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OM : pourquoi le Vélodrome était à moitié vide… et c’était déjà "miraculeux"

Une banderole qui s'adressait aux joueurs de l'OM

Une banderole qui s'adressait aux joueurs de l'OM - AFP

L’affluence était bien faible au Vélodrome dimanche soir, pour OM-OL. Pourquoi les Marseillais désertent-ils leur antre ? Eléments de réponse avec Michel Tonini, le président des Yankees.

Avec seulement 32 564 personnes dans les travées, OM-OL a été loin de faire recette au Vélodrome dimanche soir. Le stade était rempli à moins de 50% (67 000 places). Et ce n’est pas le spectacle proposé qui va faire revenir en masse les supporters marseillais... Il n’y a plus que 17 500 abonnés, la moitié du total de l’année dernière. Et encore, beaucoup l’avaient pris pour Marcelo Bielsa, qui a mis les voiles dès la première journée de Ligue 1. Pourquoi les fans de l’OM, qui attendent de voir le milliardaire américain Frank McCourt prendre les commandes, ont-ils déserté le Vélodrome ? Eléments de réponse avec Michel Tonini, le président des Yankees, groupe de supporters influent du virage nord.

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Une équipe qui ne fait pas rêver

"Je pense que 32 000 personnes, c’est miraculeux. Très sincèrement, je ne pensais pas qu’on serait autant. Il y a quand même une situation sportive très dégradée, pour ne pas dire catastrophique. On a une équipe très faible. (…) Le supporter de l’OM, il va au stade parce qu’il a envie de prendre du plaisir. Il a envie de vibrer, il a envie d’encourager une équipe, de se sentir investi d’une mission. Mais là, on pousse quoi ? On a une équipe pitoyable."

Une politique qui a laissé des traces

"Il ne faut pas oublier qu’on vit aujourd’hui la conséquence d’un massacre programmé par notre ancien président (Vincent Labrune, ndlr), qui a été en quelque sorte confirmé par Margarita Louis-Dreyfus parce qu’elle n’a pas voulu réagir pour améliorer la situation. Aujourd’hui, les supporters sont en attente d’un repreneur, de jours meilleurs. Force est de constater que ce n’est plus l’Olympique de Marseille qu’on va encourager. C’est autre chose. (…) En début de saison, on n’a même pas une perspective d’avenir. On n’a rien recruté. On n’a aucune ambition. C’est très difficile d’attirer les foules et de galvaniser un stade quand on s’appelle l’OM mais que derrière, il n’y a plus rien."

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Une compétitivité générale en berne

"Le football français en général ne fait pas rêver. Il n’a jamais trop fait rêver. Là, il se met à une place qui n’existait plus depuis les années 60."

Une entrave au supporterisme qui pèse lourd

"Ce sont les supporters les plus acharnés, les plus démonstratifs, qui sont punis par les interdictions de déplacements. Le nouveau principe, c’est le principe de précaution. Comme on a peur de débordements, de je ne sais quoi, on interdit. Nous, on n’a pas pu aller à Nice. Les Lyonnais n’avaient pas le droit de venir donc je suppose que nous, on n’aura pas le droit d’aller à Lyon. L’année dernière, on a eu neuf interdictions de déplacement, cinq matchs à huis clos. Au bout du compte, ça commence à peser. Si en début de saison, on se dit qu’on va être obligé de subir ce genre de vexation, pourquoi aller encore au stade ?"

Une nouvelle ère pour retrouver la flamme

"Quand Tapie est arrivé, le club était moribond, le stade était vide. Le stade s’est rempli, la folie a repris. Le supporter de l’OM, ce n’est pas parce qu’il ne va plus au stade qu’il n’est plus supporter. Mais on ne va pas au stade par obligation. On y va avant tout pour le plaisir et pour partager quelque chose. Là, le partage, il n’existe plus. Ni sur le terrain, ni dans les coulisses. Le club est en train de mourir, tout simplement."

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La rédaction avec FGe