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Un derby complètement fou

Alain Traoré

Alain Traoré - -

Dans un match complètement fou, Lorient s’est imposé à Rennes (2-1). Les Merlus s’installent un peu plus en haut du classement, pendant que Rennes glisse dangereusement.

A horaire inhabituel (14h), match inhabituel. Sous un soleil radieux, c’est une pluie de cartons rouges qui s’est abattue sur le Stade de la Route de Lorient. Trois au total : deux pour les Merlus, un pour les Rennais. Mais pas seulement, le public a eu droit à une partie agréable marquée notamment par trois buts dont deux magnifiques d’Alain Traoré pour une victoire lorientaise (2-1). Les locaux débutent pourtant la rencontre de la meilleure des manières avec un tir sur le poteau de Montano (1ere). Une action isolée. Car le premier coup de tonnerre, ou plutôt premier coup de pétard intervient à la 23e minute. Il est signé Alain Traoré. Le milieu gaucher reprend un ballon aux 25 mètres, l’expédiant dans le but de Costil, totalement impuissant et lobé (0-1).

Sept minutes plus tard, deuxième fait de match : Pitroipa, le Rennais le plus entreprenant, se faisait découper par Baca. Rouge, logique. Pas aux yeux de Christian Gourcuff, furieux et de son adjoint invité à suivre la rencontre en tribune. « Le match a duré trente minutes. Ensuite, c'était une parodie de football, pestait le technicien breton à l’issue du match. On prive tout le monde d'un bon match. C'est tronqué, pour nous comme pour Rennes. On ne s'enflamme pas, il n'y a pas de quoi ». Juste avant la mi-temps, Traoré plaçait pourtant un coup-franc en pleine lucarne gauche de Costil. Imparable pour le portier rennais (0-2).

Antonetti : « Je ne vais pas me virer tout seul »

La seconde mi-temps allait réserver encore quelques belles surprises. A la 55e, Audard sortait dans les pieds du remuant Pitroipa. En version kamikaze, à l’extérieur de sa surface. Deuxième expulsion côté Merlus. A force de pousser, à 11 contre 9, les Rouge et Noir réduisaient la marque par l’inévitable Pitroipa (71e). Il était dit que Lorient allait souffrir. Le jeune Diarra, à peine entré en jeu, essuyait sa semelle sur la cuisse surpuissante de Traoré. Réduction du score au niveau des cartons rouges, deux à un. Rennes poussait, les Merlus faisaient le dos rond. Ils n’avaient plus gagné à l’extérieur depuis plus d’un an.

A l’inverse, la crise couve en Ille-et-Vilaine. Le Sade Rennais est dans le crachin, relégable, avec trois petits points en cinq journées. Mais Frédéric Antonetti refuse de démissionner. « La pente, il va falloir six à huit mois pour la remonter. Peut-être que mon départ est une solution, si vous le suggérez. Mais il faut poser la question au président. Je ne vais quand même pas me virer tout seul. » Le technicien corse semble déjà avoir une ou deux idées pour corriger le tir. « Dans la difficulté, il faut être solidaire. Il y a des choses à changer, sûrement des têtes aussi ».

Jean Rioufol avec Pierre-Yves Leroux à Rennes