui tournaient souvent à l’avantage de Marseille. Mais ce sont de grands moments car c’est LE match du championnat. Il y a toujours la même attention médiatique et une forme de tension autour de ce match.
Porato : Je me souviens surtout du match qui nous a un peu privés du titre en 1999, où Marco Simone et Bruno Rodriguez avaient marqué sur la fin alors qu’on menait et qu’on était en bonne position pour finaliser notre championnat. Mais le contexte fait qu’on aime ce genre de rencontres. On attend toujours ce match avec impatience.

Bernard, en 1999, avez-vous fait exprès de perdre le match de la dernière journée face à Bordeaux (3-2) pour que l’OM ne soit pas champion ?

Lama : Je peux surtout dire que, derrière moi, les remplaçants bordelais n’arrêtaient pas de m’engueuler et me demandaient de laisser entrer le ballon. Si le ballon est entré, c’est que Bordeaux l’a mérité. J’entends souvent dire que le PSG aurait donné ce match à Bordeaux, mais j’avais le challenge de finir parmi les meilleures défenses du championnat, donc pour moi, il était hors de question d’encaisser des buts. Si j’en ai encaissés, c’est que je ne pouvais pas faire autrement.

Lama : « En 1992, c’était une vraie boucherie »

Pensez-vous qu’aujourd’hui cette affiche se déroule dans un meilleur climat qu’à votre époque ?

Lama : Au début des années 90, il y avait une domination de Marseille. Mais avec l’arrivée de Canal +, le PSG est devenu un vrai concurrent et a remplacé un peu Bordeaux. Marseille avait un président (Bernard Tapie, ndlr) qui savait faire monter la pression et utiliser les paroles malheureuses de notre côté. C’est comme cela qu’on a assisté à un match qui pour moi était une vraie boucherie, que je n’avais pas du tout apprécié (20 décembre 1992, victoire des Marseillais 1-0, ndlr). On avait perdu mais c’était surtout le comportement des joueurs sur le terrain qui m’avait fortement déplu. A cette époque, on était obligé de faire des réunions en équipe de France pour calmer les choses. Cette période-là n’est pas un bon souvenir. Sans ces histoires, l’équipe de France aurait pu se qualifier pour la Coupe du monde 1994. Ça s’est calmé aujourd’hui et tant mieux.
Porato : Je ne sais pas si c’est plus calme mais ça a l’air plus facile à appréhender. Déjà à mon époque, c’était un peu plus facile. Peut-être qu’aujourd’hui, les médias sont utilisés différemment.

En tant qu’anciens gardiens, préférez-vous Salvatore Sirigu ou Steve Mandanda ?

Lama : Mandanda, ça me paraît évident ! En plus, on connaît mon style et un gardien qui ne capte pas un ballon, il n’a pas mes faveurs (rires) ! C’est plus que visible pour Sirigu. Mandanda est plus à l’aise que Sirigu en dehors de sa ligne. Il est aussi plus fiable au pied. Mais sur sa ligne, Sirigu est un des meilleurs au monde actuellement.
Porato : Je rejoins le verdict de Bernard, même si je demande à voir un peu plus longtemps Sirigu. Ce sont deux très bons gardiens de notre championnat. J’ai toujours aimé le style de nos gardiens français, qui sont plus à l’aise pour capter les ballons. Mais on se rend compte qu’il y a de plus en plus de gardiens dans le style de Sirigu et ce ne sont pas de mauvais gardiens.

Luis Attaque