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Ligue des champions : le « bide » de la France

Dimitri Payet

Dimitri Payet - -

Avec seulement 7 points en trois journées, dont 6 pour le PSG, les clubs français sont à la peine en Ligue des champions. Accusés de mettre en danger la France au coefficient UEFA, Montpellier et Lille payent cher leur inexpérience.

C’est la mi-temps de la première phase de la Ligue des champions. Trois matchs ont été joués et trois autres restent à disputer. Dans le vestiaire français, ça gronde. Sept points seulement ont été pris sur les 27 qui étaient en jeu. Et encore, la Ligue 1 peut remercier le PSG, vainqueur de deux de ses trois rencontres, face au Dynamo Kiev (4-1) et au Dinamo Zagreb (2-0). Quant à Montpellier et Lille, ils frôlent le ridicule avec respectivement un et zéro point… Pour retrouver la trace d’un bilan comptable aussi faible pour la France après trois journées, il faut remonter à la saison 1998-1999. Seul qualifié cette année-là pour la phase de groupes, le RC Lens ferait presque figure de héros avec ses 5 points…

Quatorze ans plus tard, la Ligue 1 tremble pour son coefficient UEFA. Et compte beaucoup cette saison sur l’OM, l’OL et Bordeaux, engagés en Ligue Europa, alors que Montpellier et Lille sont bien partis pour stopper leur aventure européenne au début de l’hiver. « Avec Sow, Hazard, Cabaye, Gervinho, Lille n’en serait pas là, regrette Luis Fernandez. Mais quand on est France, on a qu’une seule envie, c’est de partir à l’étranger ! Et les clubs s’affaiblissent. » Pour l’ancien milieu de terrain de l’équipe de France, « il y a aussi des erreurs qui se payent cash ». « En Ligue 1, quand tu perds un ballon, ça donne une occasion de but, poursuit Olivier Dacourt, membre du Carré Magique de Luis Attaque sur RMC. En Ligue des champions, c’est but. »

Dacourt : « Il faut mettre de l’argent sur la table »

Pourquoi la marche est-elle alors si haute pour les deux derniers champions de France ? L’inexpérience excuse-t-elle leur niveau ? « Une équipe qui se qualifie pour la C1, elle est censée se renforcer, explique Ali Benarbia. Ce n’est pas le cas de Lille et Montpellier. S’il vous plait, en France, achetez des joueurs offensifs expérimentés ! Le meilleur exemple, c’est Steed Malbranque à Lyon. Il y avait aussi Ludovic Giuly qui partait de Monaco cet été et qui a signé à Lorient. » « Les joueurs expérimentés, ils font peur aux entraîneurs ! Ils se disent ‘‘comment je vais les gérer ?’’ », déplore Olivier Dacourt. Luis Fernandez, lui, ne veut pas retenir que la jeunesse comme explication de ces difficultés.

« L’expérience, c’est bien beau, mais il faut aussi du talent », réclame-t-il. Et Montpellier comme le LOSC en manquent après les ventes d’Olivier Giroud et Eden Hazard… Mais le talent se monnaye et en France, seul le PSG peut se permettre de ne pas compter ses sous. « Quand tu veux aller un peu loin en Ligue des champions, il faut mettre de l’argent sur la table, affirme Olivier Dacourt. Avec Leeds, en 2001 (demi-finaliste), on n’avait pas d’expérience. Mais le club avait fait des efforts. Le PSG, c’est l’arbre qui cache la forêt. » Montpellier, et peut-même Lille, auront du mal à revenir sur la plus grande scène européenne la saison prochaine. Une inconstance caractéristique de la Ligue 1, que seul Lyon a su combattre avec ses 12 qualifications d’affilée. Et qui fragilise énormément la compétitivité française.

LP