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Tigana a pris le pouvoir

Jean Tigana sort grand vainqueur de la mini-crise qui a secoué Bordeaux ces dernières 48h

Jean Tigana sort grand vainqueur de la mini-crise qui a secoué Bordeaux ces dernières 48h - -

Confirmé dans ses fonctions 48h après avoir présenté sa démission, l’entraîneur des Girondins a profité de l’avertissement lancé par la direction du club aux joueurs et de la mise à l’écart de Michel Pavon pour aborder le sprint final en seul maître à bord.

Lors de la réunion de crise des Girondins de Bordeaux, lundi après-midi 48 heures après que Jean Tigana ait présenté sa démission, les joueurs, conviés par les dirigeants, n’ont pas ouvert la bouche. « Je les ai trouvé très concentrés et sereins », dira Jean-Louis Triaud, le président. Et pour cause. Les critiques adressées par la direction du club sont allées au groupe.

Dédouanant l’entraîneur de toute responsabilité dans le classement médiocre du champion de France 2009, actuellement 10e, Triaud et Nicolas de Tavernost, le patron de M6, ont pointé les canons sur l’effectif. « Ce n’est pas une question de coach, les problèmes étaient les mêmes en 2010 avec Laurent Blanc, tempête l’actionnaire. Ça fait 13, 14 mois que l’on connaît une période difficile, indigne de notre investissement. »
Avec Marc Planus, arrivé le premier au Haillan, les joueurs en ont pris pour leur grade. Revenant sur la déroute à Lorient (5-1), lors de la 24e journée, le président Triaud a manié l’allégorie militaire. « Quand on a des deuxièmes classes qui improvisent par rapports aux consignes des généraux, on voit ce que ça donne ». Allusion directe au manque de respect du schéma tactique mis en place par Tigana sur la pelouse du Moustoir.

De Tavernost : « Une période indigne de notre investissement »

Ce dernier a clairement signifié avoir douté de ses joueurs après le fiasco morbihannais. « J’ai senti que j’étais un frein, j’avais besoin de réponse des dirigeants mais surtout de mes joueurs. » Et d’enchaîner : « Une clarification peut permettre de repartir du bon pied. » Un leitmotiv repris par Triaud qui envoie une bonne fois pour toute la balle dans le camp de l’effectif. « Il reste 13 matches à jouer et 39 points à prendre, donc il n’y a aucune raison de baisser les bras. Ce message concerne aussi les joueurs si jamais il pouvait avoir des doutes sur notre classement final. »
Si ce lundi a fait table rase des spéculations sur l’avenir de Tigana à Bordeaux, il a également fait le vide autour du technicien. La réunion extraordinaire au Haillan a définitivement mis un terme aux fonctions de Michel Pavon, qui ne sera plus l’assistant de Tigana. Les mini-crises à répétition (affaire Maazou) et les contre-performances ont forcé le président à sacrifier l’ancien joueur dont il s’est toujours senti proche. « Il n’y aura pas de remplaçant à Michel, Jean est le seul homme à bord (secondé d’Eric Bedouet préparateur physique et de Dominique Dropsy entraîneur des gardiens, ndlr) », a résumé Triaud. « Je suis un homme simple », conclut Tigana. Simple comme une prise de pouvoir.

Louis Chenaille (avec O.S. à Bordeaux)