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Le PSG est-il « Ibradépendant » ?

Zlatan Ibrahimovic

Zlatan Ibrahimovic - -

Auteur d’un magnifique doublé dimanche au Vélodrome, Zlatan Ibrahimovic a illuminé le choc entre l’OM et le PSG (2-2). Une soirée qui confirme l’importance prise par le géant suédois dans le dispositif parisien. Au point de le rendre incontournable ?

A Paris, il y a maintenant la Tour Eiffel, le Louvre, les Champs-Elysées et… Zlatan Ibrahimovic ! En deux mois et demi, le géant suédois s’est fait une place parmi les monuments de la capitale. Arrivée avec une grosse pression sur les épaules, la star du nouveau PSG a tout de suite répondu présent. Avec la classe et la sérénité d’un joueur au talent hors du commun. En sept apparitions en Ligue 1, il a déjà frappé à neuf reprises. Une moyenne d’1,3 but par match qui l’a propulsé en tête du classement des buteurs. Une adaptation magnifiée par son doublé au Vélodrome dimanche. Une reprise façon ninja et un coup-franc supersonique, le tout en deux minutes. De quoi offrir à Paris le point du nul face à l’OM (2-2). De quoi également confirmer les craintes apparues ces dernières semaines. Ce PSG deviendrait-il « Ibradépendant » ?

La question mérite d’être posée tant le colosse de 31 ans a semblé supérieur à ses partenaires d’attaque. Dans un choc que tout le pays attendait, Jérémy Ménez et Kevin Gameiro n’ont jamais réussi à faire la différence. Javier Pastore s’est lui carrément perdu, au point d’être remplacé à la mi-temps, alors que Nene est resté sur le banc. Seul le grand Zlatan a été à la hauteur de l’événement. Sans donner l’impression de forcer. « Il a mis des buts venus d’ailleurs, admet Jérémy Morel, le latéral de l’OM. Même sans faire un grand match, il nous en met deux ». Au marquage du phénomène scandinave, Nicolas Nkoulou ne dit pas autre chose. « Avec lui, ce n’est pas facile, glisse le roc camerounais. C’est un des plus grands attaquants du monde ».

Ancelotti : « Ibrahimovic est très utile pour l’équipe »

Un attaquant imprévisible, capable de porter l’estocade à tout moment. « On l’a bien tenu mais, fidèle à lui-même, il a fait la différence sur deux coups d’éclat, résume Rod Fanni, le défenseur phocéen. C’est ce qui fait son aura. Il est assez physique mais je m’attendais à plus, parce qu’il ne vient pas forcément tout le temps à la bagarre. Il est plutôt fuyard et décroche beaucoup. » Une liberté de mouvement qui offre à Zlatan l’occasion de se faire oublier. Pour mieux surgir dans la surface adverse.

Depuis le début de l’année, l’enfant terrible de Malmö affole les compteurs. Lors de ses 39 derniers matchs (Serie A et Ligue 1), l’ancienne idole du Milan AC a marqué 37 fois. Le genre de série que seuls Lionel Messi (FC Barcelone) et Cristiano Ronaldo (Real Madrid) peuvent regarder de haut. « Je ne suis pas impressionné parce que je connais très bien Zlatan, souffle Carlo Ancelotti, l’entraîneur du PSG. C’est un grand buteur, un joueur complet. Il a beaucoup de qualités mais il a aussi un très bon caractère, très utile pour l’équipe ». Une équipe qui ne dégage pas encore une réelle force collective. Résultat, Zlatan joue tous les matches (il n’a manqué que le déplacement à Ajaccio mi-août en raison d’une douleur à la cheville), au risque de se fatiguer ou de se blesser. Mais Paris a-t-il vraiment le choix ?

Alexandre Jaquin