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Seydoux : « Je ne paierai pas cette taxe »

Michel Seydoux

Michel Seydoux - -

Les clubs professionnels français ont décidé de faire grève le week-end du 29 novembre afin de protester contre la taxe à 75% sur les très hauts revenus. Retrouvez toutes les réactions sur rmcsport.fr.

Jean-Louis Triaud (président des Girondins de Bordeaux)

« Ce n’est pas une grève, mais une journée sans football, a corrigé Jean-Louis Triaud sur RMC. Mettre une taxe sur des entreprises déficitaires, admettez que c’est particulier. Je ne sais pas si c’est un moyen de pression mais on a envie d’être entendu et écouté. Je crois que le football a toujours montré qu’il était solidaire notamment avec la taxe Buffet à 5%, avec 130 millions d’euros de revenus générés pour le football amateur à travers la FFF, 19% des droits de la L1 redistribués au niveau de la L2. L’Etat doit également percevoir près de 800 millions d’euros issus du football, soit plus que nos droits TV. Nous sommes solidaires et nous voulons être solidaires mais à un moment quand on vous taxe alors qu’on fait des efforts considérables pour améliorer nos comptes, qu’on essaye de sortir la tête de l’eau et qu’on ne peut pas conserver nos joueurs, on est toujours en déficit. Et, curieusement, c’est au moment où l’on fait des efforts et qu’on est toujours en déficit, qu’on nous en rajoute une couche. »

Alain Orsoni (président d'Ajaccio)

« C’est un cri d’alarme. Cette loi est rétroactive. Vous mettez des entreprises dans une situation particulièrement compliquée. Les clubs, qui ont signé des contrats il y a un ou deux ans sur trois ou quatre ans, ils n’avaient aucune raison de croire qu’une telle taxe allait les frapper. Ils l’ont fait en fonction de leur budget. Aujourd’hui, on leur dit que cette taxe va s’appliquer dès demain et que les contrats, qu’on ne peut pas résilier puisqu’ils ont été signés, vont coûter 75% plus cher. Pour une entreprise, c’est plus qu’un obstacle ! »

Michel Seydoux (président de Lille)

« Je ne paierai pas cette taxe. Si je la paye, c’est un danger énorme pour l’équipe d’un point de vue économique. On n’a pas prévu de la payer. Elle est en plus rétroactive ! Comment voulez-vous prévoir quelque chose qui n’existe pas ? Si demain matin, on vous demande de payer un impôt que vous n’avez pas prévu, vous allez faire quoi ? Vous allez payer ? Vous allez trouver des sous ? Ce que les fans doivent comprendre, c’est que certains clubs, pour payer cette taxe, seront obligés de se séparer de talents. Et bien sûr des meilleurs puisque, par définition, ce sont eux les plus chers. »

Bernard Caïazzo (président du Conseil de Surveillance de Saint-Etienne) : « On n'a pas envie de décliner »

« A part le PSG et Monaco, les clubs français ne sont pas riches. Au contraire, ils sont tous en difficulté. On va multiplier les actions pour se faire entendre et bien faire comprendre aux Français que ce ne sont pas les millionnaires du football qui sont concernés par cette taxe à 75%. Zlatan, ça ne lui coutera pas un centime, Cavani non plus, puisque ce sont les clubs qui payeront à leur place. Nous aimons le football et, comme tous les passionnés de football, on n’a pas envie de décliner. On n’a pas envie de péricliter, ni de vivre ce qu’ont vécu des clubs comme Sedan et Le Mans. Cette taxe risque d’envoyer le football français par le fond. »

Waldemar Kita (président du FC Nantes) : « Les clubs sont pauvres »

« Les clubs de football ne sont pas du tout riches, ils sont même pauvres. Je pense qu’il y a connaissance et une mauvaise communication de notre part. Nous, les présidents et la Ligue, nous devrions bien communiquer combien coûte un joueur, un administratif, le centre de formation, les installations et la sécurité. Tout ça fait vivre beaucoup de familles. »

Juninho (membre de la Dream Team RMC Sport)

« J’ai lu cette semaine que les dettes du Barça et le Real arrivent presque à un milliard d’euros. Le gouvernement est obligé de donner une réponse à la société. On a pas mal de jeunes qui n’ont pas de boulot. L’Europe a des difficultés importantes. Le football continue de bien marcher. Certaines personnes continuent de toucher beaucoup d’argent. Mais si les clubs sont taxés comme ça, on va perdre beaucoup de qualités. Le foot sera fortement touché. »

Luis Fernandez (membre de la Dream Team RMC Sport)

« Les clubs sont dans une situation économique difficile. Excepté Monaco et le PSG, il y a des restrictions, les budgets ne sont plus aussi conséquents. On demande un effort de solidarité. Mais le football génère pas mal d’argent ! »

Jean-Pierre Louvel (président de l'UCPF)

« La situation est gravissime pour le football français. Le gouvernement n’a pas mesuré l’ampleur des dégâts que ça va provoquer si cette taxe est appliquée. Il fallait pousser un grand cri de désespoir. Pas seulement pour les clubs, mais pour les 25 000 emplois que nous représentons. Demain, le foot français peut entrer dans la 3e division du foot européen. Est-ce que c’est ce que l’on veut ? Nous nous battons pour tout cela, et c’est notre devoir. »

La rédaction