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Renard : « Un défi fantastique »

Hervé Renard

Hervé Renard - -

Hervé Renard arrive à Sochaux avec un challenge de taille à relever : maintenir dans l’élite un club qui vacille depuis trois saisons. « Le sorcier », comme on le surnomme en Afrique, compte bien imposer sa philosophie de jeu.

Hervé, vous arrivez dans un club en difficulté. Ressentez-vous la pression ?

Je n’étais pas obligé de venir ! J’avais beaucoup d’offres sur le continent africain. C’est un défi personnel. Si je suis venu, c’est aussi parce que j’aime les valeurs de ce club. Il y a une âme et j’aime bien ça. On sait que la situation est difficile mais c’est un défi fantastique et j’aime les défis.

Comptez-vous bousculer l'équipe dès le départ ?

Non, ce n’est pas les bousculer. Mais dans le football, il faut de l’enthousiasme, de la cohésion, beaucoup d’envie. Même dans les meilleures équipes au monde, l’envie fait la différence, avec des joueurs de qualité. Si on n’a pas envie de jouer les uns pour les autres, on ne peut rien faire de bon.

Que manque-t-il à Sochaux ?

Ce qui manque le plus, c’est la confiance. L’aspect positif, c’est que l’équipe est habituée : ça fait deux saisons qu’elle se sauve à la dernière journée. Ils connaissent la situation. Cette saison, c’est un peu plus délicat puisque le départ est moins bon que les années passées. Il va falloir être fort mentalement. Je pense que c’est aussi pour ça que j’ai été choisi. Je n’ai pas pour habitude de douter. Il faut transmettre cet état d’esprit.

Que pensez-vous de l'effectif sochalien ?

J’ai des idées sur ce que j’ai vu depuis le début. Même si j’étais très loin, j’avais la chance d’avoir des satellites. J’ai vu le match de Sochaux contre Lille (défaite 0-2 le 21 septembre, ndlr), le match à Bordeaux (défaite dimanche 1-4)… Mais entre une vision de l’extérieur et une idée que je vais me faire petit à petit de l’intérieur, il y aura des choses à affiner. Quand un nouvel entraineur arrive, on a l’habitude de dire que tout le monde a sa chance. Les chances, il faut les saisir. Aujourd’hui, ceux dont on a le plus besoin, c’est ceux qui ont le plus de caractère.

Vous connaissez le Zambien Emmanuel Mayuka. A-t-il facilité votre arrivée ?

Ça n’a pas influencé ma venue. Je le connais depuis 2008 : je crois qu’il doit parfois rêver de moi ! Il entend tellement son nom dans un match, quand je suis sur le côté, que je ne suis pas sûr qu’il soit ravi que je sois là (rires). Mais ça va le réveiller !

Vous démarrez par la réception de Monaco. Auriez-vous préféré jouer une équipe de bas de tableau ?

C’est un honneur pour moi. Je me souviendrai de mes débuts à Sochaux face à Claudio Ranieri. Si on n’est pas prêts à assumer ce genre de situation, il ne faut pas venir. Et on garde en tête le dernier match des Monégasques face à Reims, les Rémois ont réussi à les mettre en difficulté. Il faut se servir de cet exemple et ne surtout pas avoir peur.

Certains disent que Sochaux n'a pas le niveau de la Ligue 1...

Entendre certains dire aujourd’hui que Sochaux n’a pas le niveau pour la Ligue 1, c’est une bonne motivation. A Bordeaux, il y a eu 20 minutes exceptionnelles donc il faut garder ça en tête. Le tout, c’est de savoir pourquoi l’équipe s’est liquéfiée. Je pense que c’est mental. On ne fait certainement pas partie des meilleurs de la Ligue 1 mais le club ne vise pas non plus au-dessus de ses moyens. On ne pourra répondre qu’au mois de mai.

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Propos recueillis par Jérémie Pignard