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Pourquoi Bordeaux adore Diabaté et ses buts "ratés mais marqués"

Bordeaux : Cheick Diabaté félicité par ses coéquipiers

Bordeaux : Cheick Diabaté félicité par ses coéquipiers - AFP

Auteur de 6 buts en 12 matchs, Cheick Diabaté fait parfois sourire par quelques maladresses. Mais ses coéquipiers et son entraîneur, aux Girondins de Bordeaux, savent ce qu’ils doivent à l’attaquant malien. Et soulignent ses qualités. Pourquoi Bordeaux l’adore.

Pour ses buts « ratés mais marqués » devenus célèbres

A 26 ans, Cheick Diabaté présente un bilan plus qu’intéressant avec 38 buts en 104 matchs de Ligue 1 depuis le début de sa carrière. Le Malien fait même mieux cette saison, avec une moyenne de 0,5 but par match (6 en 12 rencontres, plus 2 passes décisives). Et même s’il tire beaucoup moins qu’Edinson Cavani et André-Pierre Gignac par exemple (23 tirs contre respectivement 53 et 66), il cadre plus (52%) que l’attaquant parisien (49%) et presque aussi souvent que le Marseillais (53%). Il est donc la première option offensive de Bordeaux, qui ne gagne pas cette saison quand il n’est pas là. Mais, et c’est certainement injuste, ce sont les buts « ratés mais marqués » par Cheick Diabaté qui retiennent parfois l’attention.

Face à Lille le week-end dernier (1-0), il a fait la décision en tentant de reprendre un centre du pied droit. Mais le ballon a en fait touché son pied gauche, avant de revenir sur le droit et d’aller au fond des filets. La saison dernière, un jour de triplé contre Guingamp, c’est son épaule, et non sa tête comme il en avait l’intention, qui a fait mouche. En 2012, contre Brest, c’est une glissade qui n’avait pas empêché le Bordelais d’être particulièrement efficace. Cette efficacité, même s’il lui arrive aussi de vraiment rater de belles occasions, plaît aux Girondins.

« Mon cursus allemand fait qu’on place l’efficacité avant tout, explique le coach, Willy Sagnol. Il n’y a pas de beaux joueurs et d’autres moins beaux. Il n’y a que l’efficacité qui compte. Cheick, en matière d’efficacité, c’est un ratio très élevé. C’est un bonheur pour moi et pour le prochain technicien qui l’aura sous ses ordres. En plus, c’est un bon gamin. » « L’important, c’est que ce soit au fond, appuie son coéquipier Grégory Sertic. Il peut même marquer de la langue, je m’en fous ! »

Pour sa technique… remarquable

Ce n’est pas parce que Cheick Diabaté se lance parfois dans des passements de jambe qui paraissent hasardeux, qu’il n’a pas un niveau technique correct, selon ses coéquipiers. « Cheick, il est bon, assure Sertic, qui le connaît depuis qu’il a 16 ans. Il fait des gestes techniques à l’entraînement que peu font. Au quotidien, c’est un joueur technique, puissant. C’est mieux de l’avoir dans son équipe que contre. »

Pour son mental… combatif

« Malheureusement, en France, on n’a pas de Lionel Messi, de Cristiano Ronaldo, de Kun Agüero, explique Willy Sagnol. On a d’autres joueurs. Peut-être que le puriste peut se sentir frustré. Mais le technicien que je suis, et les autres techniciens du championnat de France, sont tous impressionnés par Cheick. Par son mental, déjà. On connaît ses problèmes de genoux. Ça va mieux. Mais il ne lâche pas. »

Pour son physique… usant

« Il broie les défenseurs, analyse Grégory Sertic. Il les fatigue. Beaucoup de gens critiquent Cheick, mais quand on l’a dans son équipe, on est très fier. Je pense que les défenseurs (adverses) ne sont pas très contents. » « Il est ‘‘chiant’’, sourit Wahbi Khazri. Il bouscule les adversaires, il va au duel. Quand on est défenseur, ça ne doit pas être agréable. Mais jouer avec lui, ça fait du bien (rires). » Pour Willy Sagnol, le travail de Cheick Diabaté paye : « Il use les défenses et à un moment donné, elles craquent. » 

Pour son rôle… indispensable

Indispensable, Cheick Diabaté ? « Oui, répond Sagnol. Il termine le travail de l’équipe. Comme au Real, il y a une Cristiano-dépendance. Comme au Bayern, il y a une Robben-dépendance. Comme à Manchester City, avec Kun Agüero. Tous les clubs qui ont des grands joueurs en sont dépendants. C’est normal. Ce n’est pas risque. Il vaut mieux avoir une Cheick-dépendance qu’une Carrasso-dépendance. C’est bon signe d’être dépendant de son attaquant plutôt que de son gardien. »

« Il arrive toujours à mettre sa jambe pour terminer (une action), même pour gagner un match à lui tout seul, souligne Sertic. On a besoin de lui. Quand il n’est pas là, comme à Marseille, ça nous fait un peu mal. Je suis fier. Je le connais depuis longtemps. Il a été beaucoup critiqué. Aujourd’hui, Cheick est un bon attaquant du championnat de France. » 

la rédaction avec OS