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Les clubs français en danger financièrement à cause du Covid-19 ?

Reprise quasi sans public, matchs reportés, incertitude sur la bonne tenue du championnat... Les clubs de Ligue 1 sont dans le flou.

La ligue 1 a repris, mais elle ne bat pas son plein. Loin s’en faut. La faute à des reports en cascade, dont un est à mettre à l’actif du Covid-19 (Marseille-Saint-Etienne qui devait initialement ouvrir le championnat 2020-2021). Mais aussi à l’absence ou presque de public qui donne à voir et entendre des stades qui se montrent vides et sonnent creux. Pourtant, malgré ce manque à gagner, les clubs de Ligue 1 ne sont pas en "danger financièrement", explique Virgile Caillet, le Délégué Général de l’UNION Sport & Cycle.

"La billetterie représente entre 8% et 15% des budgets des clubs. Ils sont dépendants des droits TV." Pas de danger de mort donc pour les 20 équipes qui composent le wagon de tête des championnats de football en France. D’autant plus que les clubs ont reçu des aides (PGE – prêt garanti par l’Etat) afin de traverser une période difficile économiquement après l’arrêt prématuré du championnat 2019-2020. En revanche, les clubs vont devoir se réinventer pour pallier le manque à gagner de la billetterie. "La digitalisation va être très importante. Le but sera de tenter d’engager le maximum de personnes pour faire en sorte que le club vive en dehors des stades. Il y a un enjeu au niveau de la réinvention de leur modèle économique." Certains auront davantage intérêt à le faire que d’autres. "Un club comme Lens s’appuie énormément sur ses recettes spectateurs. Sa surface financière n’est pas énorme, mais le public répond présent à chaque rencontre. L’absence de recettes ‘jour de match’ avec les ventes de maillots, ou d’hospitalités notamment, représentent un préjudice ; fort heureusement, les revenus liés aux nouveaux droits TV avec l’arrivée de Mediapro sur le marché permettent de pallier ce manque."

Autre motif d'inquiétude, les reports en cascade

La situation n’est pas alarmante pour les clubs de ligue1. Elle l'est davantage pour les clubs de Ligue 2 puisque la part des recettes liées à la billetterie est plus importante pour eux. En revanche, la question des reports est un vrai casse-tête. "Cela nuit à la lisibilité du championnat. On ne connaît plus la programmation du week-end. La confusion est à bannir. Il ne faut jamais oublier que le championnat domestique est vendu comme un feuilleton. Dans le cas où il y aurait trop de reports, cela nuirait à l’attractivité même du championnat de France de Ligue 1." Autre motif d’inquiétude, les reports en pagaille. La calendrier est extrêmement serré. Le championnat a repris un peu plus tard qu’à l’accoutumée, et il ne sera pas possible de le terminer un peu plus tard, en raison de la présence de l’Euro en juin prochain. "Si on n’arrive pas à tenir le fil des compétitions, il y a un enjeu économique et médiatique derrière."

C’est d’ailleurs dans cette optique que Didier Quillot, Directeur Général de la Ligue de Football Professionnel, a demandé un protocole sanitaire moins strict. Le but étant d’éviter les reports, afin de pouvoir terminer le championnat à temps. Si ça n’était pas le cas, le dernier versement des diffuseurs n’aurait pas lieu, ou alors proportionnellement au nombre de matches joués. Cela mettrait les clubs dans un nouvel embarras financier certain. 

Lucas Vinois