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OM-PSG - Di Meco : « J’étais en mission »

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L’ancien défenseur de l’OM se souvient de ses duels face au PSG au début des années 1990. A l’époque où la rivalité entre Parisiens et Marseillais était à son paroxysme. Des matches où les tacles appuyés fusaient du Vélodrome au Parc des Princes. Croustillant !

Si on vous dit Marseille-PSG au Vélodrome, quel souvenir vous revient tout de suite ?

Le souvenir le plus marquant, celui qui reste encore dans les mémoires, c’est le fameux Marseille-PSG, trois jours après avoir gagné la Ligue des Champions (en 1993, ndlr), quand Basile (Boli) met son but de la tête des 18 mètres. C’était un match particulier. On était arrivés sur la pelouse des bulles de champagne plein la tête, les Parisiens avaient marqué d’entrée, ça nous avait piqués au vif et on avait fini par gagner avec le but de Basile (3-1). Il y avait beaucoup d’engagement physique. Dans le tunnel, à la mi-temps, c’était un peu chaud, parce que sur le terrain, ça avait donné pendant la première mi-temps. Mais il faut se souvenir aussi qu’il n’y a pas toujours eu cette grande rivalité. Mes premiers souvenirs de Marseille-PSG, c’était l’époque où le président Francis Borelli était à la tête du PSG. Jouer Paris, c’était un match sympathique. Le premier Marseille-PSG que j’ai disputé, c’était un super moment, il n’y avait pas cette rivalité, cette animosité qu’il y a pu avoir après et qui a souvent dégénéré.

Qu’est-ce qui a fait que cela a changé ? L’arrivée de Bernard Tapie ?

Même pas ! En 1988-89, il y a ce fameux match où on gagne 1-0 sur un but de Franck Sauzée et qui nous donne le titre. Tapie était déjà là mais il n’y avait pas encore une grosse rivalité. Je crois que c’est quand Canal + est arrivé. Paris a monté une très grosse équipe, la rivalité a été sportive et il y a eu un basculement à ce moment-là. D’un match au sommet, c’est devenu un match qui sent la poudre, voire plus. J’ai un souvenir de celui au Parc, en 92, qui est très chaud, pas très beau à voir, dans lequel je ne m’étais pas particulièrement bien comporté. Quand je parle de ce match, je dis toujours que si j’avais un match à montrer à mon fils pour le dégoûter du foot, ce serait celui-là. Je l’ai revu il n’y a pas longtemps, je ne me suis pas reconnu. On était dans une rivalité tellement exacerbée. Moi tout particulièrement. J’étais le seul Marseillais à l’époque. J’étais en mission. Je devais montrer la voie, être celui qui donnait le tempo. C’était une connerie, mais bon, c’était comme ça. On les gagnait ces matchs-là, mais souvent à la limite.

Cette rivalité s’est pacifiée aujourd’hui, notamment ces deux dernières saisons…

Elle s’est pacifiée surtout sur le terrain. J’en parle souvent parce que c’est quelque chose qui me marque. Les joueurs, lorsqu’ils arrivent dans le tunnel, ils se font la bise avant de jouer. Nous, à l’époque, ce n’était pas possible ça, le boss nous aurait tués. Pourtant, les mecs, on les connaissait tous. On les côtoyait en équipe de France, on avait joué en club avec certains, on était potes. Mais il était hors de question de dire ne serait-ce que bonjour en serrant la main. Aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’ils soient tous impliqués dans la rivalité comme on pouvait l’être à l’époque. Je ne dis pas ça pour dire que c’était mieux, au contraire, ce n'est peut-être pas plus mal. Ça donne des matchs un petit peu plus agréables à voir. Mais oui, la rivalité a baissé.