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Rixes à Marseille, un supporter parisien témoigne

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Exclusivité RMC.fr : témoignage anonyme d'un supporter parisien qui a fait le voyage en bus pour assister au match OM-PSG, finalement reporté. Parcellaire, partial, parfois choquant, ce témoignage reste édifiant au vu des graves incidents qui se sont déroulés dimanche dernier dans le centre ville de Marseille.

Huit cars en convoi
« On est partis du Parc des Princes en début de soirée, vers 23 heures. Aux abords de Lyon, on est intercepté par les forces de l’ordre. On a contourné la ville, escortés par des gendarmes. Une fois passé le péage, ils nous ont laissés continuer seuls. On a tracé, direction Marseille. A ce moment là, on était huit cars en convoi. »

Le match est annulé
« A une cinquantaine de kilomètres de Marseille, alors qu’on roulait sur une nationale, on a décidé de s’arrêter sur une aire de repos. Là, on a attendu. On écoutait la radio, parce qu’on avait des informations comme quoi le match pouvait être annulé. A 14 heures, on a appris que le match était officiellement reporté. On s’est demandé si on y allait quand même ou si on rentrait à Paris. Finalement, on a décidé d’aller à la gare Saint-Charles pour remonter en train. Parce qu’on ne voulait pas se retaper douze heures de bus. »

Arrivée à Marseille sans escorte
« On est reparti avec notre cortège de huit bus en direction de Saint-Charles. En arrivant dans Marseille, on n’a croisé aucun flic ou quelque force de l’ordre que se soit. On nous a laissé débarquer tranquille. Une fois sur place, on est descendu. Nos bus sont partis et nous, on a formé un petit cortège, à pied, en lançant des chants, direction la Canebière… Au début, il n’y avait pas forcément d’animosité, de dégradations. On était plutôt calmes. »

Un supporter percuté par une voiture
« C’est seulement arrivés en bas de l’avenue que ça a dégénéré parce qu’un des nôtres s’est fait renverser par une voiture. J’ai vu le mec passer au dessus de la foule et retomber au sol. Ça a rendu fou tout le monde. A partir de ce moment là, ça a été la grande débandade. Tout le monde a couru un peu n’importe où et là on a commencé à tout casser, les voitures, les vitrines… C’est parti en vrille ! »

Pluie de pavés
« Le problème c’est que tous les Parisiens se sont dispersés, du coup ça a profité aux Marseillais qui étaient dans les rues adjacentes. Ils nous ont jeté pleins de pavés. Nous, on n’avait rien. On leur rejetait tous les projectiles qu’on recevait. Quand on les chargeait, ils reculaient en continuant à nous balancer des trucs. Lorsqu’on est remontés vers la gare, ils nous ont encerclés et là ils nous ont chargés à leur tour. A la base, on n’était pas partis pour tout casser. C’était plus censé être un affrontement contre les Marseillais. Mais on s’est retrouvé dans la ville, avec un pote qui se fait taper par une voiture, donc c’est complètement parti en « couille ».

La police siffle la fin du match
« A la fin quand on est remonté sur l’esplanade de la gare Saint-Charles, les policiers nous ont alors pris en charge, ils nous ont gazés, avant de nous parquer à l’entrée de la gare. Juste à l’extérieur, parce qu’ils bloquaient déjà d’autres supporteurs parisiens à l’intérieur du bâtiment. Mais on continuait à se prendre des projectiles. En bas, il n’y avait aucun flic pour calmer les Marseillais. Après quelques heures d’attente un peu mouvementées, on a enfin pu monter dans un train. Et puis on est rentré sur Paris. »

A.J. (RMC Sport)