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Ligue 1: "Il sera très facile de s’abonner et de regarder les matches", promet Amazon

Nouveau diffuseur principal de la Ligue 1 et de la Ligue 2, Amazon a dévoilé ce mardi les grandes lignes de son offre footballistique. A cette occasion, le directeur général Europe d'Amazon Prime Video Sport, Alex Green, a accordé une interview exclusive à RMC Sport.

Alex Green, lors d’un conseil d’administration exceptionnel le 11 juin dernier, votre offre avec Canal+ et BeIN Sports a été adoptée. Un mois plus tard, pouvez-vous nous dire où les Français pourront regarder la Ligue 1 à partir du 7 août? Et la Ligue 2 la semaine prochaine ?

La nouvelle maison de la Ligue 1 sera la chaîne Prime Video Ligue 1. Elle sera disponible en exclusivité pour les membres Amazon Prime en France pour 12,99 euros par mois, un abonnement que l’on pourra arrêter à tout moment. La couverture sera assurée par certains des plus grands noms du football français. Nous en annonçons quatre aujourd’hui, des présentateurs et des commentateurs, et nous en aurons plus à annoncer par la suite. Les quatre noms annoncés aujourd’hui sont: Thibault Le Rol, Marina Lorenzo, Smaïl Bouabdellah et Julien Brun. Et nous annoncerons bientôt les noms de nos consultants et de nos experts.

Nous annonçons également que nous aurons un show du dimanche à 19 heures pour les moments forts, qui reviendra sur tout ce qui s’est passé dans le week-end avant le gros match du dimanche. Nous travaillons aussi avec la Ligue pour avancer le coup d’envoi du match du dimanche soir à 20h45, ce qui est dans l’intérêt des fans qui doivent rentrer chez eux après le match et des clubs et des joueurs pour leur donner plus de repos.

Sur la Ligue 2, que nous sommes également excités de diffuser, nous avons un partenariat pour le début de saison avec La chaîne L’Equipe, qui diffusera les matches de Ligue 2 gratuitement pour les dix premières journées, jusqu’à fin septembre. A partir de ce moment-là, les matches de L2 seront diffusés sur la chaîne Prime Video Ligue 1.

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Concrètement, donc, combien devront débourser les abonnés pour voir la Ligue 1 et la Ligue 2 ?

C’est 12,99 euros par mois. Et vous devez être membre Amazon Prime pour y accéder, ce qui correspond à 5,99 euros par mois ou 49 euros par an.

Comment faire pour s’abonner à Prime Video Ligue 1 ?

C’est facile. On pourra s’abonner en un clic. On a fait en sorte que ce soit facile. Et plus important encore, ce sera facile à regarder car on pourra le voir sur des centaines d’appareils. C’est accessible via les boxes des principaux opérateurs donc il sera très facile de s’abonner et de regarder les matches.

Comment diffuserez-vous ces rencontres ?

Nous serons dans chaque stade, au bord de la pelouse, avec un show d’avant-match et un show d’après-match avec des interviews. Les gens pourront sentir l’atmosphère sur place. Notre focus dès le départ sera sur le live des matches. C’est ce dont les gens ont besoin, ils veulent voir leur équipe. On développera ensuite d’autres contenus et d’autres shows.

Où seront situés vos studios ?

Comme je disais, nous serons partout dans le pays. Chaque stade est notre studio. C’est comme ça que nous couvrons la Premier League et d’autres événements sportifs. Nous voulons être au plus près de l’action.

Mais où seront situés vos locaux ?

Nous avons des bureaux à Paris, mais la plupart des gens seront sur la route.

Allez-vous vous appuyer sur d’autres acteurs du marché avec un accord de diffusion ?

Nous n’avons pas d’autres plans pour ça à part l’annonce d’accord avec L’Equipe. Il y a beaucoup de membres Amazon Prime en France et c’est notre moyen de distribution. Ce sera facile de trouver le service et de nous regarder.

Aucune négociation avec le groupe Canal, donc ?

Non. Avec personne, d’ailleurs. Il n’y a aucune discussion pour d’autres partenariats.

Selon nos informations, lors de la dernière assemblée générale de la LFP, vous avez déclaré ne pas pouvoir innover dès le début du championnat. Est-ce vrai ? Et comment améliorer la qualité de la diffusion du football français ?

L’approche d’Amazon, c’est que nous tentons de nous améliorer chaque jour, à chaque match. On fait ça pour tous les sports que nous couvrons. Le message que j’ai fait passer à l’assemblée générale est qu’il n’y aurait pas d’innovations et de choses nouvelles au début car nous n’avons pas beaucoup de temps. C’est la réalité. Mais je suis confiant sur le fait que nous produirons les matches de la bonne façon et qu’on grandira au fur et à mesure sur ce plan. Et bien sûr, que vous verrez des innovations avec le temps. Nous sommes Amazon, c’est ce que nous faisons.

Vous avez évoqué des noms de journalistes. Pouvez-vous en donner un en ce qui concerne les consultants ? Ou au moins des pistes ?

Non. (Rires.) Pas aujourd’hui. Mais nous aurons beaucoup de consultants, ne vous inquiétez pas.

On a beaucoup évoqué le lot 3, détenu par BeIN et sous-licencié à Canal. Seriez-vous prêt à le racheter ? Et si oui, à quel prix ?

C’est leur lot, pas le nôtre. On a déjà un gros lot sur lequel nous sommes concentrés, avec beaucoup de matches, et c’est ce que nous voulons proposer.

Quelle sera la ligne éditoriale de votre traitement de la Ligue 1 ? Seriez-vous intéressé, par exemple, par quelqu’un comme Pierre Ménès ?

Pierre Ménès? Qui est-ce? On ne parle d’aucun journaliste à part les noms donnés. Comme je l’ai dit, notre approche générale est d’être au plus proche de l’action, d’avoir des experts très crédibles et des têtes familières. Mais le plus important reste d’être au plus proche de l’action. C’est ce que les fans veulent, on l’a vu en Grande-Bretagne, ailleurs et même à Roland-Garros.

Quel est l’état de vos relations avec la Ligue ? On a entendu parler de tensions lors de la dernière assemblée générale, par exemple à propos de la production…

Vous me l’apprenez... Nos relations avec la Ligue sont très bonnes. Nous sommes de bons partenaires et nous travaillons ensemble pour apporter le meilleur aux fans.

Quid de l’Elysée, qui serait agacé du comportement de Canal et BeIN dans cette affaire. Avez-vous échangé avec le président de la République sur ce sujet ? Et quel est votre regard sur cette situation ?  

(Rires.) Le président n’a pas le temps pour parler avec moi, j’en suis sûr. Je ne lui ai pas parlé du tout, non.

Comment Amazon a-t-il décidé de cet investissement ? Jeff Bezos était-il impliqué avant son départ ?

La situation a évolué et on a vu ça comme une opportunité fantastique pour soutenir le foot français et rendre quelque chose aux fans. C’est pour ça qu’on a fait une offre, et on était très reconnaissant qu’elle soit acceptée. C’est tout ce que je peux dire là-dessus.

Avez-vous déjà des idées pour des documentaires ou des séries, comme cela a déjà été fait avec des clubs de Premier League ? Et les clubs français sont-ils prêts à vous ouvrir leurs portes pour ce genre de choses ?

Nous avons travaillé avec le PSG, comme vous le savez, et nous continuons à investir dans des documentaires sportifs. On n’a rien à annoncer avec des clubs français mais on continue à investir, à l’image de l’accord annoncé récemment avec Arsenal en Grande-Bretagne.

Pouvez-vous nous assurer aujourd’hui que vous allez vous implanter à long terme dans le football français ?

Absolument, oui. Nous sommes engagés dans le football français. Totalement engagés. C’est très important pour nous. Chez Amazon, quand on est dedans, on est dedans à fond, et on essaye de donner le meilleur et d’avoir le plus de succès possible.

Si on vous demande cela, c’est bien sûr en référence à Mediapro. Un fiasco du même ordre est-il envisageable avec Amazon ?

Je ne commenterai pas la situation de Mediapro ou celle d’autres diffuseurs. Nous sommes Amazon, nous faisons les choses comme nous savons les faire et nous n’aurions pas investi dans le foot français si on ne pensait pas qu’on avait une très bonne chance de faire en sorte que ça marche.

Propos recueillis par Arthur Perrot