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Quand la réforme des retraites profite…aux clubs de football

D’après une étude de l’Institut de la protection sociale rendue publique par Le Figaro, les clubs de football évoluant en Ligue 1 ou en Ligue 2 sortiront vainqueurs de la réforme des retraites. Si celle-ci est menée à son terme, certaines formations pourraient économiser plusieurs dizaines de milliers d’euros de charges. Explications.

Lyon, Lille, Marseille, autant de grandes villes théâtres de nombreuses manifestations pour contester la réforme des retraites, dont le projet de loi doit être présenté en Conseil des ministres le 24 janvier. Pour autant, les clubs de football voient d’un bon œil une réforme qui divise le pays depuis début décembre. Loin des débats autour de l’âge pivot ou sur la valeur du point de retraite, les clubs pourraient faire de grosses économies en cas d’instauration d’un nouveau régime. Dans le futur régime universel de retraite, tout le monde cotiserait au taux de 25,31 %, et ce jusqu’au plafond de 120.000 euros brut de revenus annuels. Au-delà de ce niveau de salaire, les plus riches devront épargner s’ils veulent arrondir leur pension et paieront une cotisation de 2,81 % qui ne leur donnera aucun droit à la retraite mais financera des mesures de solidarité.

Jusqu’à un demi-million d’euros d’économies?

Un nouveau barème de cotisation qui favorisent des clubs comme l’OM, le LOSC ou encore le RC Lens. Les joueurs de football professionnels perçoivent un salaire mensuel moyen de 73.000 euros bruts et sont donc concernés. Les contrats prévoient la prise en charge des charges et impôts par le club, permettant ainsi aux joueurs de percevoir un montant net mensuel. Cette nouvelle règle profiterait donc aux clubs puisque ces derniers n’auront plus à s’acquitter des charges obligatoires au-delà du plafond, estimées entre 150.000 et 500.000 par an et par club. "La retraite universelle procurera pour ces clubs une sorte de subvention sur la masse salariale", détaille Bruno Chrétien, le président de l’IPS. 

La mise au point du gouvernement

Les conclusions de l'institut remettent en cause l'idéal de justice sociale prôné par le gouvernement pour justifier du bien-fondé d'une réforme déjà controversée. Invité sur RTL mercredi 15 janvier, le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a fermement remis en cause l'étude publiée dans les colonnes du Figaro. "C'est totalement faux (...) Il y a au dessus de ces 120.000 euros de ces joueurs de football une cotisation qu'ils vont payer et qui va payer la retraite à 1.000 euros des agriculteurs alors qu'ils n'auront pas la protection sociale qui correspond à leur cotisation. J'ai vu l'article du Figaro qui reprenait cet institut et malheureusement cette étude est fausse" a-t-il déclaré.

Walid Kachour