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Riolo : « Le LOSC, le bourgeois de la L1… »

Daniel Riolo

Daniel Riolo - -

Retour sur la première partie de saison du LOSC en Ligue 1 avec Daniel Riolo.

Et si le LOSC ressemblait à sa ville. Ou mieux à son président, le talentueux, raffiné et surtout intelligent Michel Seydoux. On le dit éloigné des affaires du club. On dit aussi qu’il veut vendre. Peut-être. En attendant, le LOSC continue de porter son emprunte. Une passion feutrée, sans éclat. Les mots ne volent pas ou alors en famille. C’est une sorte de Force Tranquille, slogan bourgeois s’il en est.

Tout le monde s’agite autour de Thauvin cet été ? Le LOSC laisse faire. Se laisse presque humilier. Mais tout cela n’est que passion débordante et c’est finalement sans intérêt. Seydoux laisse passer la caravane et les chiens. Il récupère 15 millions pour un joueur acheté 3 fois moins quelques mois plus tôt. 6 mois plus tard, il a 11 points d’avance au classement sur l’équipe qui a fanfaronné tout l’été !

Les comptes ! A la compta Micheline grondait. Alors il fallait bien gérer. Chedjou, Digne et Payet sont vendus. C’est la catastrophe annoncée. Et puis Girard comme coach !! Une grande gueule dans un club qui n’aime pas le bruit. Seydoux l’homme de ciné rate son casting, c’est évident. Girard et ses « chouineries », son accent, ça ne colle pas à la ville. On s’est trompé et Girard s’est parfaitement adapté.

Le foot est animé par tellement de passion, de mots, de polémiques qu’on en arrive à ne pas avoir de considération pour celui qui se tait. Travailler en silence, c’est pas très « foot ». Alors, on n’y croit pas. Paris et Monaco, devant, c’est sûr. Mais l’OM, l’OL, Sainté seront devants aussi ! A vrai dire, qui se soucie de Lille à part un lillois. Alors on sous-estime. D’ailleurs, on ne sait même pas comment l’estimer, l’évaluer ce LOSC.

Girard récupère l’héritage de Garcia parti flamber à Rome. Des champions de France 2012, il reste des miettes. Mavuba, Balmont, Béria, Gueye. Ceux-là sont les tauliers de la maison. Girard a trouvé un gardien de classe internationale, Enyeama et a composé une charnière complémentaire avec des vrais pros, Basa/Kjaer. Devant, Salomon Kalou a lui aussi une capacité à tutoyer facilement le niveau mondial.

Fort de ses atouts, comment a-t-on pu mal estimer cette équipe ? Certes, elle n’est pas brillante, clinquante, mais loin des clichés ligue 1, loin des footeux soi-disant talentueux qui commenceront à courir quand ils seront à l’étranger, elle gagne ! Besogneuse parfois quand Kalou ne régale pas, elle reste performante. Il lui manque un 10, ou à défaut, un faiseur de jeu. Si Marvin Martin, ex-prodige, le joueur L1 par excellence, se met en phase avec l’esprit du club, alors Lille confirmera que le podium est à sa portée… Ça se fera tranquillement, sans faire de bruit inutile. Le charme discret de la bourgeoisie.

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Daniel Riolo