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Monaco-Marseille : l’OM refait le coup de la panne

Marseille battu à Monaco (1-0)

Marseille battu à Monaco (1-0) - AFP

Défait à Monaco (1-0), comme il l’avait été à Lyon et à Paris, Marseille a confirmé son incapacité à prendre des points contre les « gros » du championnat. Toujours leaders avec un point d’avance sur le PSG, les Phocéens ont manqué l’occasion de s’assurer l’honorifique titre de champions d’automne.

A force, la coïncidence n’en est plus une. Elle a viré à la défaillance. Auteur d’un beau parcours en championnat, qui lui permet d’être toujours leader avec un point d’avance sur Paris avant le dernier match de la phase aller, Marseille ne sait pas gagner contre les « gros ». Comme à Lyon (1-0) et à Paris (2-0), les hommes de Marcelo Bielsa sont repartis de Monaco, ce dimanche, avec une défaite au compteur et aucun but marqué (1-0). Souvent implacable contre les équipes plus éloignées au classement, avec un pressing et une dépense physique qui finissent toujours plus ou moins par payer, l’OM ne parvient pas à faire montre de la même efficacité dès que l’adversité prend un tour plus compliqué.

Résultat ? En position pour s’assurer dès ce week-end du titre de champion d’automne, suite au faux-pas du PSG à Guingamp plus tôt dans la journée (défaite 1-0), les Phocéens ont manqué le coche. Toujours une longueur devant, ils peuvent encore s’adjuger l’honorifique couronne de mi-saison. Mais pour cela, il faudra certainement un autre résultat dans une semaine. Alors que le PSG accueillera Montpellier au Parc, Marseille fera de même avec Lille au Vélodrome. Une chance pour les Olympiens : on ne peut pas vraiment considérer le LOSC de cette saison, 12e après 18 journées, comme un « gros ».

Payet et Thauvin passent à côté

Pour mieux comprendre cette propension à la chute contre ses rivaux directs, il faut surtout se tourner vers les individualités phocéennes. Comme dans d’autres grandes occasions, les leaders techniques encensés ces dernières semaines n’ont pas été à la hauteur sur le Rocher. Les très en forme Payet et Thauvin ? Pas fantomatiques mais presque. Gignac ? Moins décevant, certes, mais tout de même à ranger dans le même sac. Fidèle à la volonté de jeu de Bielsa, Marseille avait pourtant accaparé le cuir en première période. Une possession de plus de 60% – Marseille n’a encore jamais été dominé dans ce secteur en 18 matches de L1 cette saison – qui débouchait sur de belles occasions (9e, 16e, 42e) mais rien d’assez décisif pour faire évoluer le tableau d’affichage. En face, un Monaco accablé par les blessures dans toutes les lignes suivait à la lettre le plan de Leonardo Jardim en se montrant dangereux sur des contres. Une perte de balle voyait Martial expédier un boulet de canon sur la barre (10e). Et Ferreira Carrasco obligeait Mandanda à se détendre pour détourner le ballon en corner (39e). On se dit alors que l’inefficacité marseillaise va finir par jouer des tours aux hommes de Bielsa. Tout juste.

Après un début de seconde période sur un rythme plutôt endormi, Ferreira Carrasco s’effaçait intelligemment sur un centre de Martial et Bernardo Silva pouvait conclure (1-0, 67e). On attend alors la réaction phocéenne. Elle ne viendra pas. Avec dans l’air un palpable manque d’envie et d’enthousiasme, pourtant rare cette saison à l’OM. Bielsa en aura tout de même profité pour préparer l’avenir : entré en jeu à la place de Lemina, le jeune Bilal Boutobba est devenu, à 16 ans, le plus jeune joueur à porter le maillot marseillais en match officiel. Mais pour l’instant, il faut surtout penser au futur proche. A ce titre de champion d’automne qui pourrait filer entre les pieds d’un OM qui ne mérite pourtant pas ça après sa belle phase aller. Pour s’éviter cette péripétie, les Marseillais savent ce qu’il leur reste à faire. Battre Lille. Pour le reste, et notamment cette incapacité à prendre des points contre ses rivaux les plus sérieux, il faudra attendre la seconde moitié d’exercice pour en savoir plus. Une période où l’OM recevra le PSG, l’OL et Monaco (désormais 6e). Si les résultats sont les mêmes qu’à l’aller, Marseille ne pourra, sauf miracle, plus rêver de titre.

Alexandre Herbinet