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Riolo : « Monaco, une belle effacée… »

Daniel Riolo

Daniel Riolo - -

Falcao, Moutinho, Abidal, Toulalan, Carvalho, Rodriguez… Pour son retour en L1, Monaco a tout acheté en neuf. Un effectif de grande qualité, tout frais, mis à la Turbie dans les mains du très expérimenté Claudio Ranieri. Retour sur cette première partie de saison.

On avait beau parler de l’ASM comme du rival du PSG, mettre les deux équipes pleines de fric face à face, l’effet était facile, mais de là à imaginer que Monaco allait aussi vite rivaliser, ça ne me semblait pas si évident. Rassembler les pièces d’un puzzle rapidement, beaucoup de clubs construits vite et avec du blé, se sont plantés ou en tout cas n’ont pas réussi en quelques mois.

Dès son déplacement à Marseille dans le gros match de la rentrée, on a compris que Monaco n’attendrait pas. Une belle victoire et surtout l’impression que l’ASM était déjà bien supérieur à cet OM qui se voulait à ce moment-là, encore, très ambitieux.

Monaco joue alors avec deux ailiers et deux latéraux qui montent beaucoup. Moutinho mène le jeu et Falcao termine le travail de l’équipe. Au Parc, un mois plus tard, Monaco sera dominé par le PSG, mais dans ce choc très attendu, il ne perd pas.

Malgré un léger moment moins performant au début de l’automne, Monaco termine à trois points seulement du PSG cette première partie de saison. Entretemps, Monaco a changé de système. Un losange au milieu emmené par un James Rodriguez époustouflant. L’équipe de Ranieri a même montré qu’elle pouvait s’imposer sans Falcao, blessé avant la trêve.

En Italie, Ranieri est un coach respecté, mais on le dit « loser ». C’est bien, mais pas assez. Un coach qui termine toujours par se faire virer. En Angleterre, il a participé à la construction du nouveau Chelsea, bien avant Mourinho dont l’ego et le charisme ont contribué à effacer le passé du club. En France, Ranieri n’a pas encore d’image arrêtée. On découvre un coach élégant. Son équipe lui ressemble. Elle est classe, raffinée. Elle joue bien. Cherche toujours à s’imposer, à jouer haut. Elle prend l’initiative et n’attend pas qu’on vienne à elle.

Finalement, le seul problème de Monaco reste Monaco, son casino, ses hôtels, son luxe, son calme, son stade vide. Ça respire difficilement le foot. Paris a un rival, oui, mais pas vraiment animé par la passion. Un club qui ferait presque penser à sa légendaire Princesse Grace. Belle et effacée.

Dans le magnifique livre d’échange entre Hitchcock et Truffaut, celui-ci, ancien critique de ciné, demande au maître pourquoi il prend toujours des actrices blondes à la beauté évidente mais qui semblent lointaine, presque dénuée de sensualité (Grace Kelly, Tippi Hedren, Eva Marie Saint, Kim Novak, Janet Leigh… ) Le réalisateur répond qu’il ne supporte pas les actrices qui semblent n’avoir que le sex-appeal comme atout. Le mot « sexe » sur le front dit-il. Tout ça lui apparaissant d’une grande vulgarité. Hitchckock précise ensuite qu’il préfère les blondes aux airs coincées qui dans l’intimité enflamment vos sens. Cacher son jeu, ne pas tout dévoiler. Un rapport avec l’ASM ? Oui !! Ou… non.

C’est comme vous voulez…

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Daniel Riolo