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Le président de Rennes Nicolas Holveck appelle à "révolutionner" le foot français

Les clubs de Ligue 1 vivent une crise grave entre les matchs à huis clos et l'arrêt de Mediapro.

Le foot français va mal. Non seulement parce que les stades sont vides, la faute au coronavirus, mais aussi par ce que le nouveau diffuseur, Mediapro, a jeté l'éponge, laissant un trou qui se compte en centaines de millions. Face à l'ampleur de la crise, Nicolas Holveck, président du Stade rennais, a appelé mercredi à "révolutionner le football français".

"Il faut repenser complètement notre produit puisqu'on voit que sa valeur n'est plus celle qu'on avait imaginée", a-t-il déclaré à la presse après la victoire de Rennes face à Metz (1-0).

"Il va falloir se refonder de fond en comble, tant sur la gouvernance que sur la partie sportive. Il ne faut pas avoir peur de révolutionner le football français", a-t-il insisté.

Holveck: Des play-offs? "Il faut se poser les bonnes questions"

Cette révolution n'a rien à voir avec une possible ouverture de la Ligue 1 à des opérateurs de streaming: "Il faut peut-être penser à des formats différents, avec des matches intéressants jusqu'à la fin de saison", a-t-il ajouté.

En organisant des play-off ? "Je n'ai pas la réponse mais il faut se poser les bonnes questions".

Interrogé sur une éventuelle renégociation des salaires des joueurs avec la dépréciation anticipée des droits TV, Nicolas Holveck a estimé qu'il fallait attendre de connaître le montant que versera le nouvel opérateur.

"Pour l'instant on parle dans le vide", a-t-il expliqué. Mais "c'est certain qu'il y aura des efforts à faire, de la part de tout le monde".

Même le Stade rennais, qui bénéficie de l'ancrage financier de la famille Pinault, son actionnaire unique, devra se "redimensionner", sans toutefois renoncer à son ambition de viser les compétitions européennes chaque saison.

Antonetti: "Si vous baissez les salaires de 30%, les joueurs vont partir ailleurs"

Joueurs et entraîneurs interrogés mercredi après les matches sur une possible renégociation des contrats sont eux aussi restés prudents, rappelant pour certains les efforts consentis dans plusieurs clubs lors de la suspension du championnat au printemps.

L'entraîneur de Metz, Frédéric Antonetti, s'est cependant insurgé : "Qui a fait l'erreur Mediapro, les joueurs ou les dirigeants? Il faut trouver d'autres solutions, et la première c'est de mieux diriger le football. On n'est pas seuls au monde: si vous baissez les salaires de 30%, les joueurs vont partir ailleurs".

PK avec AFP