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Triaud : « Sans M6, on serait peut-être déjà en Ligue 2 »

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Douzièmes de Ligue 1 après treize journées, les Girondins de Bordeaux ont connu un premier tiers de championnat compliqué. Pour RMC Sport, le président Jean-Louis Triaud, fait le bilan, évoquant notamment les rumeurs de rachat du club.

Jean-Louis Triaud, que pensez-vous du début de saison de votre équipe ?

Sur les treize premiers matches, nous avons des résultats mitigés. Avec des points perdus contre l’OL dans les dernières secondes (1-1, ndlr) ou contre Reims à domicile (0-0) avec un gardien inspiré (Kossi Agassa). Malgré cela, on pouvait redresser la barre en gagnant contre Nantes, donc c’est une grosse déception (0-3). On a beau dire que ce n’est que le 13e match, peut-être qu’on dira après que c’est déjà le 37e… Cette défaite, c’est vraiment le gros point noir. D’autant que c’est immérité.

Une victoire vous aurait pourtant hissé à la cinquième place...

Ça fait trois saisons que l’équipe a parfois la possibilité de basculer du bon côté, et cela ne se passe pas. C’est un peu fatigant, c’est vrai. J’ai l’impression que c’est un mal récurrent chez nous. Peut-être qu’à certains moments, nous sommes inhibés par l’enjeu. Pourtant je n’ai pas l’impression, si on analyse notre première période contre Nantes, que les joueurs ne font pas le nécessaire. Frapper le poteau, ce n’est pas un problème de savoir provoquer la chance ou pas. C’est simplement 15 centimètres à droite ou à gauche. Nous sommes dans une tendance où nous n’avons pas de chance.

Vous allez enchaîner neuf matches en un mois. Avez-vous un effectif suffisamment étoffé pour supporter une telle accumulation ?

Neuf matches, c’est beaucoup en termes de fatigue mentale, avec des problèmes de concentration, et c’est beaucoup pour les organismes. Mais jouer deux fois 90 minutes en une semaine, ce n’est pas le bagne non plus. D’autant que quand ils font cela, ils ne s’entraînent pas. Et en général ils préfèrent jouer que s’entraîner.

Votre gardien Cédric Carrasso va finalement prolonger de deux saisons (jusqu'en 2017), alors que vous ne souhaitiez lui en proposer qu

C’est le jeu de la négociation. On savait que lui voulait rester, il savait qu’on voulait le garder, il ne manquait plus que l’on se rejoigne. Cela a pris un peu de temps parce qu’il n’y avait pas d’urgence. Mais les documents ne sont pas encore remplis.

M6 a menacé de se retirer du club si la taxe à 75% était validée. Est-ce vraiment envisageable selon vous ?

C’est une possibilité qu’ils se retirent du monde du football, oui, parce que trop c’est trop. Ils peuvent aussi rester et dire : « Ecoutez, vous n’avez qu’à vous débrouiller par vous-même pour payer cette taxe. Moi je ne mets plus d’argent dans le club à fonds perdus ». A ce moment-là ce sera peut-être pour nous l’obligation de transférer un joueur pour payer cette taxe. C’est une option comme une autre. Un retrait de M6 est inquiétant, évidemment. Sans son soutien financier, nous n’aurions pas le palmarès qui est le nôtre. Et je vais même au-delà, nous serions peut-être déjà en Ligue 2. Si un actionnaire de cette qualité vous quitte, c’est un retour à la case départ pour Bordeaux et le début des difficultés.

Il est question d'un éventuel rachat par des investisseurs chinois, qui s'offrent depuis plusieurs années les châteaux bordelais de la région...

(Agacé) Il faut arrêter avec cela. Surtout que s’ils étaient là, ils seraient accueillis à bras ouverts. On remplace les couverts par des baguettes et c’est parti… Il faut être sérieux. On ne parle pas de la taxe à 75%, mais pour un investisseur étranger qui voit comment le football est matraqué, je comprends les réticences de celui-ci à venir.

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Recueillis par Olivier Schwarz