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Tigana : « Ce n’est pas toujours la faute de l’entraîneur… »

Jean Tigana

Jean Tigana - -

L’entraîneur des Girondins a joué l’attaque ce jeudi en conférence de presse. Dans son viseur, ses joueurs, qui ne font pas assez d’efforts pour redresser la situation sportive. Et qui risquent de lasser l’actionnaire, M6.

Jean Tigana, comment avez-vous accueilli les regrets des joueurs cette semaine après le match nul contre Arles-Avignon (0-0) ?

Je pense qu’on est beaucoup plus efficace dans certaines déclarations que sur le terrain. Ça ne m’agace pas. C’est un constat que je fais. Les paroles, c’est bien. Mais pour moi, ce sont les actes et le terrain qui comptent. J’ai la chance, par rapport à d’autres qui font beaucoup de déclarations, d’avoir presque tout gagné depuis les pupilles. C’est la première fois de ma carrière que j’entendais le public se moquer de nous. J’ai été très malheureux. J’ai eu une boule au ventre pendant plusieurs jours.

Les joueurs n’ont-ils pas conscience de leurs responsabilités ?

On s’est posé des questions sur l’entraîneur, c’est normal. Mais il faut se poser des questions sur le groupe. On parle de l’ambiance : j’ai joué huit ans aux Girondins de Bordeaux et il y a certains joueurs avec lesquels je ne suis jamais allé déjeuner ou dîner. Mais une fois sur le terrain, c’était autre chose. L’ambiance, c’est une excuse. A un moment donné, quand on a envie de courir, de faire des efforts, d’être généreux ou d’être en mouvement, ce n’est pas la faute de l’investisseur, du président ou de l’entraîneur. J’ai ma part de responsabilité. Je ne me détourne pas du tout. Mais il faut se regarder dans la glace.

Nicolas De Tavernost a expliqué que M6 n’avait pas besoin des Girondins pour vivre. Les joueurs et vous-même ont-ils été touchés par cette sortie ?

Il faut leur poser la question. Moi, ça m’a touché. Mais attention quand même de ne pas se scier la branche. Avoir un investisseur et un président comme on a… Très peu de clubs ont la chance d’avoir ça. Il ne faudrait pas qu’on détruise tout ça.

Allez-vous quitter Bordeaux à la fin de la saison ?

Je reçois beaucoup de propositions. Je dis toujours non. Je suis bien ici, c’est mon club. Actuellement, pour moi, c’est un échec. Et je n’aime pas partir sur des échecs. Je veux gagner ici. Après, on verra…

Propos recueillis par OS