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Motta : « Je ne suis pas un provocateur »

Thiago Motta

Thiago Motta - -

EXCLU RMC SPORT. Invité de Luis Attaque sur RMC, Thiago Motta a fait le tour de l’actualité du PSG. Pour le milieu de terrain parisien, son équipe est en progression constante et postule à la victoire en Ligue des champions.

Thiago, êtes-vous heureux à Paris ?

J’ai connu beaucoup de clubs et je m’y suis toujours plutôt bien senti. Cette année, quand le championnat a commencé, c’est le moment où je me suis trouvé le mieux depuis que je suis au PSG, tant physiquement que mentalement. Je me suis retrouvé dans les meilleures dispositions.

Le PSG de cette année est-il plus fort que l'année dernière ?

Oui, clairement. Je crois que l’année dernière, on a disputé beaucoup de matchs de très haut niveau, mais d’autres fois non. Sur certains matches, on n’était pas au même niveau. On était à un niveau inférieur par rapport à ce qu’on pouvait faire avec notre potentiel. Cette année, c’est différent. On a une vraie continuité dans nos résultats et dans notre manière de jouer. C’est une façon de jouer qui convient bien aux caractéristiques de notre effectif donc, oui, je peux le dire, nous sommes bien meilleurs que l’année dernière.

Appréciez-vous la façon dont Laurent Blanc fait jouer votre équipe ?

Je pense qu’on a beaucoup appris de l’année dernière et on essaye de s’inspirer de ce qui peut se faire à Barcelone, même si on a pu entendre quelques critiques sur leur jeu lors des deux ou trois dernières années, au niveau de la possession du ballon. Mais pour nous, c’est vraiment la meilleure façon de contrôler un match. Avoir le ballon nous permet d’avoir l’avantage et à un moment de faire la différence. Avec les caractéristiques de l’équipe, c’est la meilleure façon de jouer.

Etes-vous en mesure de gagner la Ligue des champions dès cette année ?

Ce n’est pas facile de gagner la Ligue des champions mais aujourd’hui, on fait partie des cinq équipes capables de la gagner. Quand tout le monde se met au diapason pour défendre et récupérer le ballon, je me dis qu’on a vraiment nos chances. Beaucoup d’adversaires vont souffrir contre nous si on joue ainsi. Ça dépend de nous. Il faudra être bien au moment du match décisif, c’est primordial. On a la qualité pour gagner ce genre de matches. Mais on verra bien, ce n’est pas le moment d’en parler.

« Avec Ibra, c'est plus facile »

Allez-vous gagner le championnat très facilement ?

Sincèrement, non. Tous les matchs ne sont pas faciles car en face, il y a onze joueurs qui donnent tout. Quand tu joues dans un grand club, tu joues toujours contre des adversaires très motivés. J’ai joué au Genoa et quand tu joues dans ces « petites » équipes, lorsque tu affrontes Milan, l’Inter ou la Juve, tu te donnes à 200% pour gagner le match. Chaque match est difficile pour nous et il faut l’aborder comme le dernier, à Reims (3-0).

En plus de vos qualités techniques, votre « vice » est aussi un de vos atouts sur le terrain...

Non, je ne pense pas être un provocateur. Ça ne me plaît pas d’entendre ça. A Reims, c’était ponctuel (il a essayé de déconcentrer Grzegorz Krychowiak, qui allait frapper un penalty, ndlr), la vérité d’un match. Avant, j’avais reçu un carton jaune que je ne méritais pas. Chacun essaye de faire gagner son équipe, ça peut arriver. Ça ne m’est jamais arrivé d’aller provoquer une faute adverse. En revanche, j’ai déjà craqué face à la provocation quand je manquais d’expérience et de maturité. C’est pour ça que je refuse d’entendre que je suis un provocateur.

Est-ce plus facile de jouer avec Zlatan Ibrahimovic ou Mario Balotelli ?

Avec Ibra, c’est plus facile. J’ai connu Mario à l’Inter, c’est un très bon joueur mais il était jeune. Je ne sais pas comment était Ibra au même âge. Mais Mario est un très bon joueur, celui qui doit nous mettre les buts en sélection, mais je suis plus à l’aise avec Ibra. Il aime bien avoir le ballon, ça va avec notre façon de jouer. Quand on est en difficulté au milieu de terrain, on lui donne le ballon et il arrive à la garder ou à inventer quelque chose.

« La France est au même niveau que l'Italie »

Jouer une Coupe du monde au Brésil, votre pays natal, avec la sélection italienne, va être un moment très spécial...

Oui, c’est quelque chose de spécial. Je suis né au Brésil mais j’ai le privilège de jouer pour la sélection italienne car une partie de ma famille est née en Italie. Je donne tout pour le PSG mais j’ai cet objectif dans un coin de ma tête. Mais les choses viennent naturellement. Il faut que je sois bon en club et la conséquence sera de disputer cette Coupe du monde.

Aimeriez-vous rencontrer la France au 1er tour du Mondial ?

Non, je n’espère pas jouer contre la France car même si elle s’est qualifiée en barrages, ça reste une équipe très forte. Je la mets au même niveau que l’Italie. Il y a certaines équipes au-dessus, comme l’Allemagne, l’Espagne ou le Brésil, et ensuite des outsiders comme la France et l’Italie. Donc je préférerais rencontrer les Français un peu plus tard.

Pour vous, qui sera Ballon d'Or ?

Comme j’ai dit il y a un mois, mon favori est Messi. Mais comme il n’est pas bien en ce moment, Ribéry, Ibrahimovic ou Ronaldo ont leurs chances. Je ne peux pas avoir de favori entre ces trois-là. Ils n’ont pas une grande différence de niveau. En revanche, Messi créé cette différence. S’il était là, il n’y aurait même pas de débat. Mais si je dois espérer pour quelqu’un, je le ferais pour Ibra parce que c’est mon partenaire en club et je serais très content s’il le gagnait.

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Luis Attaque