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Le « plan PSG » des Qataris

Leonardo et Nasser Al-Khelaïfi

Leonardo et Nasser Al-Khelaïfi - -

Développer la notoriété du Paris Saint-Germain au Moyen-Orient est l’une des priorités de QSI, propriétaire du club depuis le printemps dernier. Avec des stars et des titres, le club parisien passerait un tremplin au niveau international. A Doha, où les Parisiens sont en stage cette semaine, les Qataris initient le mouvement.

Derrière les grues et les engins de construction, au milieu des tours qui s’élèvent à toute vitesse, quelques lieux de Doha cachent de doux rêves parisiens. Sur la Soheam Bin Hamad Road, un immeuble assez discret, moderne mais beaucoup moins fastueux que d’autres à côté, abrite le siège de Qatar Sports Investments. Le fonds propriétaire du Paris Saint-Germain depuis le printemps dernier. On y pense le PSG de demain, comme au cœur de l’immense complexe médiatique en plein expansion où Al Jazira a son quartier général. Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG et d’Al Jazira Sport, passe de l’un à l’autre. Avec la volonté de faire du PSG une référence mondiale.

Une stratégie qui se fonde d’abord sur une forte croissance de la notoriété du club parisien au Moyen-Orient, où il est encore méconnu. Exposition, renommée, attrait sont autant de pistes de travail. Il serait tentant dès lors de faire d’Al Jazira Sport le relais privilégié du PSG. « On ne donne pas une dimension exceptionnelle au PSG parce qu’il est la propriété du Qatar » dément Mohamed Ammor, directeur d’Al Jazira Sport News, la chaîne d’information sportive du groupe, qui s’assure quand même que Javier Pastore et consorts soient accessibles aux fans et profanes.

« Un bon joueur arabe, ce serait pas mal »

« Nasser Al-Khelaïfi fait en sorte que tous les matchs du Paris Saint-Germain soient retransmis, pour toucher le public qatarien » explique Emmanuel Lopez, ancien préparateur physique de Didier Deschamps. Basé au Qatar depuis deux ans et demi, consultant Ligue 1 pour Al Jazira, il est aux premières loges du « plan PSG ». « Avant, personne ne connaissait Paris, assure-t-il. Maintenant, on connait… un petit peu. » Pour rivaliser avec le Barça, le Real Madrid et Manchester United, Leonardo et Carlo Ancelotti ont une feuille de route à suivre. Avec des étapes indispensables.

« Il faut que le PSG gagne un titre, confirme Mohamed Ammor. Le championnat, ce serait la meilleure chose. Puis qu’il joue la Ligue des champions et qu’il y figure bien. Le fait de ramener des stars commence à faire rêver un petit peu. Ce serait pas mal aussi qu’il engage un bon joueur arabe. » Des chantiers déjà lancés. Si la réussite répond aux millions d’euros investis, le PSG grandira. Au Moyen-Orient et dans le monde. « Je me rappelle quand le PSG battait le Real Madrid (4-1 en 1993, ndlr) et le grand Barça de Johan Cruyff (2-1 en 1995, ndlr), glisse Ammor. Il avait atteint un grand niveau de popularité, notamment dans les pays du Maghreb. Il faudrait quelques soirées exceptionnelles. » Et de nouveaux héros, 20 ans après les Kombouaré, Ginola, Raï, Guérin…