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Lille-PSG : bridé par la braderie

Salomon Kalou

Salomon Kalou - -

La programmation de l’affiche LOSC-PSG ce dimanche (21h), le même week-end que la grande braderie de Lille, met les forces de l’ordre sur les dents. Comme les supporters qui resteront hors du Grand Stade. Grogne et déception.

« On est un peu dégouté », « les responsables du foot français ne sont pas terribles », « une affiche de Ligue des champions qui n’aura pas d’ambiance ». A Lille, la rue rouspète. Et pourtant ! Entre l’affiche de cette quatrième journée de Ligue 1, le LOSC (8e avec 5 points) face au PSG (11e avec 3 pts), et la grande braderie, les habitants de Lille devraient être comblés. C’est malheureusement tout le contraire. La collision de ces deux évènements va priver de nombreux supporters de Grand Stade. Dimanche soir, ils ne seront que 30 000 pour 50 000 places. La nouvelle enceinte du LOSC sonnera un peu creux. Le prix à payer pour satisfaire à la sécurité…

Il y a plusieurs semaines, la préfecture et la mairie ont tenté – en vain – de faire déplacer le match. Refus de la Ligue « pour des raisons de calendrier », a expliqué le préfet du Nord, Dominique Bur. Mises devant le fait accompli, les autorités ont « bunkérisé » la capitale du Nord, qui attend 1,5 million de visiteurs pour sa traditionnelle braderie. Quelque 2200 policiers et CRS sont prévus, contre 1600 en temps normal. Sur les douze compagnies mobiles, six seront affectées à la braderie dans le centre-ville, auxquelles ont été adjointes deux autres pour suivre les supporteurs, quatre seront postées autour du stade et une escortera les 600 supporteurs parisiens. Seuls ceux convoyés et encadrés dans les bus du PSG seront tolérés.

« On est doublement pénalisé »

Mais ce sont surtout les Lillois qui trinquent. Pas de billetterie. Seuls les abonnés pourront voir la bande à « Zlatan » fouler le pré du Grand Stade. « Quand on voit les deux soirées qu’on a vécues au stade (contre Nancy et Copenhague, ndlr), quand on imagine ce que ça aurait pu être à guichets fermés… », regrette Mickaël Landreau, le gardien international du LOSC. La sévérité du dispositif fait écho aux violences survenues ces dernières saisons entre bandes rivales à Lille. Le 29 avril, Parisiens et Lillois se sont affrontés dans le centre-ville. Douze interpellations. Le 18 février 2011, hooligans néerlandais et lillois sèment la zizanie, toujours au cœur de la cité, avant Lille-PSV Eindhoven. Trente interpellations.

La Direction nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), cellule rattachée au ministère de l’Intérieur, a classé la rencontre de dimanche à hauts risques. Dans ce contexte, la juxtaposition avec la braderie ne pouvait que faire grincer des dents. C’est aussi un mauvais coup pour la direction du LOSC. Au manque à vibrer dans les tribunes, le club s’attend également à une perte sèche en termes de billetterie. « On est doublement pénalisé, déplore Frédéric Paquet, directeur général adjoint du champion de France 2011. C’est un manque à gagner important pour le club et une frustration généralisée pour tous les gens qui ne pourront pas participer à ce beau match. » Quand la braderie bride la fête.

Louis Chenaille (avec J.B. à Lille)