RMC Sport

PSG-OM : ils l’ont vécu, ils le racontent

-

- - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Attendu, comme toujours, le choc entre le PSG et l’OM (dimanche, 21h) représente un nouvel épisode d’une rivalité aujourd’hui bien plus exacerbée chez les supporters que chez les joueurs. Autopsie du choc avec ses anciens acteurs.

On lui consacre des pages et des débats enflammés. On l’attend avec impatience, on le vit souvent avec déception et on regarde vite la date du prochain. Mais au fait, un match entre l’OM et le PSG, c’est quoi exactement ? Nimbées du parfum de la rivalité entre le grand club du sud du pays et celui de la capitale, ces confrontations possèdent un caractère à part dont le cœur se trouve plus dans les tribunes que sur le pré.

« Ce ne n’est pas un match pour les joueurs mais pour les supporters, explique l’ancien Marseillais Franck Leboeuf, membre de la Dream Team RMC Sport. La plupart du temps, ce ne sont pas des matches plaisants à jouer. Il y a un engouement qui n’est pas sain. J’ai vécu des derbies en Angleterre où c’était plutôt propre. Là, ça sent quand même mauvais et on a toujours peur qu’un supporter soit blessé. Il y a presque des menaces sur le thème ‘‘vous avez intérêt à gagner sinon ça va mal se passer…’’ alors qu’il n’y a que trois points au bout. C’est peut-être différent maintenant, mais il n’y a aucun plaisir à jouer dans une ambiance délétère. C’est plus un combat qu’un spectacle et je trouve ça pitoyable. Certains joueurs avaient peur pour leur voiture ou autre en cas de défaite. C’est stupide, ça va trop loin. La morale du sport et de la victoire sont bafouées au titre d’une suprématie qui ne change rien à la face du monde. »

Di Meco : « Je me sentais investi d'une mission suprême »

Des mots forts. Qui font resurgir les souvenirs des années 1990, quand la quête de la suprématie hexagonale va monter la rivalité en épingle. « Quinze jours avant, on ne pouvait pas sortir de la maison pour aller acheter le pain sans qu’on nous en parle, rappelle l’ancien Marseillais Eric Di Meco, membre de la Dream Team RMC Sport. Et sans qu’on nous dise qu’il fallait leur marcher dessus. C’était le mot d’ordre. J’ai souvent dépassé les bornes, car étant du coin et menant une vie normale, je prenais toutes ces réflexions et une fois sur le terrain, je me sentais investi d’une mission suprême de casser du Parisien. La rivalité était exacerbée, il y en a eu des très chauds avec des bastons dans le tunnel, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui et ce n’est pas plus mal. Après, se faire des bisous avant le match, j’ai quand même du mal… Mais entre ça et ce qu’on pouvait faire à l’époque, il y a un juste milieu à retrouver. »

Ne pas retomber dans la bagarre de rue. Mais pas non plus dans l’ambiance « bon enfant » des « matches normaux » (Di Meco) des années 80. « En tant que joueur, ça reste quelque chose, estime l’ancien Parisien Grégory Coupet, membre de la Dream Team RMC Sport. On a envie de vivre de telles ambiances. Ce qui est spécial, c’est la montée en puissance médiatique et l’engouement autour du match. C’est un truc génial et l’événement vient naturellement à soi. » Une analyse où le joueur retrouve une place plus centrale. « On a tous envie de jouer ces matches et ça se ressent à travers le travail effectué, explique Luis Fernandez, membre de la Dream Team RMC Sport et ancien joueur et entraîneur du PSG. Il y a un peu plus de concentration et de volonté chez les joueurs. Est-ce qu’on prend du plaisir ? Ça dépend. Mais pour les vrais joueurs marseillais et parisiens, qui grandissent avec leur club, il faut absolument gagner. » Reste ce constat pragmatique : un match à trois points, c’est tout. « J’ai toujours dit que si on était champions en perdant ces deux matches, je prenais tout de suite », assure Fernandez. Il y a des choses plus importantes qu’une rivalité.

A lire aussi :

>> En images : la dernière victoire de l'OM à Paris

>> Quand Marseille tombe sous le charme du PSG

>> Le foot amateur divisé sur PSG-OM

Alexandre Herbinet avec Rodolphe Massé