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LOSC: finances, mercato… le nouveau propriétaire détaille sa stratégie

S’exprimant dans un entretien au site italien Calcio e Finanza, Alessandro Barnaba, à la tête du fonds Melvyn Advisors, propriétaire du LOSC, est revenu sur le rachat du club et son ambition pour les saisons à venir.

Sacré champion de France, Lille a connu une saison en montagnes russes, marquée par des bouleversements majeurs, notamment un changement de propriétaire en décembre 2020, avec la prise en main du fonds luxembourgeois Merlyn Advisors. Alessandro Barnaba, son fondateur, a accordé un entretien à Calcio e Finanza, site qui traite de l’économie du football en Italie. L’ancien patron de la banque d’affaires JP Morgan est revenu sur les premières manœuvres lors de son arrivée.

"Quand nous sommes arrivés à la tête du club, l'équipe était très bien classée et faisait une bonne saison, rappelle Alessandro Barnaba. On s'est focalisé sur la restructuration interne, avec l'arrivée d'un président (Olivier Létang) qui sait gérer ce genre de business en s'intéressant à ce qui se passe, sur et en dehors des terrains. Sur le terrain, c'est Christophe Galtier qui a réussi à tirer, non pas 100%, mais peut-être 110% des joueurs en leur faisant entrer dans la tête que l'exploit était possible."

Mais pour créer cet environnement de la performance, il fallait écarter au plus vite le risque d’une cessation de paiement dont parlait Olivier Létang lors de son arrivée. Les nouveaux propriétaires ont donc injecté 50 millions d’euros en liquidités. "On a eu la chance d'acheter un club qui, même s'il n'était pas en bonne santé financière, s'appuyait sur un très bon organigramme sportif, ce qui nous a permis d'avoir rapidement des ambitions cette saison, nuance Barnaba. Mais la pandémie d'un côté et la débâcle de Mediapro de l'autre ont accru les tensions sur le plan financier et nous ont obligé à une augmentation de capital de 40 millions d'euros en janvier."

Un projet économique durable et équilibré

Les dirigeants, qui avaient promis que le club ne s'affaiblirait pas au mercato hivernal, ont tenu parole, et le sportif est resté au centre de l'équation, permettant ainsi une transition en douceur. "La stabilité financière a permis de conserver l'effectif, c'est la base", rappelait un Galtier reconnaissant, après le titre. "On devait faire passer ce club qui avait une stratégie de trading, où le seul moyen d'arriver à l'équilibre financier était de générer des plus-values sur les joueurs, à une stratégie plus globale, avec une stabilité du cash disponible, avec un équilibre entre le sportif, le développement commercial, les droits TV, les revenus du stade quand il rouvrira…", insiste Barnaba.

La seule stratégie viable, selon Merlyn Advisors, pour obtenir une valeur fondée sur des capitaux propres, et ainsi construire un projet solide, de façon durable. "Notre projet est de continuer à avoir une équipe compétitive dont l'objectif est la qualification en Ligue des champions et où la Ligue Europa est le minimum du minimum, prévient Alessandro Barnaba. Mais c'est évident qu'en France, hormis le PSG, aucun club n'est dans la capacité de retenir des joueurs talentueux dont la fin de contrat approche. Il est donc normal de voir partir tant de jeunes talentueux qui sont attirés par l'étranger et des salaires qu'on ne peut pas donner en Ligue 1."

Si l’objectif du club sous pavillon luxembourgeois est de conserver ses meilleurs joueurs malgré tout, le LOSC ne parviendra pas à retenir l’un des hommes forts de sa saison, le gardien international Mike Maignan, proche de rejoindre l’AC Milan: "Mike Maignan est un grand gardien qui a tout pour devenir un très grand gardien. Il a l'énergie nécessaire pour réclamer l'attention de tous et pour défendre son but. Il a la confiance d'un vétéran et les réflexes d'un joueur de 20 ans. Je suis sûr qu'il deviendra le gardien numéro 1 de l'équipe de France et c'est vraiment dommage de le voir partir, mais comme je l'ai déjà dit, son contrat arrivait bientôt à échéance et c'est difficile de retenir un joueur qui peut aller dans un championnat bien plus riche que la Ligue 1."

QM