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Aulas, la bonne stratégie ?

Jean-Michel Aulas

Jean-Michel Aulas - -

Lancé dans une politique de rigueur, l’OL tente malgré tout d’exister sur le plan sportif. Une non-qualification pour la prochaine Ligue des champions pourrait toutefois remettre en cause la stratégie du président Jean-Michel Aulas.

« Les pleurnichards sont de retour ». Quelques minutes après la défaite lyonnaise en barrage aller de la Ligue des champions, mardi face à la Real Sociedad (0-2), Jean-Michel Aulas est sorti de ses gonds sur Twitter. Dans le viseur du dirigeant rhodanien, les supporters de l’OL frustrés du résultat qui place leur équipe en très mauvaise posture dans la course à la qualification pour la C1. Une élimination mercredi prochain à San Sebastián installerait son club dans une situation délicate, tant sportivement qu’économiquement. Et remettrait en cause la stratégie mise en place depuis avril 2011. En première ligne face aux critiques, le président lyonnais sait qu’il joue gros sur ce match face aux Basques.

Après une période faste tant sportivement (sept titres de champion entre 2002 et 2008) qu’économiquement, le club rhodanien prône désormais la rigueur. Ce mercato d’été en est la plus parfaite illustration. Lisandro Lopez, Anthony Réveillère, Michel Bastos et Dejan Lovren, tous des gros salaires, ont fait leurs valises. Aulas verrait d’un bon œil que l’exode se poursuive avec Bafétimbi Gomis ou Yoann Gourcuff. « Avec cette politique-là, Lyon est quand même une des meilleures équipes françaises, souligne Rolland Courbis. Là, je tire mon chapeau, même si la stratégie actuelle n’est pas voulue. » « C’est une stratégie qu’Aulas subit, renchérit Grégory Coupet. S’il avait des sous, il n’aurait pas dégraissé comme il l’a fait. »

Un virage brutal en 2011

Après avoir opté pour une stratégie maline entre 2000 et 2007, en dénichant des talents pour les revendre au prix fort quelques années plus tard (Essien, M.Diarra, Abidal, Malouda), l’OL s’est brûlé les ailes en dépensant énormément sur le marché des transferts, parfois pour des joueurs qui se sont montrés décevants (Keita, Ederson). Depuis l’arrivée de Rémi Garde à l’été 2011, le virage a été brutal. Les jeunes pousses du centre de formation sont lancées dans le grand bain, avec des résultats forcément plus incertains.

Mais cette stratégie axée sur la formation ne semble pas encore totalement aboutie, comme l’explique Courbis : « Quand tu as une stratégie de former des jeunes, tu ne laisses pas partir Anthony Martial à Monaco. Et tu n’achètes pas Gourcuff au prix que tu l’as acheté (22 millions d’euros plus des bonus, ndlr) et tu ne lui donnes pas ce salaire (plus de 400 000 euros mensuels). » Malgré le mécontentement affiché mardi soir à Gerland, la majorité des supporters lyonnais sait que des jours meilleurs devraient arriver, notamment lorsque le Stade des Lumières, qui sera opérationnel lors de la saison 2015-2016, permettra des rentrées d’argent beaucoup plus conséquentes (le budget devrait passer de 130 à 230 millions d’euros).

« Pendant sept ans nous avons eu du caviar, maintenant nous faisons avec nos moyens, lance Pierre, un fan d’une cinquantaine d’années. Nous payons les erreurs d’il y a 4 ou 5 ans. Le président croyait avoir fait les choses bien mais il s’est trompé. Qui ne se trompe pas dans la vie ? » « Aulas fait ce qu’il peut, estime également Christian, un autre fidèle de l’OL. Il tient la barre. Et il va y arriver parce que c’est un malin. » A Lyon, les « pleurnichards » doivent aussi se montrer patients.

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Alexandre Alain avec Edward Jay