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Niang juge ses remplaçants

Mamadou Niang

Mamadou Niang - -

L’ancien capitaine de l’OM pose un œil critique sur les performances du duo Gignac-Rémy, incapable pour le moment, de l’éclipser sur le front de l’attaque phocéenne. Il distille même quelques conseils au premier, régulièrement sifflé au Vélodrome.

Un but en 14 sorties en Ligue 1 pour le premier. Cinq de plus pour le second avec un temps de jeu légèrement supérieur (16 matches). Et une seule vérité. Comptable. Implacable surtout. Avec sept buts à eux deux à mi-parcours en championnat, André-Pierre Gignac et Loïc Rémy font aussi bien en compétition domestique que Mamadou Niang sur la même période lors de son ultime saison sur la Canebière. Niang, l’homme qui avait achevé le dernier exercice avec la coiffe de meilleur buteur de l’élite sur le crâne (18 buts). L’artificier surtout que l’OM n’a toujours pas remplacé.

Désormais à Fenerbahçe, l’ancien capitaine phocéen ne perd pas une miette de l’actualité de la formation olympienne. Ni les difficultés de ses deux remplaçants, qui peine à tourner la page qu’il avait su écrire ces derniers mois. « Rémy s’adapte très bien. Ça a l’air d’aller plus vite pour lui », juge Niang. L’orateur se montre plus sévère déjà avec Gignac. « C’est un très grand joueur. Il l’a déjà prouvé par le passé. Sauf que là, il est à Marseille. Pas à Toulouse. Le jeu est différent. Et les supporters moins patients. »

« Gignac ne doit pas être obsédé par le but »

La grogne du Vélodrome, Mamadou Niang l’a bien connu. Son arrivée sur le Vieux Port en juillet 2005 n’est pas de tout repos. Maladroit devant le but, l’international sénégalais s’attire vite les foudres du public phocéen. « Mon arrivée à Marseille a également été difficile. Je n’avais marqué que deux buts en championnat lors de mes six premiers mois. Ce n’était pas évident. Mais bon, j’ai eu la chance d’avoir des partenaires qui comptaient sur moi. Et José Anigo m’avait beaucoup parlé à l’époque. »

Gignac bénéficie également du soutien de son coach. Mais ces dernières semaines, son implication collective s’est étiolée, sa confiance également, laissant de plus en plus place à une furieuse attirance pour les filets adverses. Tout sauf un début de solution selon le docteur Niang. « Il ne faut pas qu’il stresse. Il ne faut pas non plus qu’il soit obsédé par le but, par le fait de marquer à tout prix. Il faut qu’il continue à jouer pour ses partenaires. Non, je ne suis pas inquiet. Il doit continuer à travailler. Une fois qu’il aura marqué, il enchaînera les buts. » En clair, Niang rêve de voir Gignac marcher sur ses traces. Et estime le Martégal capable de remplir ce contrat. L’intéressé a cinq mois désormais pour le prouver.

Alix Dulac