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PSG : Camara, le grand témoin

Zoumana Camara à la lutte avec Zlatan Ibrahimovic

Zoumana Camara à la lutte avec Zlatan Ibrahimovic - -

A bientôt 34 ans, Zoumana Camara dispute sa sixième saison avec le PSG et représente l’un des derniers survivants de l’« ère pré-Qatar ». Malgré son faible temps de jeu, « Papus » savoure « l’envergure que prend le club ».

Dans une équipe profondément bouleversée depuis près de deux ans, Zoumana Camara (34 ans le 3 avril prochain) représente un vestige. A l’instar de Sylvain Armand (arrivé au club en 2004), Clément Chantôme et Mamadou Sakho (formés au club), il est l’un des derniers grands témoins de la mue supersonique opérée par le PSG. De ceux qui ont connu le maintien in extremis du club en 2008 grâce à un doublé d’Amara Diané à Sochaux lors de la dernière journée. Ou encore ces deux Coupes remportées (Coupe de la Ligue en 2008 et Coupe de France en 2010), à une époque pas si lointaine où Paris ne pouvait pas viser mieux. Il est aujourd’hui l’un de ceux qui paient au prix fort la féroce concurrence installée avec les arrivées de stars comme Thiago Silva ou Alex.

« Quand je suis arrivé au club (en 2007), j’ai été acheté six millions. C’était énorme à l’époque pour un défenseur central, s’amuse « Papus ». Aujourd’hui, le club a pris une autre envergure. Je suis passé n°2 puis n°3 et n°4. Le club grandit et ça fait partie du football. » Mais à 33 ans, cette vie dans l’ombre n’a pas résigné l’ancien Stéphanois. Mieux, le joueur formé dans le Forez profite de cette émulation pour progresser. Et ça s’est vu lors des huit petites apparitions sur les terrains de France et d’Europe cette saison (3 en L1, 2 en Ligue des Champions, 2 en Coupe de France, 1 en Coupe de la Ligue) dont la dernière remonte à mercredi face à l’OM en 8e de finale de la Coupe de France (victoire 2-0).

« Il n’y a pas d’âge pour apprendre »

« Thiago Silva est un des meilleurs défenseurs au monde, confie-t-il. Il n’y a pas d’âge pour apprendre. C’est comme ça qu’un club grandit. Je me bats tous les jours. J’essaie d’être une option crédible pour le coach pour, qu’en cas de pépin, il puisse m’aligner sans se poser de questions en se disant : « Quoi qu’il arrive, le niveau de l’équipe restera le même ». « Avec Armand, ils respectent un club et une nouvelle politique, note Luis Fernandez, membre de la Dream Team RMC. Ils sont pros. Je dis chapeau ! »

A l’inverse de Mathieu Bodmer ou Guillaume Hoarau, autres « anciens » partis au mercato pour trouver du temps de jeu, « Papus » est resté parce qu’il veut « être champion avec le PSG » et parce que « jouer avec Zlatan ou Beckham, c’est une chance ». En fin de contrat à l’issue de la saison, il se voit même finir sa carrière dans la capitale pour profiter encore un peu du changement de virage du club comme en témoigne « l’élargissement du staff ou l’organisation qui nous aident à faire en sorte de ne penser qu’au terrain ». Une approche qu’il avait déjà testée lors de son passage à l’Inter Milan (1998-1999) quand il n’avait que 21 ans. Un temps lointain qui compte aux yeux de Carlo Ancelotti qui l’a promu capitaine à une reprise cette saison face à Rennes (défaite 2-1, 13e journée). « Les responsabilités viennent avec l’expérience, le vécu et le temps passé au club, conclut-il. Mais je n’ai pas besoin du brassard pour m’exprimer et dire ce que je pense. » Son CV au PSG plaide en sa faveur.

Nicolas Couet avec Luis Attaque