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Le Bayern est champion d’Europe !

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Retour sur la finale de la Ligue des champions...

C’était donc la fête du foot allemand. La découverte pour certains d’un nouveau monde. La mode va prendre. Après tout, tant mieux. L’ITW du sélectionneur Joachim Löw cette semaine était parfaite comme d’habitude. Elle permettait de comprendre à quel point la révolution du foot allemand, dont j’ai parlé à maintes reprises, initiée dans les années 2000 porte ses fruits.

Le Bayern favori, c’est entendu. Attendue, la domination bavaroise, aussi. Il y a comme un sous-entendu, peut-être un malentendu, que le Bayern est le grand et le BVB, le petit. Le début de rencontre est toutefois clair, Dortmund n’a que faire de cette impression et des idées reçues. Le pressing du BVB oblige le Bayern a joué très bas. Tactiquement, c’est très bon et aucun espace n’est concédé. Le Bayern doit attendre. Schweinsteiger est la clé du jeu bavarois ? Le BVB le presse à 2, parfois 3 joueurs. Et en 10 minutes, on voit le Bayern gêné, plus qu’il ne l’a été depuis le début de la compétition. Il ne manque que les occasions pour rendre le début de match du BVB plus consistant. Juste avant la fin du premier quart d’heure, Neuer est contraint à deux beaux arrêts. La domination se confirme dans cette première période. C’est positif mais en même temps, on est bien obligé de regretter que ces bonnes séquences, ces temps forts ne soient pas concrétisés. Les Bavarois semblent nerveux, à l’image du premier sale geste du match, œuvre de Ribéry, celui que certains illuminés voient en Ballon d’Or. Et puisqu’on parle des attaquants du Bayern, Robben nous refait le coup du loser à la 30e en ratant un face à face crucial. Un peu plus tôt, Weindenfeller avait sorti une belle tête de Mandzukic, preuve que le match s’équilibre. Il paraît que depuis son quadruplé face au Real, Lewandowski est moins en forme. Sur cette finale, ça ne se voit pas. Il donne une leçon de jeu du 9 ! Un vrai 9. Appel, jeu dos au but, dans la profondeur, feinte, déviation… il fait tout et très bien. Les dernières minutes de la première période sont plus enlevées, moins tactiques. C’est moins posé et donc plus spectaculaire. La prise de risque est plus grande, on n’hésite plus à se déséquilibrer. Robben rate encore. Si le Bayern perd cette finale, il postule au titre du loser magnifique. L’un des plus grands de l’histoire du foot.

Le Bayern débute mieux la seconde période. Ce n’est pas extraordinaire, mais c’est mieux. Le BVB presse moins et ça rend la circulation des hommes et du ballon meilleur côté Bayern. On savait les Bavarois plus efficaces et on en a la preuve vite. En étant, en effet, juste un peu mieux, ils marquent. Ribéry est au départ, Robben en relais et Mandzukic, là pour conclure. Si les joueurs du Bayern étaient nerveux, pas assez relâchés, ce but devrait les tranquilliser. La finale est prête à prendre une autre dimension. La réplique du BVB vient vite. Pas grâce à son jeu, dans ce début de seconde période le Bayern est au dessus, mais suite à un péno. 1/1 et la sensation qu’on va avoir à présent le scénario prévu initialement. Le Bayern avec la possession et le BVB en attaque rapide. Un scenar néanmoins pas figé. On est même plutôt dans l’improvisation. C’est décousu, libre. On voit des occasions, des arrêts de gardien. C’est relâché et c’est beau. Plus on approche de la fin et plus le suspens et la dramaturgie s’accentuent. Au lieu d’avoir peur et de préserver, les deux équipes terminent en roue libre. Défensivement le BVB est souvent désorganisé dans cette fin de match. Le Bayern tourne autour, attend, comme s’il sentait que ça allait passer. Insister et éviter le contre fatal. Weindenfeller est l’homme fort du BVB dans cette fin de finale. On pense que son superbe arrêt sur la frappe de Schweinsteiger est synonyme de prolongation. Mais Robben a finalement et enfin décidé d’avoir un vrai rencard avec l’histoire. Après tant de râteaux, le néerlandais en « chope » enfin une ! Le but du 2/1 à la dernière minute ou presque, Robben aura pas mal d’histoires de foot à raconter à sa descendance quand il sera vieux. Le « king de la loose » en 2010 et 2012 offre la Ligue des Champions au Bayern ! La cinquième de ce club immense. C’est bien, c’est beau, c’est juste…

Daniel Riolo