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Ligue des champions : le coup parfait de Monaco

La joie des Monégasques

La joie des Monégasques - AFP

Vainqueur du Zénith Saint-Pétersbourg, ce mardi soir en Principauté (2-0), l’AS Monaco se qualifie pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions en terminant premier d’un groupe aussi indécis que prévu. De quoi rêver à un tirage plus favorable. Pas mal pour le septième de Ligue 1…

A l’époque, on avait noté leur chance au tirage. La possibilité, dans le groupe sans doute le plus ouvert, d’aller chercher la qualification. Ils ont fait encore mieux. Monaco termine la phase de groupes de la Ligue des champions en tête de sa poule. Autant l’avouer : à voir évoluer l’actuel septième de la Ligue 1 sur les pelouses hexagonales, où il réalise une saison mi-figue mi-raisin, on n’aurait pas misé notre salaire sur une telle conclusion. Et encore moins sur l’incroyable statistique qui l’accompagne. Accrochez-vous. Le club de la Principauté trône au sommet du classement de son groupe avec seulement… quatre buts marqués (et un seul encaissé) !

Ne cherchez pas, seul un club a fait mieux : Villarreal version 2005-2006, qualifié en tête de poule en n’ayant fait trembler les filets qu’à trois reprises (la Roma s’est qualifiée avec un compteur buts identique en 2002-2003 mais en prenant la deuxième place). Présents au rendez-vous de leur « finale » ce mardi contre le Zénith Saint-Pétersbourg, les hommes de Leonardo Jardim ont déjà signé leur plus bel exploit de la saison. Le reste sera du bonus. Avec un avantage énorme. Car en terminant leader de son groupe devant le Bayer Leverkusen, Monaco a ouvert le champ des possibles d’un encore. Le tirage au sort des huitièmes devrait, sauf malchance, être moins compliqué que si les joueurs de la Principauté avaient fini deuxièmes. Et ils auront l’avantage, souvent déterminant sur la scène européenne, même s’il faut mettre une nuance quand on parle de Monaco, de recevoir au retour. Pour l'aller, en revanche, ils devront composer sans Jérémy Toulalan, suspendu.

Deux clubs français en huitièmes, première depuis 2009-2010

Au-delà des perspectives du printemps, l’ASM permet également à la France de qualifier deux clubs – le PSG l’est déjà même si dans l’attente de sa place finale – pour la phase à élimination directe de la plus grande compétition continentale, une première depuis Lyon et Bordeaux durant la saison 2009-2010. A l’époque, Girondins et Gones s’étaient retrouvés en quart. Rebelote ? Cela paraît plus difficile. Mais avec cet ambitieux Paris et ce surprenant Monaco, qui sait ? En attendant, les joueurs du Rocher ont plutôt su gérer leur « finale ». Malmenés en début de match, au point de se demander si la pression de l’enjeu ne les inhibait pas, les Monégasques ont concédé quelques occasions avant de se reprendre.

L’ouverture du score signée Abdennour, une tête à bout portant consécutive à un coup franc d’un Ferreira Carrasco en belle forme, libérait les siens au cœur de la seconde période (1-0, 63e). Dix minutes plus tard, le Tunisien en rajoutait une couche avec une intervention défensive décisive devant Danny (74e). Avant le coup de grâce de Fabinho dans les arrêts de jeu sur un mouvement orchestré avec Moutinho (2-0, 89e). De quoi… doubler le total des buts monégasques dans cette phase de poules ! A près de 1500 kilomètres de là, un Benfica qui avait déjà dit adieu aux huitièmes tenait en échec Leverkusen (0-0) pour empêcher les Allemands de reprendre la tête du groupe. Tout a réussi à Monaco dans ce premier tour. De la réussite, beaucoup de réussite même. En football, il en faut aussi. Elle vous mène parfois loin. Au-delà des montagnes qui paraissent insurmontables.

Alexandre Herbinet