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Mort de Pape Diouf: pourquoi il avait été nommé président de l’OM "de force"

Mort à 68 ans ce mardi à Dakar, du coronavirus, Pape Diouf a été président de l’OM de 2005 à 2009. L’ancien boxeur Louis Acariès, alors chargé d’un audit du club, l’avait imposé "de force".

Il n’a duré que quatre ans. Mais il est indélébile. Le passage de Pape Diouf à la tête de l’OM, de 2005 à 2009, a considérablement marqué les supporters marseillais. Ancien journaliste, ex-agent de joueurs de haut niveau, il a su redonner une âme, une fierté, à l’OM, tout en réussissant des coups de grande qualité avec des joueurs (Ribéry, Niang, Valbuena…) et un entraîneur (Gerets) rapidement adoptés par le Vélodrome. Mais dans le panier de crabes qu’était l’OM à l’époque, Pape Diouf n’était pas désiré par tous au poste de président à l’été 2005. Arrivé au club un an plus tôt comme manager général, il était devenu président par intérim en janvier 2005. Et c’est l’ancien boxeur Louis Acariès, proche de l’actionnaire Robert Louis-Dreyfus et chargé d’un audit, qui a bataillé pour lui donner les rênes.

"Robert Louis-Dreyfus voulait remettre de l’ordre dans le club et avait chargé Louis Acariès de trouver l’homme de la situation, se souvient l’ancien coach marseillais Rolland Courbis. Louis me tenait amicalement au courant. Dans sa mission, qui avait duré plusieurs semaines, il avait trouvé que la bonne idée pour le président de l’OM, c’était Pape. Il m’avait dit qu’il connaissait tout le monde, la région, le club, les joueurs, les médias, qu’il avait de la prestance. Avec toute cette liste, j’avais dit pourquoi pas. Ça a été une très bonne idée."

"Il réunissait toutes les qualités pour être un bon président de l’OM"

"Je pense que le conseil de surveillance et Robert Louis-Dreyfus avaient tourné la page, a expliqué Louis Acariès sur RMC ce mardi soir. Je l’ai imposé. J’avais le mandat de choisir le président. Je suis arrivé officiellement en novembre 2004. Officieusement, ça faisait longtemps que j’étais arrivé. Il fallait mettre un président à la place de (Christophe) Bouchet. J’ai attendu quelques mois pour concrétiser mes pensées et le faire admettre à tout le monde. Bouchet l’avait fait venir en tant que directeur sportif. J’avais trouvé que cet homme-là était le président idoine pour l’OM. Donc je l’ai imposé. Et je ne l’ai jamais dit, mais de force."

Quatre ans plus tard, à quelques jours de sa mort, Robert Louis-Dreyfus a signifié la fin de l’aventure à Pape Diouf, remplacé par Jean-Claude Dassier. "A la dernière intersaison (en 2009, ndlr), il est obligé de partir à cause de trahisons, rappelle Rolland Courbis. Et avant de partir, il remplace Gerets par Deschamps, il s’occupe des recrutements. L’OM est champion l’année suivante. Il réunissait toutes les qualités pour être un bon président de l’OM." Comme Rolland Courbis, Louis Acariès est très ému depuis l’annonce de la mort de Pape Diouf ce mardi soir. "Je l’ai eu il y a une dizaine de jours. Il était bien, mon Papou. J’étais le seul à l’appeler Papou. Je suis vraiment bouleversé. Dans l’intimité, il était sympathique, on pouvait rire avec lui. C’était un vrai pote. Avec ma famille, on le regrette vraiment." Comme toute la famille OM.

LP