RMC Sport

Lille, le sous-marin rouge

-

- - -

Leaders du championnat du championnat depuis la 16e journée, avec quatre points d’avance sur Marseille, les Lillois, qui se déplacent à Monaco ce samedi (19h), refusent publiquement de faire du titre un objectif. Un discours calculé, qui suscite l’agacement de certains.

Voilà qui pourrait faire sourire DSK ! A l’instar de la coqueluche des sondages, les joueurs lillois font du silence leur règle d’or. Pas question de sortir trop tôt du confortable fauteuil de l’outsider en tête des pronostics pour évoquer le titre de champion de France. « C’est comme en politique, glisse Rudi Garcia. Il y a un moment pour se porter candidat. Et là, ce n’est pas le moment. »

Une vieille ruse de sioux qui ressurgit à chaque fois qu’une équipe inattendue secoue un peu le haut du tableau de Ligue 1. A ce jeu-là, le Guy Roux des années 90 aurait d’ailleurs remporté la coiffe à plumes d’or. « Il disait viser le maintien alors qu’il était dans les trois premiers », se remémore avec amusement le Marseillais Edouard Cissé.

A la lutte avec Lille pour le titre, le milieu de terrain goûte en revanche beaucoup moins à ce discours lorsqu’il est porté par les hommes de Rudi Garcia. « Ils ne veulent pas se porter le mauvais œil, estime-t-il. Mais honnêtement, ce n’est pas objectif. Ce n’est pas cool de dire qu’ils ne visent pas le titre alors qu’ils ont quatre points d’avance et qu’ils sont leaders. Personne ne les croit. Nous ne sommes pas dupes. »

Garcia : « On verra à trois ou quatre journée de la fin »

Dupe ou pas, l’ancien Parisien oublie que le mot d’ordre était exactement le même à Marseille l’an passé. Mais en briscard, il tente un coup d’esbroufe, histoire d’affecter le mental un brin friable d’une équipe lilloise réputée pour sombrer en fin de saison. « Personnellement, ça ne me touche pas, lui répond Yohan Cabaye. On n’en a même pas parlé entre nous aujourd’hui. Le plus important, c’est de savoir qu’on est devant et que ce sont eux qui nous chassent. Après, ils peuvent dire ce qu’ils veulent, mais il ne faut pas rentrer là-dedans. Les attaques comme celles-ci vont se multiplier d’ici à la fin de la saison si on reste devant. »

En attendant, les Lillois préfèrent cultiver la discrétion. « On est dans la dernière ligne droite, pas dans le sprint final, se justifie Rudi Garcia. Quand les trois ou quatre dernières journées arriveront, on verra où on se situe. Si on est à portée de la première place, on dira ouvertement qu’on la joue. » Avant le résultat final. Au mois de mai, comme il est d’usage.