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Ligue des champions: le onze des joueurs qui ont marqué les finales

Alors que Liverpool et Tottenham vont tenter ce samedi de remporter la Ligue des champions (21h sur BFMTV et RMC Sport), on vous propose le onze des joueurs qui ont marqué les finales de C1. Certains ont effectué le geste juste au bon moment, d’autres possèdent des records incroyables: tous ont marqué l’histoire de la plus prestigieuse des compétitions européennes.

Dudek, héros improbable d'Istanbul 

Dans la finale incroyable de 2005 entre Liverpool et Milan, le gardien des Reds Jerzy Dudek est entré dans la légende malgré ses trois buts encaissés en première période (0-3). Après le magnifique come-back de son équipe qui recolle à 3-3 après le retour des vestiaires, le gardien polonais sauve les siens en effectuant une double parade magistrale devant Andreï Shevchenko à la 118e minute. Puis, vient la fameuse séance de tirs au but durant laquelle Dudek s’inspire de Bruce Grobbelaar (gardien des Reds lors de la finale de 1984 face à l’AS Rome), sur les conseils de Jamie Carragher. Comme le Zimbabwéen 21 ans plus tôt, il fait le show sur sa ligne pour déstabiliser les tireurs. La technique fonctionne de nouveau. Serginho frappe au-dessus, les tentatives de Pirlo et Shevchenko sont détournées et Liverpool remporte sa 5e Ligue des champions après un scénario incroyable.

Maldini, l’homme des records

Dans le camp adverse, Paolo Maldini est lui aussi présent lors de cette fameuse finale de 2005. En ouvrant le score de la tête pour Milan, il devient le plus vieux buteur en finale de Ligue des champions à 36 ans et 333 jours. Le plus rapide aussi puisque le but est inscrit au bout de seulement 53 secondes. Deux ans plus tard, lors de la revanche des Italiens (2-1), le capitaine légendaire des Rossoneri ne marque pas mais devient le vainqueur le plus âgé, à 38 ans et 331 jours. Au total, Maldini a disputé 8 finales de C1 (pour 5 titres). Seul l’attaquant du Real Madrid Francisco Gento en a joué autant. Un homme de records. 

Boli, au bout de la douleur

Deux ans après le traumatisme de Bari et la défaite en finale face à l’Etoile Rouge Belgrade en 1991, l’OM a l’occasion de se rattraper face au grand Milan de Capello. Après seulement quelques minutes de jeu, Basile Boli ressent une vive douleur à la cuisse. "Au bout de 20-30 minutes, je souhaitais sortir, mais le président Bernard Tapie ne voulait pas. Je suis resté et j’ai marqué deux minutes plus tard" a confié récemment l’ancien défenseur de l’OM dans Transversales, sur RMC Sport. L’OM s’impose (1-0), grâce à Boli, et devient le premier club français à remporter la C1 (et à ce jour, le seul). 

Desailly, le roc de Milan

Vainqueur en 93 avec l’OM, Marcel Desailly se retrouve de nouveau en finale de la coupe aux grandes oreilles l’année suivante avec Milan face au FC Barcelone entraîné par Johan Cruyff. Le Barça fait figure de grand favori mais le milieu catalan emmené par Guardiola est rapidement étouffé par le pressing incessant du Français (alors positionné dans l’entrejeu). Le duo redoutable composé de Romario et Stoichkov n’est pas assez alimenté et les Lombards profitent de chaque occasion pour faire mal. Massaro s’offre un doublé en première période (22e, 45e). Savicevic tue le suspense peu après la pause (47e). Puis, Marcel Desailly conclut sa finale monstrueuse par un but (59e). Il parachève le sacre milanais et s’offre une deuxième Ligue des champions d’affilée. 

Ramos, le sauveur de 2014

L’édition 2014 oppose deux équipes madrilènes: le Real et l’Atlético. Champions d’Espagne, les Colchoneros sont les premiers à frapper grâce à leur défenseur Diego Godin (36e). Comme à son habitude, l’équipe de Diego Simeone plie mais ne rompt pas… jusqu’à la 93e minute de jeu, moment choisi par Sergio Ramos pour s’élever dans le ciel de Lisbonne et catapulter une tête imparable dans le but de Thibaut Courtois (1-1). Après être passé à un souffle de la défaite, le Real de Carlo Ancelotti déroule et s’impose (4-1) en prolongation, grâce à des buts de Bale (110e), Marcelo (118e) et Ronaldo (120e). Mais tout le monde retient le but salvateur de Ramos, qui regagnera trois fois cette compétition par la suite (2016, 2017, 2018). 

Gerrard, le discours d'un roi

Avec Jerzy Dudek, Steven Gerrard est l’autre héros de la finale de 2005 entre Liverpool et Milan. A la pause, les Reds sont menés (0-3) après une première période cauchemardesque. Les supporters du club anglais, venus en nombre à Istanbul, entonnent alors le fameux "You’ll never walk alone", qui résonne jusque dans les vestiaires. Le capitaine de Liverpool Steven Gerrard prend ses responsabilités. "Il a demandé à tout le staff de sortir du vestiaire, a confié Djibril Cissé à Transversales. Puis, il s’est levé et a expliqué que Liverpool était sa vie et qu’il ne voulait pas être la risée de l’histoire de la Ligue des champions. Que si on le respectait, on devait se donner à fond et essayer de revenir." Neuf minutes après la reprise, Gerrard relance lui-même son équipe (54e). Le club de la Mersey revient à 3-3 en 6 minutes grâce à Vladimir Smicer (56e) et Xabi Alonso (60e), puis s’impose aux tirs au but (3-2) avec le fameux show Dudek. 

Seedorf, le porte-bonheur

Si Clarence Seedorf a perdu la finale de 2005 avec Milan, le Néerlandais peut se targuer d’avoir remporté la C1 avec trois club différents, un record. La première en 1995 avec la jeunesse dorée de l’Ajax, qui s’impose (1-0) face à l'AC Milan grâce à un but de Patrick Kluivert (85e). L’attaquant de 18 ans devient alors le plus jeune buteur d’une finale de C1. Clarence Seedorf n’est guère plus vieux (19 ans) mais attire déjà les plus grands clubs européens. Après une saison à la Sampdoria, il rejoint le Real Madrid, où il remporte de nouveau la C1 en 1998. Son passage à l’Inter (1999-2002) est moins réussi et c’est à l'AC Milan qu’il devient une légende. Seedorf reste dix saisons (2002-2012) et remporte deux fois la Ligue des champions : en 2003 face à la Juventus et en 2007 face à Liverpool. 

Zidane, un geste pour l’histoire 

Dès sa première saison au Real Madrid (2001-2002), Zinedine Zidane entre dans la légende du club, grâce à un geste venu d’ailleurs. Le 15 mai 2002, les Merengue sont les grands favoris de la finale de la Ligue des champions face au Bayer Leverkusen. Le Real ouvre d’ailleurs le score très vite par Raul (8e). Mais se fait rejoindre cinq minutes plus tard sur un but de Lucio (13e). Les joueurs de Vicente Del Bosque ne trouvent pas la solution. Zizou entre alors en scène (45e). Après un débordement sur son côté gauche, Roberto Carlos centre. Le ballon s’envole dans le ciel de Glasgow puis retombe à hauteur de hanche de Zidane, qui arme une reprise de volée du gauche. L’équilibre est parfait, la trajectoire aussi. Le Français vient d’inscrire l’un des plus beaux buts des finales de la Ligue des champions. Et de permettre au Real de remporter sa neuvième C1. 

Solskjaer, le Supersub dégoûte le Bayern

Vainqueur du championnat et de la Cup, Manchester United peut conclure en beauté sa magnifique saison 98-99 en remportant la Ligue des champions. Les coéquipiers de David Beckham retrouvent en finale le Bayern Munich, qui avait dominé le groupe D devant les Red Devils. Les Bavarois lancent les hostilités en ouvrant le score dès la 6e minute sur un coup franc parfait de Mario Basler. Le club allemand domine et rate l’occasion de tuer le match. Le lob de Mehmet Scholl trouve le poteau, le retourné acrobatique de Carsten Jancker s’écrase sur la barre. Manchester est toujours en vie et va réaliser l’impensable : renverser le match dans les arrêts de jeu. Entré en cours de match (67e), Teddy Sheringham égalise après un cafouillage à la 91e minute. Deux minutes plus tard, Ole Gunnar Solskjaer, lancé par Sir Alex Ferguson à la 81e minute, achève le Bayern (93e). Sur un corner, Beckham trouve la tête de Sheringham, le ballon arrive vers Solskjaer qui tend la jambe pour dévier le cuir dans le but d’Oliver Kahn. Le "Supersub" vient d’écrire sa légende et de contribuer à celle de son coach et de son "Fergie Time".

Puskas, un quadruplé historique 

Le 18 mai 1960 à Glasgow, le Hongrois Ferenc Puskas marque l’histoire des finales de la Ligue des champions. Devant 127.621 spectateurs (meilleure affluence sur une finale de C1), l’attaquant du Real Madrid inscrit un quadruplé (46e, 56e, 60e, 71e) face à l’Eintracht Francfort. Ce qui constitue aujourd’hui encore un record en finale de C1. Les Madrilènes s’imposent finalement 7-3 grâce aussi à un triplé d’Alfredo Di Stefano (27e, 30e, 73e), autre légende du Real. Pourtant, cette finale aurait pu ne pas se disputer à cause de… Puskas. "Après la finale du Mondial 1954, il avait dit que les Allemands s’étaient dopés à l’insuline à la mi-temps du match, a raconté l’historien du Real Madrid Alfredo Relano à Transversales. Il y avait une atmosphère anti-Puskas et on ne savait pas si les joueurs de Francfort allaient venir à cette finale." Devant le risque de boycott, le président du Real Madrid Santiago Bernabeu demande à son joueur de s’expliquer dans une lettre. L’attaquant s’exécute et le match a bien lieu. Puskas peut écrire un exploit majuscule. 

Madjer laisse son nom dans l'histoire

Le 27 mai 1987, le FC Porto dispute sa première finale de C1 face au Bayern Munich à Vienne. Les Dragons sont rapidement menés (0-1, 24e) après un but de Ludwig Kögle. L’attaquant du club portugais Rabah Madjer a du mal à entrer dans son match. "Je voyais les grands joueurs du Bayern et j’avais un blocage. Je ne pouvais pas m’exprimer à 100%" a confié récemment l’Algérien au site de l’UEFA. Porto ne parvient pas à trouver la solution, jusqu’à la 79e minute de jeu. Madjer réalise alors sa fameuse talonnade dos au but, qui trompe le gardien allemand (1-1). Ce geste fou réussi pour la première fois lors de cette finale portera par la suite le nom de l’attaquant de Porto. Deux minutes plus tard, l’Algérien est cette fois passeur décisif pour Juary, qui offre une première Ligue des champions au FC Porto (2-1), dans une rencontre marquée par l’audace et le talent de Madjer. 

Composition : Dudek - Ramos, Boli, Desailly, Maldini - Gerrard, Seedorf, Zidane - Solskjaer, Puskas, Madjer

Loic Lefort