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PSG : le grand ménage sécuritaire

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Après avoir « nettoyé » les tribunes du Parc des Princes, la direction du club parisien empêche désormais ses supporters supposés « à risque » de se rendre aux matchs du PSG handball. Coûte que coûte, et quitte à flirter avec l’illégalité. La preuve.

En changeant de dimension, le PSG version qatarie n’avait sans doute pas imaginé qu’il serait rattrapé par l’épineux dossier des supporters « historiques ». Avec la section handball, sous le feu des projecteurs depuis le recrutement XXL de cet été, certains d’entre eux pensaient avoir trouvé un nouveau refuge. Erreur. La direction du PSG, qui dispose d'une liste de supporters qu’il juge indésirables, a décidé de faire également le ménage à Coubertin, l’antre des handballeurs parisiens.
Qui est visé ? Des fans interdits de stade, d’autres qui l’ont été par le passé, mais aussi des personnes considérées « potentiellement dangereuses » par le club. Comment la direction s’y est-elle prise ? Quelques jours avant le premier rendez-vous de la saison face à Cesson-Rennes (34-23), le 14 septembre à Coubertin, Jean-Claude Blanc, directeur général délégué du PSG, a envoyé une lettre recommandée avec accusé de réception à 27 supporters « listés ».

Dans ce courrier dont RMC Sport s'est procuré une copie (lire ci-contre), il est indiqué que le billet nominalement acheté sera annulé et remboursé, mais aussi que les supporters déclarés personae non grata ne pourront plus acheter de places pour les matches du PSG handball durant toute la saison. Motifs ? Dans certains courriers, Blanc indique au destinataire qu'il est sous le coup d'une interdiction de stade au Parc des Princes. Dans d'autres, il explique que la personne visée est exclue pour de simples soupçons. « ll est parvenu à notre connaissance que vous auriez adopté une attitude non conforme à nos valeurs et commis des incivilités, (…) lors des matchs de l'équipe première de football du PSG », peut-on ainsi lire.

Bras de fer juridique en vue

Dans les deux cas, le PSG flirte avec l’illégalité : officiellement, un supporter interdit de stade au football ne l'est pas pour les autres sports. Il se pourrait donc bien que la justice soit obligée de trancher. Du côté des supporters, pour qui il s'agit d'un refus de vente et d'une discrimination de la part du club, ça gronde. Adrien, un fan parisien qui a reçu ce fameux courrier, ne comprend pas cette décision et passe à l’attaque : « Dans la lettre, on m’annonce que j’ai commis des actes graves, des erreurs, que j’aurais eu un mauvais comportement, témoigne-t-il. Cela me choque car j’ai toujours eu un comportement parfait. Je n’ai rien en commun avec les supporters qui sont interdits de stade. Je vais demander des explications au club en renvoyant un courrier recommandé très prochainement. Si je n’ai pas de réponse, j’irai plus loin, peut-être jusqu’au tribunal. »

Alertée, la direction du club, représentée par le signataire de la lettre Jean-Claude Blanc, indique laconiquement à RMC Sport que « le PSG veut à tout prix éviter que les éléments violents se retrouvent pour les matchs à l'extérieur ou sur les autres sections du PSG comme le hand ou le foot féminin. » En fait, conscient de se positionner à la limite de l’illégalité avec une telle initiative, et selon nos informations, le club parisien serait prêt à s'exposer à des poursuites judiciaires aux noms du principe « de précaution et de la sécurité » qu'il souhaite assurer lors des matchs de ses équipes. Ce qui risque fort d’arriver dans les prochaines semaines : des plaintes auraient déjà été déposées par des supporters bannis.

Aurélien Brossier avec LB et MBo.