RMC Sport

Supporters : Les politiques s’en mêlent

-

- - -

Les incidents entre supporters niçois et stéphanois avant le coup d’envoi du match (0-1), ce dimanche à l’Allianz Riviera, ont provoqué de vives réactions du côté du gouvernement comme des instances du football.

« Il suffit d’un ou deux excités… » La formule de Thierry Roland, mise en chanson par les Footbrothers, illustre à merveille les conséquences des incidents ayant émaillé l’avant-match entre Nice et Saint-Etienne (0-1) ce dimanche à l’Allianz Riviera. S’ils étaient un peu plus que « un ou deux », les « excités » auront offert un triste spectacle qui risque d’avoir des conséquences. Dans une période où les déplacements de supporters sont dans l’œil du viseur des autorités, témoin l’interdiction faite aux Lyonnais de se déplacer à Geoffroy-Guichard pour le derby, les réactions n’ont pas tardé. Du côté politique, d’abord.

Les incidents entre supporters niçois et stéphanois avant le coup d’envoi du match (0-1), ce dimanche à l’Allianz Riviera, ont provoqué de vives réactions du côté du gouvernement comme des instances du football.

Dans un communiqué commun, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, et la ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative, Valérie Fourneyron, ont condamné « avec la plus grande sévérité les graves incidents (…) qui ont fait neuf blessés » : « Ces incidents justifient pleinement les mesures d'interdiction de stade ou d'encadrement de déplacements prises très régulièrement par les pouvoirs publics. Si les enceintes sportives ont été très largement pacifiées ces dernières années, les comportements de groupes radicaux de supporters rappellent l'absolue nécessité de ne pas baisser la garde, et de combattre sans relâche toutes les formes de violence dans et aux abords des stades. (…) La fermeté et l'intransigeance doivent continuer à guider la lutte contre le hooliganisme. »

Vers une interdiction systématique des déplacements de supporters ?

Un rappel façon règle tapée sur les doigts. Pour une proposition choc, direction le communiqué de Frédéric Thiriez, président de la Ligue (LFP) : « Ça suffit ! Ces quelques crétins qui s’intitulent supporters ne se rendent même pas compte qu’ils ruinent l’image du football. Une seule solution : la répression. Je vais demander une réunion au ministère de l’Intérieur centrée sur la question des déplacements de supporters à l’extérieur. Si nous n’arrivons pas à régler ce problème définitivement, ça finira par une interdiction systématique des déplacements, ce que personne ne souhaite. » Les deux clubs intéressés, eux, ont dansé une drôle de valse. Jean-Pierre Rivère, président de Nice, lance le bal en pointant une situation « inadmissible ». Roland Romeyer, son homologue stéphanois, lui répond à la mi-temps en évoquant « des jets de pierres sur les bus » de ses supporters.

Une explication contredite par le rapport de la police mais en partie reprise par son entraîneur, Christophe Galtier, à l’issue de la rencontre : « J’ai entendu dire que nos supporters avaient été mal accueillis. Mais ça n’excuse pas que lorsque l’on rentre dans un stade, on doit se tenir. » S’en suivra, en salle de presse, un échange entre les deux présidents capté par les micros et conclu d’une… bise et d’un cri du cœur de Rivère : « Les uns et les autres, on en a marre ! » Ils espèrent surtout des solutions. « A nous dirigeants et instances du football français de réfléchir à comment arrêter ce genre d’événements, estime Rivère. Il faut prendre des décisions. » Et Romeyer d’enfoncer le clou : « Dans le foot, toutes les semaines, il y a des problèmes. Les dirigeants doivent se réunir. Et si ça continue, je rendrai mon tablier. Cela ne correspond pas aux valeurs que l’on m’a enseignées. »

A lire aussi :

>> Nice-Saint-Etienne : Les Verts dans la tension

>> Thiriez évoque une interdiction des déplacements

>> Nice-ASSE : le communiqué du gouvernement

A.H. avec Y.P. à Nice